Elections municipales à Nice : Entre attaques et course en solo, la gauche se déchire (à nouveau) après le premier tour

POLITIQUE Le Parti socialiste et ViVA ! seront absents de l’opposition au sein du conseil municipal à Nice

Jonathan Hauvel

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Patrick Allemand (PS) et Mireille Damiano (ViVA !) ont chuté lors du premier tour des élections municipales 2020 à Nice
Patrick Allemand (PS) et Mireille Damiano (ViVA !) ont chuté lors du premier tour des élections municipales 2020 à Nice — AFP / J. Hauvel / ANP / 20 Minutes
  • La liste ViVA ! conduite par Mireille Damiano a recueilli 8,91 % des voix, tandis que la liste "Nice au cœur" de Patrick Allemand a comptabilisé 6,57 %.
  • Seule la liste "Nice écologique" de Jean-Marc Governatori (11,30 %) a dépassé la barre des 10 % qualificative pour le second tour.
  • Les écologistes arrivent troisièmes lors du premier tour, derrière Christian Estrosi (LR, 47,6 %) et Philippe Vardon (RN, 16,7 %).

Avec trois listes distinctes, la gauche abordait ce premier tour des élections municipales à Nice dans la division. Des désaccords qui laissaient présager un hara-kiri politique. Ce dimanche 15 mars, le verdict démocratique est tombé : ni la liste socialiste « Nice au cœur » menée par Patrick Allemand, ni la liste « ViVA ! » de Mireille Damiano ne figureront au second tour  reportée en juin.

« Une fenêtre de tir étroite »

Avec 8,91 % des suffrages exprimés, le rassemblement citoyen ViVA !, soutenu par le PCF, Génération. s, La France Insoumise et Ensemble !, rate la marche d’un petit point. « Ayant commencé à 4 ou 5 % d’intentions de vote, et finissant à quasiment 9 % des voix, on ne peut qu’être satisfait de cet élan. Nous sommes dans une dynamique que nous allons poursuivre. Cela veut dire que nous allons continuer à nous rendre sur le terrain, à participer au conseil municipal, à relayer la contestation, à recueillir l’avis des Niçois et à construire une véritable alternative », réagit l’avocate Mireille Damiano, qui jure « ne pas avoir de regrets ».

De son côté, Patrick Allemand (PS) se dit « déçu mais pas affecté » par son résultat de 6,57 %, contre 15,25 % au premier tour en 2014. Dans un post Facebook, celui qui était conseiller municipal lors des deux derniers mandats explique qu’il savait que « la fenêtre de tir serait étroite », avant de tacler les deux autres candidats en forme de dédouanement.

Les écolos en solo

Seule la liste « Nice écologique » (EELV-AEI) tire son épingle du jeu à gauche. Avec 11,30 % des voix, elle a décroché son ticket pour une triangulaire au second tour face au maire sortant LR Christian Estrosi (47,6 %) et au candidat RN  Philippe Vardon (16,7 %). « C’est un score historique pour l’écologie à Nice. On espérait un score supérieur mais les conditions de l’élection font qu’on est déjà très satisfaits d’être au second tour », se félicite la tête de liste Jean-Marc Governatori. Et d’ajouter : « Au second tour, on peut aller chercher les abstentionnistes et compter sur le report des voix des candidats éliminés pour devenir la seconde force politique de la cinquième ville de France. »

Une posture qui ne passe pas auprès de Mireille Damiano : « Cette liste se donne le nom d’“écologique” mais son programme n’est pas à la hauteur d’une telle qualification. Quand on a quelqu’un qui, hier soir encore (dimanche), affirmait que l’intérêt de cette liste n’est ni droite ni gauche, nous qui portons des valeurs de gauche, ça nous pose souci. »

Quant à savoir si Jean-Marc Governatori est prêt à une possible fusion avec ses deux plus proches adversaires, sa réponse est claire : « Pas de fusion, pas de tambouille. On parle à toutes les électrices et à tous les électeurs (dont ceux des listes éliminées) et on fait un score record au second retour. »