Municipales 2020 à Nantes : « C’est par la lutte qu’on obtiendra des avancées », estiment les candidats NPA

CANDIDATURE Malgré un dépôt de liste tardif, le Nouveau parti anticapitaliste sera bien présent aux élections municipales à Nantes. Riwan Chami sera son chef de file

Frédéric Brenon

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Riwan Chami, candidat de la liste « Anticapitalistes et révolutionnaires ! »
Riwan Chami, candidat de la liste « Anticapitalistes et révolutionnaires ! » — F.Brenon/20Minutes
  • La liste NPA est la neuvième et dernière liste candidate à la mairie de Nantes.
  • La tête de liste sera Riwan Chami, 25 ans, un habitué des manifestations.
  • Avec 30 ans seulement de moyenne d’âge, la liste NPA est aussi la plus jeune.

La liste a été déposée la semaine dernière, pile avant la date limite. « On avait besoin de temps pour s’organiser. Mais on n’a jamais douté de notre candidature. Beaucoup de gens nous soutiennent. On aurait même pu aller au-delà des 69 colistiers », assure Riwan Chami, 25 ans, désigné tête de liste du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à Nantes, le mouvement national popularisé par Olivier Besancenot puis Philippe Poutou. La moyenne d’âge de l’équipe ne dépasse pas 30 ans et réunit un grand nombre d’étudiants mais aussi « des fonctionnaires, des ouvriers, des demandeurs d’emploi ».

Asistant d’éducation ayant « connu la précarité comme des milliers de jeunes », Riwan Chami est un habitué des mobilisations. « J’ai participé à mes premières AG en 2016 contre la Loi Travail. Depuis, il y a eu d’autres luttes marquantes comme l’occupation de la fac pour les sans-papiers ou, plus récemment, la grève avec les cheminots. Ce sont à chaque fois des moments forts. »

« On ne recherche pas le pouvoir »

Aux municipales, le NPA revendique un projet « révolutionnaire », porté « par les travailleurs » qui « rejettent Macron et son système » tout autant que les « professionnels de la politique ». « On ne fait pas de promesses électorales », « on ne recherche pas le pouvoir », affirme sans détour le collectif. « C’est par la lutte qu’on obtiendra des avancées », explique à plusieurs reprises Sarah Ferron, n°2 de la liste. Interdiction des licenciements, augmentation des salaires jusqu’à 1.800 euros minimum, liberté de circulation pour tous, taxation des profits des grandes entreprises sont ainsi citées parmi les priorités. Et tant pis si elles ne relèvent pas des compétences d’un maire.

La liste NPA pour l'élection municipale à Nantes.
La liste NPA pour l'élection municipale à Nantes. - F.Brenon/20Minutes

S’ils venaient à diriger l’hôtel de ville et que la « lutte » s’avérait moins nécessaire, Riwan Chami et son équipe ne seraient toutefois pas à court d’idées locales concrètes. Les premières mesures seraient de plafonner les loyers, de réquisitionner les logements vides et de construire davantage de HLM. « Oui, il est possible de mettre tout le monde à l’abri à Nantes. Mais il faut du courage politique », justifie le jeune homme. La gratuité des transports est également avancée. « C’est finançable par les impôts et en prenant une part des bénéfices des actionnaires privés de la Semitan. »

Fin des caméras, stop à l’Arbre aux hérons

En matière de sécurité, le NPA retirerait les caméras de vidéo-surveillance et privilégierait les « médiateurs » et  les « solidarités inter-quartiers » plutôt qu’une augmentation des effectifs de police municipale. « On dénoncerait également haut et fort les violences policières. Contrairement à l’actuelle maire de Nantes qu’on entend peu à ce sujet », ajoute Riwan Chami, lequel goûte peu à la « surenchère sécuritaire » de la campagne : « pendant ce temps-là on ne parle pas des problèmes sociaux ».

En matière d’écologie, une régie publique des déchets, sans recours aux opérateurs privés « comme Véolia », est envisagée. La liste anticapitaliste parle aussi de créer des îlots de fraîcheur, de prolonger la durée des vie des premières rames de tramway ou de contrôler davantage les entreprises polluantes.

Le projet de regroupement du CHU sur l’île de Nantes serait « remis à plat » en concertation avec les agents et les usagers. L’Arbre aux hérons, lui, ne sortirait même pas de terre. « C’est un projet aberrant, s’indigne Riwan Chami. On n’est pas opposé à la culture populaire, mais, là, c’est du tourisme ». « On ne veut pas décider seuls, rappelle Sarah Ferron. Toutes nos propositions sont à construire avec les travailleurs. »

Le NPA présentera son programme le 12 mars lors d’un meeting à la médiathèque Jacques-Demy, salle Jules-Vallès.