Elections métropolitaines à Lyon : Avantage aux Verts, Gérard Collomb dévisse

ANALYSE Le maire sortant de Lyon, qui ambitionnait de reconquérir la métropole de Lyon, est en grande difficulté

Caroline Girardon

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Gérard Collomb n'a pas réussi son pari à la métropole de Lyon puisqu'il ne vire en tête dans aucune des 14 circonscriptions à l'issue du 1er tour.
Gérard Collomb n'a pas réussi son pari à la métropole de Lyon puisqu'il ne vire en tête dans aucune des 14 circonscriptions à l'issue du 1er tour. — J. Pachoud/ AFP
  • Les Verts arrivent en tête dans 8 des 14 circonscriptions de la métropole de Lyon et les Républicains, dans 4.
  • Gérard Collomb limite la casse mais paraît en grande difficulté pour l’emporter.
  • David Kimelfeld, actuel président de la métropole, a déjoué les pronostics en s’invitant lui aussi au second tour.

La métropole de Lyon est-elle promise aux écologistes ? Le scrutin de dimanche, marqué par un fort taux d’abstention (63,8 %) et dont les résultats définitifs sont tombés tardivement dans la nuit, a confirmé la poussée des Verts à l’échelle du territoire mais livré aussi quelques surprises, qu’aucun sondage ne prédisait. Quatre candidats sont en position de se maintenir pour le second tour. Voici ce qu’il faut en retenir.

EELV en pole position

Bruno Bernard, chef de file des Verts dans l’agglomération lyonnaise, arrive en tête dans 8 des 14 circonscriptions et récolte 22,6 % des suffrages exprimés. C’est dans la circonscription de Lyon-Sud qu’il réalise le plus gros score : 32,68 %, suivie de celle de Villeurbanne (30,72 %). Dans les six autres circonscriptions, le candidat est toutefois en position de se maintenir pour le second tour puisque ses listes se classent soit en seconde position (Plateau Nord/Caluire), soit en troisième (Lyon-Ouest, Portes des Alpes, Portes du Sud, Val de Saône). A noter que le plus faible score d’EELV a été réalisé dans la circonscription Rhône-Amont : 14,90 %.

La droite en force dans l’est et l’ouest de l’agglo

Si les habitants des circonscriptions lyonnaises ont clairement boudé Les Républicains, ceux de l’est et de l’ouest de l’agglomération les ont plébiscités. Avec un score de 17,67%, François-Noël Buffet, tête de liste de la droite, se classe en seconde position en termes de suffrages exprimés et devance d’un cheveu Gérard Collomb (17,3 %). Il vire en tête dans 4 circonscriptions. Et non des moindres : l’Ouest, Le Plateau Nord/Caluire, Portes des Alpes et Rhône Amont. Des « gros morceaux » qui comptent à eux seuls 41 des 150 conseillers métropolitains. Il faudra toutefois que François-Noël Buffet puisse conserver cet avantage au second tour, s’il a lieu. Car le réservoir de voix de la droite ne semble guère épais. Reste à savoir si Les Républicains feront cavaliers seuls, comme tout semble l’indiquer aujourd’hui ? Ou s’ils accepteront de nouer des alliances pour faire barrage aux Verts ?

Favori des sondages, Collomb dévisse

Le maire sortant de Lyon, qui rêvait de reconquérir la métropole de Lyon, laissée aux mains de David Kimelfeld lors de son passage au ministère de l’Intérieur, va devoir jouer serré pour l’emporter. Favori des sondages, il n’atteint pas le score qui lui était prédit. En récoltant 17,3 % des suffrages, Gérard Collomb limite, certes, la casse mais n’arrive en tête dans aucune des 14 circonscriptions. Il reste toutefois en position de se maintenir au second tour dans la totalité des circonscriptions. Mais en l’absence d’alliances, la tâche s’annonce compliquée et la victoire pourrait bien lui échapper. Ce qui signifierait la fin de l’ère Collomb et un camouflet pour l’élu qui rêvait d’un destin politique semblable à celui d’ Edouard Herriot.

David Kimelfeld, plus qu’un arbitre ?

C’est l’une des surprises du scrutin. David Kimelfeld, le président sortant de la métropole, a déjoué les pronostics des sondages en collant aux basques de son prédécesseur. Celui qui se présentait sans étiquette réalise un score global de 17% et vire en tête dans le Val de Saône, la plus grosse circonscription de l’agglomération après Villeurbanne. Une situation qui fait de lui l’homme clé du second tour. Plusieurs questions se posent toutefois : maintiendra-t-il ses listes en vue du second tour ? S’effacera-t-il au profit des écologistes ? Ou cherchera-t-il à convaincre les verts de se rallier à sa candidature en échange d’un soutien à la ville de Lyon ?