Municipales à Bordeaux : Les quatre candidats en lice pour le second tour déconfinent leur campagne

ELECTIONS Les candidats, Nicolas Florian et Pierre Hurmic en tête, s'échangent des amabilités par médias interposés, notamment sur la crise des Girondins de Bordeaux

Marion Pignot

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Nicolas Florian (LR), Philippe Poutou (Bordeaux en luttes, Pierre Hurmic (Bordeaux Respire) et Thomas Cazenave (LREM) vont s'affronter au second tour des municipales à Bordeaux.
Nicolas Florian (LR), Philippe Poutou (Bordeaux en luttes, Pierre Hurmic (Bordeaux Respire) et Thomas Cazenave (LREM) vont s'affronter au second tour des municipales à Bordeaux. — UGO AMEZ/SIPA
  • A Bordeaux, un second tour historique va opposer quatre candidats : le maire sortant Nicolas Florian, l’écologiste Pierre Hurmic, Thomas Cazenave (LREM) et Philippe Poutou, le candidat d’extrême gauche.
  • La campagne a été mise en « stand-by » au lendemain du premier tour, le 22 février dernier, au profit de la gestion de l’épidémie de Covid-19.
  • Depuis le déconfinement, les candidats, Nicolas Florian et Pierre Hurmic en tête, ont relancé leur campagne même s’ils avancent masqués.

Une campagne municipale déconfinée. A Bordeaux, les équipes des quatre candidats qui pourraient de nouveau s’affronter fin juin pour un second tour s’échangent depuis plusieurs jours quelques amabilités sur les dossiers brûlants qui chahutent la capitale girondine. Déconfinement progressif oblige, c’est par voie de presse, de communiqués ou via les réseaux sociaux que les équipes du maire sortant Nicolas Florian (LR), de Pierre Hurmic (Bordeaux Respire), de Thomas Cazenave (LREM) et de Philippe Poutou (Bordeaux en luttes) évoquent la crise aux Girondins de Bordeaux, les navettes aériennes Bordeaux-Orly, la tenue du second tour des municipales ou… la gestion de l’épidémie de Covid-19. Suspendue dès le lendemain du premier tour, la campagne des municipales est rouverte, même si les quatre candidats s’en défendent.

« Nous avions dit que nous nous mettions en retrait pour que les efforts soient concentrés sur la crise sanitaire. Nous avons tenu parole, avance Pierre Hurmic à 20 Minutes. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas ne pas répondre aux propos de Nicolas Florian. Il a relancé le tempo de la campagne électorale, qu’il n’a d’ailleurs jamais arrêtée. » Même constat du côté du candidat d'extrême gauche, Philippe Poutou, qui a très peu occupé le terrain médiatique durant l’épisode Covid-19 : « Nicolas Florian n’a jamais suspendu sa campagne et il a profité de l’épidémie pour prendre un avantage sur ses adversaires qui étaient confinés. »

« Que Florian dise qu’il ne fait pas campagne est audacieux »

Le top départ de l’acte 2 aurait été, selon Thomas Cazenave, donné début mai quand les équipes de Nicolas Florian se sont offert une « édition spéciale » de Sud Ouest. La plaquette de pub qui a repris la charte graphique du quotidien local n’était selon lui « une erreur grave » qu’il ne pouvait « laisser passer » et une « stratégie de communication dissimulée sous une forme journalistique ».

« Ce supplément est la preuve que [Nicolas Florian] a fait de la propagande électorale. C’était clairement un acte de campagne », analyse Pierre Hurmic qui regrette que la « démocratie ait été confinée » durant la crise épidémique. Contrairement à Thomas Cazenave qui estime avoir été écouté par la ville, le candidat écolo assure n’avoir jamais eu l’attention du maire et obtenu un seul conseil municipal aux forceps « avec un ordre du jour dérisoire ». « Nicolas Florian a agi de cette façon parce qu’il se sait en difficulté, abonde Philippe Poutou. Le problème est qu’il profite sans scrupule ni fair-play des moyens de propagande que lui procure l’avantage d’avoir les clés de la mairie. »

« Depuis cette tribune, on me taxe d’opportunisme »

Alors le maire sortant a-t-il surfé sur sa bonne gestion de la crise pour avoir, fin juin, une longueur d’avance sur ses opposants ? Nicolas Florian dément : « Depuis cette tribune, on me taxe d’opportunisme mais certains maires, comme celui de Metz qui ne se représente pas, n’avaient rien à gagner en la signant. Nous avons besoin de stabilité dans les exécutifs quels qu’ils soient. Nous devons clore ce chapitre électoral pour que la vie institutionnelle puisse reprendre. »

Dimanche, dans le JDD, 36 maires de grandes villes ont effectivement appelé à organiser le deuxième tour rapidement. Et, ce mercredi, Philippe Poutou indique à 20 Minutes qu’il sera bientôt « de retour en campagne ». « Nous n’étions pas sur le terrain, mais nous n’avons jamais arrêté d’échanger avec le maire, avoue de son côté Thomas Cazenave. Et si Nicolas Florian n’a pas arrêté de faire campagne, je n’ai pas non plus arrêté de travailler. Tout comme Pierre Hurmic et Philippe Poutou. » Quant au candidat Bordeaux respire, il assure qu’il ne déconfinera officiellement sa campagne qu’après la confirmation de la date du second tour, le 21 ou le 28 juin, par le conseil scientifique​. « Nous nous calons finalement sur le calendrier imposé par Nicolas Florian et nous ferons certainement une conférence de presse dès la semaine prochaine, lâche toutefois Pierre Hurmic. Nous évoquerons rapidement les thèmes de cette campagne qui devra se passer du terrain. »

Pas facile pour les candidats privés de porte-à-porte et de meetings. Mais une nouvelle longueur d’avance pour l’équipe de Nicolas Florian ? Ses adversaires dénoncent déjà le fait que l’équipe en place disposera et profitera de nouveau des données personnelles (numéros de téléphone et mails) des Bordelais pour communiquer avec les électeurs.