Municipales 2020 à Nantes : Alliances naturelles ou plus inattendues, les négociations pour le second tour reprennent fort

ELECTION La maire sortante (PS) Johanna Rolland partira-t-elle seule, à deux ou à trois ? C'est le principal enjeu de ce deuxième tour à Nantes

Julie Urbach

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Des panneaux électoraux à Nantes: Les candidates Johanna Rolland, Julie Laernoes et Margot Medkour arriveront-elles à s'entendre?
Des panneaux électoraux à Nantes: Les candidates Johanna Rolland, Julie Laernoes et Margot Medkour arriveront-elles à s'entendre? — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Arrivée largement en tête au premier tour, la maire de Nantes Johanna Rolland (PS) a appelé au rassemblement de la gauche et des écologistes.
  • Mais les négociations s’annoncent délicates : EELV propose un « arc à trois » avec l’outsider Nantes en commun, qui a déjà refusé une alliance avec le PS.
  • La candidate LREM, elle, propose carrément la constitution d’une « liste d’union locale ».

« Je vous le confirme, les affaires reprennent ». Plus de deux mois après le premier tour des élections municipales, le téléphone de cette directrice de campagne s’est remis à sonner. A Nantes, à moins d’une semaine du dépôt des listes pour le second tour finalement fixé au 28 juin, les négociations s’intensifient en coulisses après que la crise sanitaire a stoppé net toute tentative d’alliances ou de rassemblement.

Si la confortable avance de la maire de Nantes Johanna Rolland (31,36 % au premier tour) la place comme favorite de l’élection, reste à savoir avec quelle équipe elle se présentera. Mais aussi contre qui, alors que trois autres candidates sont encore en course (Laurence Garnier LR, Julie Laernoes EELV, Valérie Oppelt LREM). Il faudra attendre au maximum jusqu’à mardi soir, date limite du dépôt des listes en préfecture, pour le savoir officiellement.

A gauche, un incertain « arc à trois »

Comme en 2014, on devrait logiquement s’orienter vers une fusion PS et Verts. Sauf que les discussions s’annoncent délicates pour convaincre l’écologiste Julie Laernoes (19,58 % des voix), tant cette dernière a revendiqué depuis le début son autonomie. Sur le fond d’abord, plusieurs dossiers risquent de bloquer : l’Arbre aux Hérons, qu’EELV souhaite voir abandonner, ou encore le projet de futur CHU, sur lequel la maire de Nantes a cependant déjà évolué pendant la crise sanitaire. Clivante, Julie Laernoes l’a aussi été sur la forme en s’entourant de personnalités ouvertement hostiles à la maire sortante… Mais ses 11 points de retard pourraient l’inciter à entrer davantage dans le rang.

Ce qu’elle propose pour le moment, c’est la formation d’un « arc à trois », avec comme dernière composante l’outsider « Nantes en commun ». Plus facile à dire qu’à faire. Si la liste, à gauche de l’échiquier, n’a pas réussi à passer le premier tour, sa tête de liste Margot Medkour et son score de 8,95 % pourraient jouer un rôle pivot lors des discussions. Mardi, elle est revenue officiellement dans le jeu en confirmant qu’elle refuserait de se rallier à la maire sortante, qui a appelé à un large rassemblement.

Par contre, elle semble prête à montrer aux écolos que l’herbe est plus verte dans son camp, en leur proposant une alliance, après que de nombreux points communs ont émergé entre les deux listes tout au long de la campagne. « Il nous faut agir et nous saisir de l’opportunité qui s’offre à nous aujourd’hui, écrit Nantes en commun. Mettre fin aux politiques de métropolisation, d’attractivité et de compétition menées par Johanna Rolland. »

En Marche propose une liste d’union locale

Face à une ou potentiellement deux listes de gauche, Laurence Garnier (LR) et Valérie Oppelt (LREM) devraient chacune se maintenir. A moins que cette dernière, mais rien n’est moins sûr, n’arrive à convaincre ses rivales de se rallier à son étonnante proposition dégainée mardi soir : la constitution d’une liste d’union locale, regroupant tous les partis, appelée « Nantes unie » ! « Je souhaite que l’on trouve un chemin politique commun pour porter un projet original dans ces circonstances aussi exceptionnelles que dramatiques », justifie Valérie Oppelt, qui était arrivée en quatrième place au premier tour (13 %).

Une concurrente avec laquelle la candidate de droite Laurence Garnier (en deuxième place avec 19,94 %), déçue de son score expliqué selon elle par une « prime au sortant », s’était pourtant trouvé des « points de convergence ». Pourraient-elle, a minima, tenter une alliance LR-LREM ? «La main reste tendue», indique ce mercredi Laurence Garnier, qui rejette cependant cette idée de «parti unique à Nantes», tout comme Johanna Rolland et Julie Laernoes.

Pour le reste, aucun des candidats éliminés au premier tour n’a officiellement donné de consignes de vote. D’éventuelles recommandations qui n’influeront de toute façon pas l’issue du scrutin.