Municipales 2020 à Nice : La ville perd des habitants, les candidats cherchent des solutions côté logement

POLITIQUE 7/7 « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Nice. Aujourd'hui, le logement

Fabien Binacchi

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Le prix moyen du mètre carré dans l’ancien a augmenté de 2,75 % à Nice en 2019, selon la FNAIM 06
Le prix moyen du mètre carré dans l’ancien a augmenté de 2,75 % à Nice en 2019, selon la FNAIM 06 — ANP / 20 Minutes
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, le logement.
  • En dix ans, Nice a perdu plus de 8.700 habitants et la baisse se poursuit.
  • Immobilier trop cher, offre de logements restreinte, les candidats à la mairie livrent leurs propositions pour aider les Niçois à se loger.

Plus de 8.700 habitants en moins en dix ans (entre 2007 et 2017) et une baisse qui continue, estimée à - 0,1 % chaque année en moyenne. Nice perd de sa population. Et si l’origine de ces départs était à chercher du côté de l’immobilier ?  Les candidats à la mairie ont en tout cas chacun leurs idées pour aider les Niçois à se loger.

Patrick Allemand (PS), selon qui « le logement est le problème numéro 1 de la ville depuis des années », s’engage « à construire 7.000 logements sociaux en six ans, dont 1.000 seront affectés au logement des étudiants ». Le chef de file de la liste Nice au cœur regrette que « le taux de logement social à Nice, à 12,7 %, n’ait progressé, sous les deux mandats de Christian Estrosi, que de 2,2 % » alors que la loi SRU prévoit un taux de 25 % en 2025.

Estelle Jacquet, à la tête de liste Lutte ouvrière, juge qu’il « faudrait construire de manière urgente les logements à loyer modéré nécessaires pour loger toutes celles et ceux qui en ont besoin ». Et la candidate, promet, « en attendant, de réquisitionner les logements vacants ». Il y en aurait 30.000 à Nice.

Cadrer les locations via Airbnb

Nice Écologique préconise « la limitation de la location en Airbnb à 90 jours par an et l’augmentation de la taxe de séjour pour les locations de type Airbnb ». La liste de Jean-Marc Governatori propose notamment « d’utiliser le parc immobilier de la ville pour le logement des populations précaires résidentes plutôt que de les vendre ». Elle a également prévu « de soutenir la conversion de bureaux inoccupés en logements sociaux ».

Valery Sohm, elle aussi, cible « le nombre de logements en Airbnb ». Il « devrait diminuer si nous sommes élus grâce à des incitations pour un tourisme plus qualitatif que celui de masse qui ne permet pas aux commerçants de vivre, ni aux Niçois de se loger », avance la candidate de l’UPR.

Pour Benoît Kandel (CNIP-DLF), si le nombre d’habitants a baissé, c’est à cause « du coût élevé des loyers » mais aussi « en raison d’un manque d’emplois et de hausses fiscales très fortes ». Il s’engage à « une baisse des impôts ». « Il faut construire des logements à prix intermédiaires et réduire les charges sur les propriétaires car celles-ci se répercutent automatiquement sur les locataires », dit l’ex-premier adjoint de Christian Estrosi.

Transparence de la commission d’attribution des logements sociaux

Philippe Vardon pointe de son côté « l’opacité » qui régnerait selon lui « du côté de Côte d’Azur Habitat où le dernier arrivé semble toujours primer sur les Niçois en situation de détresse ». Le candidat du Rassemblement national plaide « pour que soit mise en place la priorité nationale, pour que les Niçois et les Français soient prioritaires dans l’attribution des logements sociaux ».

La liste ViVA ! promet la « transparence de la commission d’attribution des logements sociaux avec mise en place de barèmes publics ». Elle s’engage également à lancer un « plan ambitieux de construction de logements sociaux pour tendre vers les 25 % à la fin du mandat » et à « inciter les petits propriétaires à remettre en location des logements ». La liste de Mireille Damiano propose la « préemption systématique des terrains ou des bâtiments à la vente pour contraindre le marché à des prix raisonnables ».

Le maire sortant s’engage de son côté à « poursuivre la réhabilitation des logements dans le parc public, mais aussi dans le parc privé en soutenant l’amélioration de logements avec l’Agence nationale de l’habitat [Anha] ». Et Christian Estrosi (LR) veut aussi « permettre aux propriétaires bailleurs de louer aux étudiants de septembre à juin tout en ayant la possibilité de louer l’été en saisonnier sans être soumis à la règle de la compensation ».