Municipales 2020 : A 30 ans, la jeune maire de Pibrac est « impatiente » d’arriver aux manettes deux mois après son élection

POLITIQUE Ce mardi soir, Camille Pouponneau est installée dans ses fonctions de maire de Pibrac, près de Toulouse. Elle endosse l’écharpe deux mois après son élection et une crise sanitaire qui a durablement modifié la donne

Béatrice Colin

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Le 26 mai 2016, plus de deux mois après son élection aux municipales, Camille Pouponneau est devenue maire de Pibrac.
Le 26 mai 2016, plus de deux mois après son élection aux municipales, Camille Pouponneau est devenue maire de Pibrac. — Demain Pibrac 2020
  • Le 15 mars au soir, Camille Pouponneau, candidate socialiste à la mairie de Pibrac, a obtenu 63,47 % des votes.
  • Durant deux mois, c’est son prédécesseur, Bruno Costes, qui a assuré la fonction de maire et géré la crise sanitaire.
  • Aujourd’hui, la jeune édile de 30 ans est « impatiente d’agir ».

L’équipe de campagne au grand complet aurait dû être présente, mais aussi tous les amis et proches de la candidate victorieuse. Ce mardi soir, c’est une tout autre ambiance qui attend Camille Pouponneau pour son investiture de maire de Pibrac, une commune de l’ouest toulousain.

Au menu, gel hydroalcoolique, distanciation sociale et un premier conseil municipal restreint aux 29 élus et au directeur général des services de la ville de plus de 8.000 habitants. Pas de public donc, si ce n’est derrière les écrans à suivre la cérémonie d'installation en live sur YouTube. Pas de pot à l’issue non plus pour marquer ce moment. Tout juste un concert d’applaudissements est-il prévu à distance par ses soutiens.

« Il n’y aura pas non plus une partie de la liste qui n’a pas été élue, l’ambiance sera différente c’est sûr. D’habitude c’est un moment de fête, là c’est un moment de gravité », reconnaît l’édile socialiste qui va prendre les rênes à retardement.

Il y a plus de deux mois, au soir du premier tour, la conseillère départementale de 30 ans est sortie victorieuse des urnes avec 63,47 % des suffrages, soit plus de 1.000 voix d’avance sur le sortant, Bruno Costes qui a déposé un recours. Pourtant, c’est bien ce dernier qui a été à la manœuvre pour gérer la crise sanitaire du coronavirus. Une situation inédite avec laquelle il a fallu composer.

« C’était inconfortable mais pas insurmontable. Nous n’avons malheureusement pas pu travailler avec le maire sortant, il ne s’agissait pas de décider à sa place, mais nous aurions pu au moins partager les décisions. Là, nous n’avons pas eu connaissance de ce qui a été décidé et nous allons être redevables de décisions que l’on n’a pas prises », regrette l’élue.

Préparation durant deux mois

Pas question de rester en plan pour autant. La nouvelle maire a mis à profit cette période pour bûcher les dossiers, les comptes de la commune, rencontrer les associations et continuer à être le relais via son site Internet des initiatives de la population ou des informations importantes. « Nous avions aussi une réunion toutes les semaines en visioconférence à 8 h avec les adjoints, et dès ce mercredi je serai à 6 h 30 avec les agents, dans les écoles et avec les parents d’élèves le soir. Nous voulons avoir un retour de ce qui a marché ou pas », assure la jeune femme qui a déjà endossé le costume de maire avant même d’en avoir les prérogatives.

Et si la crise sanitaire est toujours là, elle n’a pas d’appréhension à prendre les commandes. « Je ne suis pas partie naïvement en campagne, je sais qu’il y a des choses compliquées à gérer, j’y étais prête. Aujourd’hui, je suis impatiente de pouvoir agir », assure-t-elle.

Mais elle sait que cette crise aura forcément un impact, notamment financier, sur la commune. « Il va falloir modifier certaines trajectoires », consent-elle. Mais ce sera en concertation avec la population. Une démocratie participative sur laquelle elle ne transigera pas.