Elections municipales à Nantes : Ce qu’il faut retenir du premier tour dans la métropole

MUNICIPALES A Rezé, à Orvault, à Bouguenais ou à Sainte-Luce-sur-Loire, le suspense est total

Frédéric Brenon et Julie Urbach

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Affiches électorales de Johanna Rolland, candidate à la mairie de Nantes (2020).
Affiches électorales de Johanna Rolland, candidate à la mairie de Nantes (2020). — F.Brenon/20Minutes

C’est dans le contexte exceptionnel de l’épidémie de coronavirus que s’est joué le premier tour des élections municipales. Dans la métropole nantaise, comme au niveau national, l’abstention a été particulièrement forte (61 % à Nantes par exemple). Une problématique évidemment soulevée et déplorée par l’ensemble des candidats. Ce qu’il faut retenir des résultats dans ce contexte.

Rolland, grande gagnante à gauche

A Nantes, Johanna Rolland était donnée favorite. Mais les observateurs ne s’attendaient peut-être pas à une telle avance : 31,3% des voix dimanche soir, loin devant la candidate des Républicains Laurence Garnier (19,8 %) et l’écologiste Julie Laernoes (19,6 %). « Les Nantais se sont exprimés de manière extrêmement claire. Je les remercie. J’appelle maintenant au rassemblement de la gauche et des écologistes », a réagi la maire sortante socialiste qui ne souhaitait toutefois « pas se réjouir » compte tenu de la crise sanitaire. « Je sais que la situation de la France et du monde nous impose la plus grande humilité ».

De son côté, Julie Laernoes fait remarquer que sa liste est « la seule force qui a progressé » [EELV avait obtenu 14,5 % des voix en 2014] et que « l’écologie ressort renforcée par rapport à 2014 ». « Pour le second tour, je souhaite donc que nous nous unissions et ce de la façon la plus large possible », clame-t-elle. A gauche de la gauche, la liste citoyenne Nantes en Commun se contente, malgré une bonne campagne, de récolter 9 %. Elle n’ira pas au second tour mais elle est autorisée à fusionner. Sa chef de file, Margot Medkour, a toutefois laissé entendre qu’elle ne rejoindrait pas la liste du PS.

La droite nantaise a peu d’espoir

Les chances de la droite et du centre sont minces. « Il y a eu une prime aux sortants car les électeurs n’ont sans doute pas voulu rajouter du désordre politique à la crise que nous vivons, analyse Laurence Garnier. Notre résultat est bien en deçà de ce que l’on souhaitait proposer, mais je continuerais à porter mon projet différenciant pour Nantes. »

La députée LREM Valérie Oppelt est parvenue à se qualifier pour le second tour (12,9 %). Ira-t-elle jusqu’au bout ou tentera-t-elle de s’allier avec Les Républicains ? Laurence Garnier a reconnu que les deux programmes possèdent « des points de convergence ». Quant au Rassemblement national d’Eleonore Revel, il ne dépasse pas 4,7 % et n’aura donc toujours pas d’élu au conseil municipal

Affilé en tête à Saint-Herblain

Dans le reste de l’agglomération nantaise, plusieurs maires ont été réélus dès le premier tour dimanche soir. C’est le cas de Laurent Turquois (DVD) à Saint-Sébastien-sur-Loire, de Rodolphe Amailland (LR) à Vertou, du socialiste Fabrice Roussel à la Chapelle-sur-Erdre, d’Alain Vey (DVD) à Basse-Goulaine, de Véronique Dubettier-Grenier (DVD) à Carquefou, de Marie-Cécile Gessant à Sautron (DVD), de Jacques Garreau (PS) à Bouaye, de Christelle Scuotto (PS) aux Sorinières ou encore de Jean-Claude Lemasson (PS) à Saint-Aignan-de-Grandlieu.

A Saint-Herblain, le maire socialiste Bertrand Affilé se place en position de force pour le second tour. A Rezé, Gérard Allard (PS), maire sortant, est en position délicate puisqu’il est largement devancé par son ancien adjoint Hervé Neau. A Orvault, le chef de file de la gauche Jean-Sébastien Guitton distance d’un cheveu Monique Maisonneuve et Sébastien Arrouët, les deux candidats de la droite. La droite est également bien placée pour conserver la mairie de Sainte-Luce-sur-Loire dans le cadre d’une triangulaire. Enfin, à Bouguenais, c’est une quadrangulaire qui s’annonce. Sandra Imperiale (LREM) peut espérer faire basculer la mairie mais la gauche est majoritaire en voix.