Municipales 2020 à Lyon : Les Verts refusent toute alliance, Collomb prêt à se rapprocher de la droite ?

ELECTIONS Les candidats ont encore six jours pour nouer des accords en vue du second tour

Caroline Girardon

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Gérard Collomb, maire de Lyon.
Gérard Collomb, maire de Lyon. — Konrad K. / Sipa
  • Les candidats aux élections métropolitaines et municipales de Lyon ont jusqu’au 2 juin pour déposer leurs listes en préfecture.
  • A la métropole, Gérard Collomb (LREM) et François-Noël Buffet (LR) partagent l’idée de rassembler toutes les forces pour faire barrage aux Verts. De là à s’unir ?
  • Donnés favoris, les Verts refusent toute alliance en vue du second tour et ferment ainsi la porte aux listes conduites par David Kimelfeld, le président sortant de la métropole.

Les appels du pied pour les uns, les appels à la raison pour les autres se sont révélés infructueux. Pour l’instant. Les candidats aux élections municipales et métropolitaines de Lyon doivent déposer leurs listes en préfecture vendredi 29 mai ou mardi 2 juin. Il ne leur reste que quelques jours pour nouer des alliances en vue de rebattre les cartes pour le second tour. 20 Minutes fait le point sur la situation

Gérard Collomb isolé peut-il s’allier à la droite ?

Il est le grand perdant du 1er tour. Gérard Collomb n’a pas su convaincre les électeurs de la métropole de lui renouveler leur confiance. Pas plus qu’il n’est parvenu à placer son poulain Yann Cucherat en pole position à la course à la mairie de Lyon. Largement devancées par les Verts, ses listes sont à la traîne mais restent en position de se maintenir en vue du second tour.

Gérard Collomb, battu d’avance ? Si les rumeurs parisiennes laissent entendre que le président de la République aimerait secrètement qu’il jette l’éponge afin que les macronistes se rallient derrière la candidature de David Kimelfeld, l’homme n’est pas du genre à renoncer. Dos au mur, l'ancien ministre de l'Intérieur plaide pour un « large rassemblement » afin d’inverser la tendance et appelle ses rivaux à « agir par-delà les différences ». Quitte à nouer des alliances jugées improbables et tendre la main aux Républicains ? L’hypothèse n’est pas exclue.

Gérard Collomb a déjà prouvé par le passé qu’il pouvait diriger son territoire avec l’appui des élus de la droite. Il a même réussi à les convaincre à plusieurs reprises de le désigner à la tête de la métropole de Lyon en échange de postes de vice-présidents. Les Républicains seront-ils sensibles à une union stratégique ? Si Etienne Blanc compte avant tout sur la mobilisation des électeurs pour conquérir la mairie de Lyon, François-Noël Buffet opte pour une stratégie différente à la métropole. Animé par l’idée de créer un « front anti-vert », l’élu a appelé Gérard Collomb et David Kimelfeld à s’unir pour constituer « un programme commun ». Partageant ainsi l’idée de Gérard Collomb.

Le divorce Collomb-Kimelfeld prononcé

Leur amitié passée semble désormais très lointaine. Fâché avec Gérard Collomb, David Kimelfeld, actuel président de la Métropole a rejeté en bloc la main tendue par son ancien mentor. Et celle de François-Noël Buffet. « Je ne m’associerai pas à cette démarche, qui ressemble plus à un mouvement de panique et à un aveu de faiblesse électorale », a réagi le principal intéressé dans un communiqué publié mardi soir, dénonçant au passage leur volonté d'« organiser un rassemblement pour éviter le soi‑disant péril vert comme on invitait, en 2002 et 2017, à se mobiliser pour voter contre le Rassemblement National ». « Ces tractations politiciennes sont indécentes », ajoute l’élu, qui ne désespère de convaincre les Verts.

Si « D.K » refuse un accord « global » à l’échelle de la métropole, il ouvre néanmoins la porte à des « accords dans plusieurs territoires ». A savoir dans certaines des 14 circonscriptions. On l’aura compris, c’est surtout aux écologistes qu’il semble s’adresser.

Les Verts décidés à faire cavaliers seuls

La réponse de Bruno Bernard (EELV) arrivé en tête dans 8 des 14 circonscriptions au premier tour a été claire : ça sera non. « Je ne ferai pas d’alliance avec ceux qui soutiennent la République en marche », a déclaré le principal intéressé sur le plateau de BFM Lyon. Si David Kimelfeld n’a pas obtenu l’investiture du parti présidentiel lui préférant Gérard Collomb, il n’a pour autant pas publiquement pris ses distances avec Emmanuel Macron. Et les Verts n’en démordent pas. « On ne peut pas soutenir ici des mesures sociales et économiques et soutenir un gouvernement qui fait de la casse sociale et environnementale », insiste Bruno Bernard.

Quant à l’hypothèse d’accords noués au 3eme tour ? La réponse est là encore limpide : « On ne fera pas de concessions sur le projet, mais on est ouvert pour travailler en équipe, et au-delà avec tous ceux qui le souhaiteront après, y compris les forces d’opposition », tranche l’écologiste. Grégory Doucet, candidat à la mairie de Lyon, semble partager ce point de vue même s’il ne s’est pas officiellement prononcé sur le sujet.