Municipales 2020 à Toulon : Des opposants à Hubert Falco saisissent le préfet

POLITIQUE Quatre opposants d’Hubert Falco aux municipales de Toulon, allant du RN à LREM, saisissent le préfet pour « garantir l’authenticité du scrutin »

20 Minutes avec AFP

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Hubert Falco en 2015
Hubert Falco en 2015 — DOMINIQUE FAGET / AFP
  • La tension monte d’un cran à Toulon, à quelques semaines des municipales.
  • Les opposants d’Hubert Falco ont saisi le préfet car ils craignent pour l’authenticité du scrutin.
  • Ces craintes se fondent sur une enquête du Monde Diplomatique sur la gestion de la ville par Hubert Falco.

La campagne pour les municipales s’est nettement tendue vendredi à Toulon, où quatre opposants au maire LR Hubert Falco, de LREM​ au RN, ont demandé au préfet de « prendre toutes les dispositions » pour « garantir l’authenticité du scrutin », qu’ils estiment menacée.

Ces quatre têtes de liste, la députée La République en marche (LREM) Cécile Muschotti, les candidats Amaury Navarranne (Rassemblement national), Olivier Lesage (liste « Oxygène Toulon ») et Vincent Maurel (liste « Mon parti, c’est Toulon ») ont remis cette lettre après la parution d’une enquête dans Le Monde Diplomatique de mars sur la gestion de la ville dirigée par Hubert Falco depuis 18 ans.

Soupçon de corruption

Ce dernier, candidat à sa réélection, a fait savoir dans une réponse à l’AFP qu’il n’avait « pas à commenter des gesticulations de politique politicienne de caniveau » et qu’il avait « entamé lui-même, il y a quelques semaines, une procédure judiciaire contre l’ensemble des allégations mensongères qui émaillent cette campagne ». Il « ne doute pas que la justice rétablira la vérité ».

Dans leur article, les journalistes ont recueilli les affirmations d’habitants qui disent avoir obtenu leur HLM en corrompant une représentante d’association de locataires qui siège dans les commissions d’attribution, ce que cette dernière nie. Sur ce point, le parquet de Toulon a confirmé avoir reçu une dénonciation du préfet du Var et ouvert une enquête préliminaire.

Une votante décédée au moment du scrutin

Le procureur a ajouté que la justice « va s’intéresser » à d’autres faits révélés par l’article : les témoignages de dix habitants d’un quartier périphérique qui assurent ne pas être allés voter au second tour des législatives de 2017, alors que la liste d’émargement est signée en face de leur nom. Le mensuel affirme également qu’une onzième personne est présentée comme votante alors qu’elle était en prison à l’époque et est décédée depuis.

Une procédure judiciaire « doit se mettre en œuvre en toute impartialité et dans le plus grand respect du droit, et notamment de la présomption d’innocence, pour rétablir la vérité », écrivent les candidats au préfet. Pour les municipales de mars, ils lui demandent de prendre « toutes les mesures propres à assurer (…) que le déroulé des opérations électorales se fera dans les conditions requises pour un scrutin digne de notre République ».

En clair, ces têtes de listes souhaitent par exemple le déploiement de « commissaires enquêteurs » électoraux par la préfecture, ou empêcher des fonctionnaires municipaux de tenir des bureaux de vote, ont expliqué à l’AFP deux d’entre eux, Amaury Navarranne et Cécile Muschotti. « On veut des garanties claires pour empêcher des fraudes électorales », a expliqué cette dernière.