Elections municipales à Lyon : Les Verts en passe de réaliser le Grand Chelem

SCRUTIN Selon les estimations sorties des urnes, les écologistes réaliseraient un raz-de-marée à Lyon et pourraient s’imposer dans la plupart des neuf arrondissements de la ville

Caroline Girardon
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Bruno Bernard et Grégory Doucet.
Bruno Bernard et Grégory Doucet. — Bony/ Sipa
  • A Lyon, on s’achemine vers un duel EELV-LR au second tour.
  • Les écologistes arrinveraient en tête dans la plupart des 9 arronndissements de la ville.
  • Gérard Collomb raterait son pari, son candidat n’arriverait qu’en troisième position.

La vague verte en passe de tout emporter sur Lyon et d’engloutir les espoirs de LREM de conquérir la mairie sur laquelle régnait Gérard Collomb depuis 19 ans. A l’issue des tendances sorties des urnes (et non des résultats complets) lors du premier tour des élections muncipales, Grégory Doucet ( EELV) était en mesure de s’imposer dans la plupart des 9 arrondissements de la ville, récoltant un score situé entre 28 et 29 % des suffrages.

Loin derrière, Etienne Blanc, candidat des Républicains, semblait très en deçà des scores dont il était crédité dans les différents sondages. Avec 16,7 % des suffrages, il arrivait en seconde position devant Yann Cucherat, le poulain de Gérard Collomb. L’ancien gymnaste, débarqué tardivement dans la campagne, manque son pari en récoltant à peine 15 % des suffrages. Soit 3 % de plus que Georges Képénékian, candidat sans étiquette et ancien bras droit du maire sortant. Gérard Collomb, justement, attribuait dimanche soir la défaite aux querelles internes.

Pour Collomb, une « erreur a été commise »

« Une erreur a été commise. Nous assistons incontestablement sur la ville à une poussée des verts mais la situation est le fruit de nos divisions, explique l’ancien ministre de l’Intérieur qui avait le visage des mauvais jours. Si l’on ajoute les scores des deux listes de l’ancienne majorité, on serait partout en tête et en position de l’emporter au second tour ».

Reste désormais à savoir quelles alliances pourront être nouées en vue du second tour… si le scrutin est bien maintenu. Georges Képénékian peut-il appeler à voter en faveur des écologistes pour faire chuter le clan Collomb ? Yann Cucherat compte-t-il se retirer et au profit de quel candidat ? Autant de questions qui restaient dimanche soir encore sans réponse.

Pour Etienne Blanc, le choix écologique jugé « dangereux »

En attendant, Grégory Doucet savourait modestement sa pole position. Estimant toutefois que la partie n’est pas encore gagnée. « Nous avons une semaine pour être, pour de bon, au rendez-vous de l’histoire. Nous avons désormais la responsabilité historique de faire de cette ville un exemple. Lyon est audacieuse et a l’âme écologiste, estime le candidat. Malgré l’abstention notable, les Lyonnais et les Lyonnaises se sont clairement exprimés. Ils ont manifesté être pleinement conscients de l’enjeu crucial que représentait l’avenir de notre ville en décidant de porter les écologistes tout en haut des suffrages ». Et d’ajouter : « Lyon est prête à répondre à l’appel du climat et à s’engager dans la transition écologiste mais Lyon est à la croisée des chemins. Nous ne pouvons nous arrêter au milieu du gué ».

Etienne Blanc semblait en revanche bien décidé à lui faire barrage, décochant ainsi ses premières flèches. « Les Lyonnais est les Lyonnaises ont un choix simple à faire. Ils peuvent faire le choix de l’aventurisme, du bouleversement et prendre un risque majeur. Oui, demain les Verts et les partis extrêmes peuvent faire des dommages irréparables sur les finances de la ville, sur la sécurité des habitants, sur les choix économiques. Il ne faut pas que les Lyonnais fassent le choix d’un aventurisme qui serait un aventurisme dangereux pour notre ville ».