Municipales 2020 à Villeurbanne : Un bastion socialiste à conquérir à l'heure des divisions

POLITIQUE La succession de Jean-Paul Bret s'annonce des plus ouvertes

Caroline Girardon

— 

L'actuel Quartier des Gratte-Ciel à Villeurbanne, avant l'extension du projet
L'actuel Quartier des Gratte-Ciel à Villeurbanne, avant l'extension du projet — C. Girardon / 20 Minutes
  • La conquête de Villeurbanne s’annonce des plus disputées entre la gauche et les Verts, qui ont fait de cette ville l’une de leurs priorités.
  • LREM, marquée par des profondes divisions internes, semble être décrochée.
  • La liste des Républicains n'a que peu de chances de gagner, dans une ville qu'elle n'a jamais pu diriger.

A Villeurbanne, souvent considérée comme le dixième arrondissement de Lyon, la succession du socialiste Jean-Paul Bret, qui ne se représente pas à la mairie, s’annonce des plus disputées. La ville n’aura pas échappé à son lot de querelles, aussi bien à gauche, qu’au sein de LREM. Résultat : les jeux semblent plus que jamais ouverts à moins de deux semaines du premier tour des municipales.

La gauche en marche unie, les Verts font cavaliers seuls

A 73 ans, Jean-Paul Bret a décidé de passer la main après trois mandats et 19 ans passés à la tête de la mairie. Il place tous ses espoirs en la candidature de Cédric Van Styvendael, qui n’a jamais été élu. Le quadragénaire, plongé dans le grand bain, a bénéficié des contacts de son mentor et a réussi à rassembler les forces de gauche… à l’exception des Verts.

Faisant de Villeurbanne l’une de leurs priorités nationales, les écologistes ont décidé de faire cavaliers seuls au premier tour. Après avoir longtemps siégé dans la majorité municipale puis affiché ses divergences, Béatrice Vessiller, 57 ans, rêve de faire tomber la ville dans l’escarcelle d’EELV. Un pari qui pourrait s’avérer gagnant au regard des scores dont sont crédités les Verts dans les différents sondages nationaux.

Guerre fratricide à LREM

La tache semble, en revanche, plus compliquée pour le parti présidentiel déchiré par une guerre fratricide. Les profondes divisions en interne risqueraient bien de peser dans le scrutin. Las d’attendre l’investiture pour les élections métropolitaines, Bruno Bonnell, député de la sixième circonscription, a lancé la charge. Il s’est jeté dans la bataille sans les soutiens nationaux et s’est allié avec Emmanuelle Haziza, ex-candidate des Républicains, ayant fraîchement claqué la porte de son parti, jugé trop « misogyne ». Reste toutefois à savoir si ce duo inédit réussira à convaincre les électeurs. Ou s’il parviendra à faire de l’ombre à Prosper Kabalo, ancien premier adjoint PS et investi officiellement par La République en marche. Il pourra toutefois se féciliter d'avoir reçu un soutien de poids dans la campagne : celui du fils de Charles Hernu (ancien maire de la ville) qui a appelé à voter pour Emmanuelle Haziza jeudi matin. 

Dans ce bastion socialiste, la droite pourrait se contenter des miettes. Les Républicains, emmenés par Clément Charlieu, tâcheront de dépasser la barre des 10 %. Ce qui leur permettrait de se maintenir au second tour. Il faudra aussi composer avec Thibault Garnier, candidat pour le Rassemblement national. Enfin, Nadia Bouhami (LO) et Philippe Vieira (société civile) tenteront également de créer la surprise.