Elections municipales en Auvergne-Rhône-Alpes : « Dans un village, c’est plus du rapport humain que de la politique », estime Sidney Govou

INTERVIEW L’ancien ailier droit de l’OL figure en position éligible sur la liste de la maire sortante – en tête au premier tour – à Saint-Didier-au-Mont-d’Or, riche commune de l’agglomération lyonnaise

Propos recueillis par Manuel Pavard

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Sidney Govou en février 2020, lors d'un match de gala disputé à Moscou entre anciens joueurs français et allemands.
Sidney Govou en février 2020, lors d'un match de gala disputé à Moscou entre anciens joueurs français et allemands. — ANTON IVANOV/REX/SIPA
  • L’ancien ailier droit de l’Olympique Lyonnais Sidney Govou est présent en position éligible sur la liste de la maire sortante Marie-Hélène Mathieu (divers droite) à Saint-Didier-au-Mont-d’Or, commune la plus riche du Rhône, dans l’agglomération de Lyon.
  • Arrivée en tête au premier tour avec 48,97 % des suffrages, sa liste est en ballottage très favorable en vue d’un éventuel second tour, avec une potentielle triangulaire.
  • Sidney Govou revient pour 20 Minutes sur les raisons qui l’ont poussé à se lancer dans cette campagne et ces élections municipales.

Pour le grand public, son nom renvoie à deux doublés mémorables : le premier – qui le révélera à la France du foot – face au Bayern Munich, le 6 mars 2001, en Ligue des champions, et le second contre les tout frais champions du monde italiens, le 6 septembre 2006, en éliminatoires de l’Euro 2008. Mais pour les supporteurs lyonnais, Sidney Govou, c’est bien plus que ça : une légende de l’OL, symbole de l’âge d’or du club et des sept titres de champion consécutifs, et un joueur toujours accessible et bon vivant.

Ce capital sympathie, l’ancien ailier droit des Gones va maintenant tenter de le faire fructifier sur un autre terrain, celui de la politique. Novice dans ce domaine, Sidney Govou s’est en effet lancé dans la bataille des municipales à Saint-Didier-au-Mont-d’Or, où il réside depuis maintenant quinze ans. Il a ainsi accepté de figurer en position éligible sur la liste (divers droite) de la maire sortante Marie-Hélène Mathieu, dans cette commune huppée – la plus riche du Rhône – de 6.700 habitants de l’agglomération lyonnaise. Arrivée en tête dimanche, celle-ci a frôlé la réélection au premier tour, avec 48,97 % des voix.

Sidney Govou revient pour 20 Minutes sur ce nouveau chapitre de sa vie, qu’il aurait souhaité démarrer dans un contexte moins pesant…

Qu’est-ce qui vous a motivé à figurer sur la liste de la maire sortante Marie-Hélène Mathieu à Saint-Didier-au-Mont-d’Or ?

J’habite à Saint-Didier-au-Mont-d’Or depuis 2005, je connais très bien le village et je connaissais bien aussi Marie-Hélène Mathieu. J’ai eu un bon feeling avec elle quand je l’ai rencontrée il y a un an et demi et qu’elle m’a sollicité pour m’exposer son projet. Au départ, j’intervenais simplement sur le sport dans la commune et puis, de fil en aiguille, je me suis pris au jeu. Ma réflexion a évolué petit à petit pour aboutir à ma présence sur la liste en position éligible. Pour moi, les municipales dans un village, ce n’est pas spécialement de la politique, c’est plutôt du rapport humain. Je veux juste m’impliquer dans la vie de ma commune.

Malgré tout, votre liste est quand même classée divers droite et on vous sait proche de Yann Cucherat, candidat LREM à la mairie de Lyon. Cela ne vous marque-t-il pas politiquement ?

Je le répète, ma candidature n’est pas un acte politique. La liste est classée divers droite mais, comme dans la plupart des petites communes, c’est en réalité une liste sans étiquette avec des gens de tous bords, de droite, du centre et de gauche. De toute façon, pour moi, il n’y a que les extrêmes qui sont vraiment marqués politiquement, pour le reste on peut s’entendre sur plein de sujets. Ma proximité avec Yann Cucherat ? Je l’assume totalement ! Dans une grande ville comme Lyon, c’est différent, on est obligé de s’affilier à un parti. Je connais Yann depuis très longtemps, je suis intervenu à ses côtés quand il était adjoint aux sports à Lyon. C’est quelqu’un qui a vraiment une vision globale pour sa ville.

Maintenant que ça devient concret, appréhendez-vous un peu cette nouvelle vie en politique ?

Déjà, il faut relativiser, dans une petite commune, ce n’est pas non plus hyper contraignant. Et puis, même si je ne suis pas carriériste, loin de là, l’appétit vient en mangeant. J’arrive à un âge où je me sens apte à me lancer là-dedans. C’est l’une de mes premières qualités : je sais de quoi je suis capable et de quoi j’ai réellement envie.

Ces élections sont très particulières avec le coronavirus en toile de fond…

Oui, cette épidémie de coronavirus, c’est du jamais-vu ! On ne peut qu’attendre les annonces de l’État. Mais on ne peut pas anticiper ni voir plus loin, on fonctionne au jour le jour. Il faudra s’adapter, on n’a pas le choix…