Municipales 2020 à Rennes : Qui peut mettre fin au règne sans partage du Parti socialiste ?

ELECTIONS Le scrutin s’annonce ouvert ce dimanche pour le premier tour de l’élection municipale dans la capitale bretonne, dirigée depuis 2014 par la socialiste Nathalie Appéré

Jérôme Gicquel et Camille Allain

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Des passants marchent devant les panneaux d'affichage des candidats aux élections municipales à Rennes, le 12 mars 2020.
Des passants marchent devant les panneaux d'affichage des candidats aux élections municipales à Rennes, le 12 mars 2020. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le premier tour de l’élection municipale s’annonce ouvert à Rennes.
  • Traditionnellement ancrée à gauche, la mairie est aux mains des socialistes depuis 1977.
  • Neuf listes seront présentes au premier tour de l’élection qui risque d’être chamboulée par l’épidémie de coronavirus.

Depuis qu’Henri Fréville a quitté son fauteuil de maire en 1977, seuls des socialistes ont eu le droit de s’y asseoir. Edmond Hervé pendant trente ans, puis Daniel Delaveau en 2008 et enfin Nathalie Appéré, élue en 2014. Au premier tour, l’ancienne première adjointe avait obtenu 35,5 % des voix. Un score flatteur mais en recul de 11 points par rapport à son prédécesseur. Elue grâce à sa fusion avec la liste écologiste, la socialiste repart avec l’avantage de « la prime au sortant » mais sans ses alliés écolos qui font cavalier seul. Le scrutin municipal s’annonce ouvert dans la capitale bretonne, dont le cœur penche nettement à gauche.

La majorité des candidats que nous avons rencontrés ont eu le même discours : « Notre objectif, c’est d’être au second tour ». De la France insoumise au candidat de la droite Charles Compagnon en passant par la marcheuse Carole Gandon, tous rêvent de s’inviter dans le match annoncé entre Nathalie Appéré et son adjoint écologiste Matthieu Theurier. La maire sortante est-elle inquiète ? « Rennes ne semble pas dans les radars au niveau national », glisse un de ses proches soutiens, qui sous-entend que la ville ne devrait pas leur échapper. Sans sondage, difficile de se lancer dans des pronostics, d’autant que l’abstention pourrait être renforcée par l’épisode de coronavirus.

Le score des écologistes regardé de près

L’inconnue du scrutin demeure le score des Verts. En siégeant à la ville et à la métropole, ses élus ont acquis une notoriété. Boostés par leur score aux européennes (Yannick Jadot avait recueilli 24 % des voix à Rennes), les écologistes ont bâti un projet solide de près de 200 pages. Parviendront-ils à convaincre les électeurs ? « Ils ont souvent du mal à confirmer après les européennes. Mais ils sont dans une position confortable. Il y a de fortes chances qu’ils fassent un bon score », analyse Thomas Frinault, politologue à l’université Rennes 2. Matthieu Theurier et sa liste ne cachent pas leurs ambitions et espèrent être devant la maire sortante au soir du premier tour. « On peut y arriver », assure un militant.

A côté de ce duel de la gauche, celui qui pourrait créer la surprise s’appelle Charles Compagnon. Ce patron de restaurant mène depuis plusieurs mois une campagne très branchée centre-ville mais qui semble faire écho chez les électeurs de la droite et du centre. « Il n’y a pas les blocs habituels. Cela rend l’issue du scrutin très incertaine. Charles sait qu’il n’est pas le favori mais c’est ce qui fait sa force », explique l’un de ses proches. La liste espère surtout « passer devant la candidate de La République en marche ».

Le scrutin s’annonce délicat pour Carole Gandon, qui porte sur elle l’étiquette du parti présidentiel, dont la cote de popularité n’est pas au mieux. « Certains confondent ces élections avec un débat national. Mais c’est un scrutin local et qui s’annonce très serré. Certains prédisent déjà un duel entre le PS et les Verts, mais les jeux ne sont pas faits. On espère bien être au second tour et dans une position plus que correcte », assure un cadre de la liste. D’autant que la capitale bretonne avait offert à Emmanuel Macron l’un de ses plus beaux scores en 2017.

Le Rassemblement national veut entrer au conseil

Derrière, le combat s’annonce délicat pour les autres candidats. Enora Le Pape et la France insoumise ont fait parler d’eux mais risquent de pâtir de la division des voix de la gauche. Quant au candidat du Rassemblement national Emeric Salmon, son objectif est clair. Dans une ville peu favorable à l’extrême droite, il ambitionne de « faire son entrée au conseil municipal ». Il lui faudra pour cela obtenir plus de 10 % des suffrages exprimés.