Municipales 2020 à Nantes : L'avenir du tramway alimente les débats dans la campagne

PROGRAMMES (8/10) Suite de notre série consacrée aux propositions des candidats à l'élection municipale à Nantes. Aujourd'hui, le tramway

Frédéric Brenon

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Le tramway à la station Commerce, à Nantes (illustration).
Le tramway à la station Commerce, à Nantes (illustration). — F.Elsner/20Minutes
  • La plupart des candidats à la mairie veulent agrandir le réseau de tram.
  • Ils parlent aussi de fréquences et, surtout, de tarifs.
  • Les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars.

EDIT >> A l'occasion du premier tour des élections municipales, nous vous proposons de redécouvrir cet article publié le 3 mars et consacré aux propositions des candidats en matière de tramway

Mis en service en 1985, le réseau de tramway nantais est tout simplement le plus âgé des réseaux de tram modernes français. Il est aussi l’un des plus étendus et fréquentés. Quasiment figé depuis une extension de la ligne 1 à Ranzay en 2012, il pourrait de nouveau s’agrandir et se développer, à en croire les propositions des candidats à l’élection municipale. Mais ceux-ci sont loin d’être d’accord. Le point.

Des nouvelles lignes sur l’île de Nantes ?

Le projet figure au programme de Johanna Rolland (PS) mais a déjà été inscrit par Nantes métropole : deux nouvelles lignes de tram devraient être créées à l’horizon 2026 pour desservir le nouveau CHU de l'île de Nantes. L’une relierait le quai de la Fosse à la zone Atout-sud via le pont Anne-de-Bretagne et le pont des Trois-Continents. L’autre, plus petite, s’étirerait grosso modo du centre commercial Beaulieu à l’usine Beghin-Say. Vivement opposée au regroupement du CHU sur l’île, la candidate LR, Laurence Garnier, affiche aussi sa volonté de ne pas réaliser ces deux lignes de tram jugées « trop coûteuses ». Pour la même raison, Valérie Oppelt (LREM) imagine davantage des lignes de busway plutôt que du tramway à cet endroit.

D’autres extensions envisagées

Valérie Oppelt veut prolonger les lignes de tram actuelles « au-delà du périphérique » (ligne 1 à l’ouest, ligne 2 au nord, ligne 3 au sud). Laurence Garnier propose de réaliser enfin la jonction des lignes 1 et 2 à l’est de Nantes, via une traversée de l’Erdre par le pont de la Jonelière. Elle envisage aussi d’initier de nouvelles connexions entre les autres lignes de tramway, notamment à l’ouest de Nantes. Elle suggère aussi de prolonger la ligne 4 (e-busway) jusqu’au pont Saint-Mihiel pour qu’il se raccorde à la ligne 2.  Julie Laernoes (EELV) veut étudier la création de « quatre à six nouvelles lignes de tramway à l’horizon 2030 », sans indiquer précisément où. Elle souhaite également renforcer les fréquences, « notamment les soirs, week-ends et vacances scolaires ».  Margot Medkour (Nantes en commun) veut relier toutes les terminus de tramway par une ligne chronobus circulaire.

Vers des tarifs moins chers

Margot Medkour promet de rendre les transports collectifs gratuits pour les personnes gagnant moins de 1.600 euros par mois. Elle propose aussi la gratuité totale le soir après 20h. Hugo Sonnier (UPR) annonce, lui, la gratuité pour tous aux heures de pointe (7h-9h et 17h-19h). Johanna Rolland a fait savoir qu’elle voulait la gratuité le week-end et une baisse de 20 % du tarif des abonnements. Eleonore Revel (RN) veut, elle, baisser le prix de l’abonnement annuel TAN de 30 %. Julie Laernoes promet la gratuité pour les moins de 26 ans. Valérie Oppelt et Laurence Garnier se contentent de la gratuité jusqu’à 11 ans mais s’engagent à étendre la validité du ticket à 2h (1h aujourd’hui) en plafonnant le tarif à 1,50 euro. Riwan Chami (NPA) défend une « gratuité totale pour tous » des transports.  Nicolas Bazille (Lutte ouvrière) réclame des « transports en commun pour tous » financés par « les plus riches et les grandes entreprises ».

Et le métro, c’est possible ?

Johanna Rolland et Valérie Oppelt se sont engagées à « étudier la faisabilité d’un métro » souterrain. Le coût du projet reste toutefois un sérieux obstacle. Valérie Oppelt va plus loin en soutenant l’idée d’un métro aérien automatique de type VAL qui circulerait autour de Nantes « à la manière du périphérique ». Peu convaincue, Julie Laernoes défend plutôt l’idée d’un « train express du quotidien » sur les voies ferrées existantes. Laurence Garnier aimerait un « chemin de fer urbain » de type TER reliant Chantenay à la gare de Nantes.