Municipales 2020 à Montpellier : Le RN retire l'investiture à la liste qu'il soutenait

POLITIQUE La présence sur la liste de Djamel Boumaaz, qui a défrayé plusieurs fois la chronique, n'est pas du goût du parti

Nicolas Bonzom

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Olaf Rokvam a été investi comme tête de liste à Montpellier du Rassemblement national.
Olaf Rokvam a été investi comme tête de liste à Montpellier du Rassemblement national. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Le RN annonce qu’il retire l’investiture de la liste qu’il soutenait à Montpellier.
  • La raison ? La présence en troisième position du conseiller municipal Djamel Boumaaz qui a plusieurs fois défrayé la chronique, notamment en décrochant le drapeau LGBT de l’hôtel de ville.
  • De son côté, Djamel Boumaaz se défend de tout racisme ou homophobie.

Ce scrutin ne manque pas de rebondissements, à Montpellier (Hérault). Ce lundi, quatre jours après le dépôt des listes, le Rassemblement national fait savoir, via Jean-Luc Cousin (RN), son délégué dans l’Hérault, qu’il retirait l’investiture à la liste d’Olaf Rokvam (RN), qu’il soutenait jusqu’alors pour les municipales.

La raison ? La présence, en troisième position, de Djamel Boumaaz (sans étiquette), un conseiller municipal qui s’est fait remarquer à plusieurs reprises pour des dérapages. « Les comportements scandaleux que Djamel Boumaaz a eus à diverses reprises ne peuvent être acceptés par le Rassemblement National qui les condamne avec la plus grande fermeté, écrit Jean-Luc Cousin, dans un communiqué. En conséquence, le RN retire son investiture et son soutien à la liste sur laquelle figure (…) Djamel Boumaaz. »

Il avait décroché le drapeau LGBT de l’hôtel de ville

A 20 Minutes, le délégué départemental du parti assure qu’il ne savait rien jusqu’à vendredi de la présence du conseiller municipal, élu en 2014 à Montpellier avec le soutien du Front national, avant de s’en émanciper. « On a appris après le dépôt des listes, le 28 [février], que ce monsieur apparaissait sur la liste d’Olaf [Rokvam], et donc on a fait remonter l’information [au parti]. Marine [Le Pen] a tranché ce [lundi] matin, il est hors-de-question que ce monsieur apparaisse sur une de nos listes. »

Contactée par nos soins, la présidente du RN confirme bien avoir pris cette décision.

A plusieurs reprises, Djamel Boumaaz a été au coeur de dérapages. En 2016, l’élu avait décroché le drapeau LGBT qui flottait au-dessus de la mairie, pour la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, et avait tenté de l’enterrer. En 2019, il s’était fait remarquer pour avoir effectué des « quenelles », geste popularisé par Dieudonné, en plein conseil municipal à Montpellier, vêtu d’un « gilet jaune ».

« Je suis seulement lobbyphobe »

« On est là, même si Paris ne le veut pas », a réagi Djamel Boumaaz, ce lundi matin, dans un communiqué. « Je le répète inlassablement, je ne suis ni raciste ni homophobe, seulement lobbyphobe, poursuit l’élu. Je remercie Olaf Rokvam pour sa confiance. Le RN est le parti du rassemblement des forces pour une République une et indivisible, qui ne soit pas le jouet de groupes d’intérêt. Je regrette que Marine Le Pen soit soumise à certains. [Le 15 mars] (…), nous mettrons un grand coup de pied dans la fourmilière du politiquement correct, le temps du dégagisme est venu avec Olaf Rokvam. »

Mais pas sûr qu'Olaf Rokvam soit aussi enthousiaste. La tête de liste, que nous n'avons pas pu joindre ce lundi, a réagi au retrait de l'investiture du RN dans un communiqué, ce lundi en fin de matinée. Et sa réaction est quelque peu étonnante. « [Djamel] Boumaaz m’a menti pendant toute la campagne jusqu’au dépôt définitif des listes, écrit Olaf Rokvam. Jamais je n’ai soutenu ce monsieur concernant toutes ses exactions, bien au contraire, ce sont des valeurs que j’ai toujours combattues. Je vais donc ce matin porter plainte contre ce monsieur pour usurpation d’identité. Il vient donc de ruiner en un week-end quatre mois de campagne et mettre 63 colistiers dans le désarroi. »