Municipales 2020 à Nantes : Comment régler le problème du logement ?

PROGRAMMES (9/10) « 20 Minutes » analyse chaque semaine la campagne des municipales à Nantes. Aujourd’hui, la question du logement

Julie Urbach

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Des immeubles de logement sur l ile de Nantes
Des immeubles de logement sur l ile de Nantes — archives FABRICE ELSNER/20MINUTES
  • Construction, rénovation... Les propositions en matière de logement sont nombreuses chez les candidats aux municipales à Nantes.
  • La question de l'hébergement d'urgence mobilise aussi les prétendants à la mairie.

EDIT >> A l'occasion du premier tour des élections municipales, nous vous proposons de redécouvrir cet article publié le 10 mars et consacré aux propositions des candidats en matière de logement

« Moi si j’étais maire, je regarderais les prix des logements et les offres qui partent très très vite, que ce soit à l’achat ou à la location… ». Voilà ce qu’a répondu Thomas, ingénieur en informatique à Nantes, lorsque  20 Minutes lui a demandé ses idées pour l’élection de dimanche prochain.

Il faut dire qu’avec plus de 8.000 nouveaux habitants chaque année à Nantes, le logement est devenu une préoccupation majeure, à laquelle les candidats aux municipales tentent de répondre.

Construire : stop ou encore ?

Face à cette difficulté à se loger, des prix en hausse et une pénurie de biens, l’une des pistes pourrait couler de source : construire encore plus vite. Une proposition qui semble faire consensus au sujet des logements sociaux : Johanna Rolland (PS) en prévoit 5.000 nouveaux durant le mandat, tandis que Julie Laernoes (EELV) en a chiffré 2.000.

Mais de plus en plus de voix s’élèvent contre « la bétonisation » et « la métropolisation ». « Nous maintiendrons la construction de 6.000 logements par an à̀ l’échelle de Nantes métropole, indique Laurence Garnier (LR). L’objectif à dix ans est de parvenir à diminuer ce chiffre en travaillant à une meilleure répartition des constructions dans notre bassin de vie. »

Julie Laernoes et Margot Medkour (Nantes en commun) veulent ralentir le rythme. Cette dernière réfute la « croissance à tout prix », qui conduirait à la « gentrification » de certains quartiers. Eleonore Revel (Rassemblement national) « diminuera les obtentions de permis de construire ». Pour Hugo Sonnier (UPR) « un pourcentage minimum obligatoire d’espaces verts par construction nouvelle » doit être instauré.

Rénover, expérimenter…

Du coup, comment « permettre à tous d’habiter à Nantes », comme le souhaite Johanna Rolland ? Beaucoup, maire sortante la première jusqu’à la liste de Nicolas Bazille (LO), misent sur la rénovation énergétique des logements. Tous plaident aussi pour le développement des nouveaux modes : habitat participatif pour Julie Laernoes, village intergénérationnel pour Laurence Garnier… Valérie Oppelt, elle, souhaite poursuivre l’ouverture de logements pour les seniors mais aussi « autoriser l’habitat fluvial, pour que notre ville se tourne davantage vers la Loire ».

Pour les classes moyennes, cette dernière, comme d’autres, mise sur le développement de l'office foncier solidaire (qui propose de dissocier l’achat des murs de celui du terrain). Et pour les locataires, trois listes (EELV, NPA, Nantes en commun) s’engagent clairement pour l’encadrement des loyers.

Quid de l’hébergement d’urgence ?

Alors que la question de la prise en charge des migrants reste entière dans la région nantaise, de nombreux candidats se positionnent sur le sujet de l’hébergement d’urgence. La liste EELV, qui prend l’engagement fort de ne plus avoir « personne à la rue », engagera 1 % du budget de la métropole pour la mise à l’abri, avec comme épicentre le bâtiment Cap 44.

Sur la même ligne, le NPA de Riwan Chami et Nantes en commun annoncent qu’ils réquisitionneront les immeubles vacants. Johanna Rolland s’engage sur un fonds de solidarité pour les communes de l’agglo pour l’accueil des migrants, alors qu’un programme de logements dédié « aux populations en détresse » sera lancé si Valérie Oppelt accède à la mairie.