Municipales 2020 à Rennes : Nouveau métro, tramway, trambus… Pour quoi roulent les candidats ?

POLITIQUE 6/7 « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Rennes. Aujourd’hui, les transports en commun avec un focus particulier sur la prolongation des lignes de métro

Camille Allain

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La ligne B du métro de Rennes doit être livrée en décembre 2020.
La ligne B du métro de Rennes doit être livrée en décembre 2020. — C. Allain / 20 Minutes
  • A moins de deux semaines du premier tour des élections municipales, « 20 Minutes » se penche sur les propositions de candidats sur les transports en commun.
  • Plusieurs listes proposent le prolongement des deux lignes de métro. Un choix audacieux car très coûteux.
  • La plupart des candidats optent pour la solution du tramway ou du trambus, plus rapide à mettre en œuvre et moins coûteux.

Elle n’est toujours pas livrée que certains veulent déjà la prolonger. A moins de dix mois de la mise en service de la ligne B du métro rennais, la question d’allonger son parcours est dans le débat politique local. Jamais en manque d’idées pour séduire les électeurs, les candidats à l’élection municipale à Rennes multiplient les propositions pour améliorer le service de transports en commun géré par Keolis et régulièrement salué pour sa qualité. Des trambus au RER rennais en passant par l’allongement du métro, chaque candidat veut se distinguer. 20 Minutes tente de faire le tri.

Allonger le métro, séduisant mais coûteux

La première à dégainer l’idée de prolonger les deux lignes de métro a été Carole Gandon. La candidate de La République en marche souhaite «  faire sortir le métro de la rocade en commençant par desservir l’aéroport et le Parc des Expositions ». Un choix audacieux mais terriblement coûteux.

Dans une étude d’opportunités commandée par la métropole, un cabinet avait établi à 355 millions d’euros le coût d’un prolongement de la ligne B jusqu’à l’aéroport rennais. Le projet présente en plus l’inconvénient d’être long à mettre en place (12 à 14 ans selon cette même étude). « Ce serait totalement surdimensionné », estimait l’adjoint aux transports Jean-Jacques Bernard après l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. « Le métro est un choix historique pour Rennes. C’est une infrastructure lourde mais qui doit être portée par la métropole pour décongestionner la rocade », défend Carole Gandon, qui plaide également pour la création d’une « ligne de bus 360 » reliant les communes de la première couronne sans passer par Rennes.

Le tramway, l’autre solution

Il en fait l’un des axes de sa campagne. Candidat de la droite et du centre, Charles Compagnon croit beaucoup au tramway. Il propose la création de quatre lignes, dans le prolongement des quatre terminus du métro, Chantepie, Pacé et Thorigné-Fouillard. Le candidat souhaite également offrir un tramway jusqu’à Bruz en passant par l’aéroport et le parc-expo. Le tram est aussi plébiscité par le rockeur Frank Darcel, qui propose d’abord un prolongement aérien de la ligne A du métro vers Chantepie mais aussi trois lignes de tram vers Pacé, Saint-Grégoire et Saint-Jacques-de-la-Lande.

Le trambus, le moins coûteux

On les appelle trambus, tram sur roues ou bus à haut niveau de performance. Ces bus express circulant sur des voies dédiées ont la faveur des candidats de la majorité sortante. S’appuyant sur les résultats de l’étude d’opportunités, Nathalie Appéré plaide pour la création de cinq lignes de bus « connectées au métro » qui circuleront « d’ici cinq à sept ans » et permettront de relier les villes de la première couronne à Rennes. Un investissement global proche du milliard d’euros sur l’ensemble du mandat, selon la maire sortante.

Ses anciens alliés de la majorité semblent moins gourmands. Matthieu Theurier et les écologistes proposent aussi la création de lignes de trambus « sur des sites propres et sans rabattage dans la circulation, avec priorité aux carrefours ». La liste des Verts milite également pour la création d’un « RER rennais » en s’appuyant sur le réseau ferroviaire existant dans la métropole. C’est aussi l’idée d’Enora Le Pape et des Insoumis, qui veulent « favoriser l’intermodalité » en utilisant les structures existantes comme les gares de la Poterie et de Pontchaillou.

Quant au candidat du Rassemblement national Emeric Salmon, il plébiscite également de « développer des transports en dehors de la rocade » mais sans en préciser les moyens.

Des transports moins chers

Tous les candidats militent en faveur d’une réduction du coût des transports en commun. Emeric Salmon (Rassemblement national) propose la gratuité le samedi « pour encourager l’accès aux commerces de centre-ville ». La France insoumise milite pour la gratuité totale de l’ensemble du réseau. Les écologistes veulent y réfléchir et y travailler. Quant à Carole Gandon, Nathalie Appéré, Frank Darcel et Charles Compagnon, ils préfèrent offrir la gratuité ou baisser les prix des abonnements pour les plus jeunes et les étudiants.