Elections municipales à Bordeaux : Nicolas Florian en tête avec seulement une centaine de voix d'avance

SCRUTIN Bordeaux, qui n'a pas connu de second tour depuis 1947, est aujourd'hui en position de connaître une quadrangulaire

M.P. avec AFP

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Nicolas Florian, le 15 mars 2020 lors du premier tour des municipales.
Nicolas Florian, le 15 mars 2020 lors du premier tour des municipales. — UGO AMEZ/SIPA
  • Le maire sortant LR Nicolas Florian, adoubé par Alain Juppé, n'est pas parvenu à distancer son challenger écologiste Pierre Hurmic.
  • Florian n'a que 96 voix d'avance, c'est donc un second tour indécis qui attend la ville. Cazenave (LREM) et Poutou (NPA) sont aussi en position de se maintenir.
  • C'est la première fois depuis 1947 que le maire n'est pas élu dès le premier tour.

Il aura fallu attendre 22 h 45 pour en avoir le cœur net. Le candidat Pierre Hurmic (EELV) et le maire sortant Nicolas Florian (LR) sont restés longtemps au coude à coude, lors de ce premier tour des élections municipales à Bordeaux. Deux estimations ont longtemps donné l’écologiste en tête, une troisième plaçait l’héritier d’ Alain Juppé devant.

A 23 heures, Nicolas Florian a affirmé lors de sa prise de parole à la mairie de Bordeaux être en tête du premier tour, devançant Pierre Hurmic de seulement une centaine de voix : 34,56 % pour le maire sortant contre 34,36 % pour l'écologiste. « L’équipe et la liste que je mène est en tête au soir du premier tour », a-t-il déclaré. Sont distancés le candidat LREM, Thomas Cazenave, avec 12,69 % des voix, et Philippe Poutou (NPA) avec 11,74 %.

Un coup de tonnerre dans la ville d’Alain Juppé

Le seul fait que les deux premiers arrivent dans un mouchoir de poche sonne comme un coup de tonnerre dans cette ville où Alain Juppé, le mentor du maire sortant, avait l’habitude d’être élu dans un fauteuil dès le premier tour.

Bordeaux, qui n’a pas connu de second tour depuis 1947, est aujourd’hui en position de connaître une quadrangulaire. Emmanuelle Ajon (PS) qui s’est ralliée à Pierre Hurmic (EELV) sur la liste Bordeaux Respire, a assuré sur TV7 que Bordeaux vivait « un moment historique » après les premiers sondages créditant le candidat écologiste d’environ 36 %, même si le « ton est grave » en raison du contexte du coronavirus.

Le jeu politique a été troublé par l’investiture d’un candidat LREM, Thomas Cazenave, dans une ville dont le maire est pourtant réputé Macron-compatible. Cet énarque bordelais, descendu de Paris pour l’occasion, a refusé dimanche soir de donner sa position pour le second tour. « Je me réunirai avec mes colistiers et j’annoncerai ma position demain » lundi, a expliqué Thomas Cazenave. Il avait lancé durant sa campagne « j’irai jusqu’au bout ! ». « Je n’ai pas dit le contraire », a-t-il réaffirmé dimanche soir, interrogé sur cette phrase.

Pierre Hurmic a assuré écarter toute négociation de second tour

Pierre Hurmic, en tout cas, a d’ores et déjà écarté toute négociation de second tour. « Ne comptez pas non plus sur moi ce soir pour dire qu’il y aura des discussions d’appareil. Ceux qui me connaissent savent que je déteste les appareils politiques et encore plus les discussions d’appareils », a-t-il dit devant la presse.

Un quatrième candidat a joué les trublions dans cette ville, réputée pour être bourgeoise mais qui a aussi été un bastion des « gilets jaunes ». Philippe Poutou, ex-candidat NPA à deux présidentielles, a rassemblé 11,77 % autour de sa liste « anticapitaliste ». Le dirigeant syndical, qui a mené en vain le combat pour l’usine Ford de Blanquefort​, en banlieue bordelaise, a déjà prévenu durant sa campagne qu’il se maintiendrait au second tour s’il obtenait plus de 10 %.