Municipales 2020 à Nantes : Entre anecdotes et clash, cinq candidates se livrent sur l’égalité femmes-hommes

FEMINISME Un débat a réuni cinq candidates à la mairie de Nantes, jeudi soir

Julie Urbach

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Johanna Rolland, Valérie Oppelt, Margot Medkour, Julie Laernoes et Laurence Garnier, candidates à la mairie de Nantes
Johanna Rolland, Valérie Oppelt, Margot Medkour, Julie Laernoes et Laurence Garnier, candidates à la mairie de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • A Nantes, pas moins de six candidates briguent le fauteuil de maire.
  • Une configuration idéale pour un débat sur l’égalité hommes-femmes, qui s’est tenu jeudi soir à l’initiative de l’espace Simone-de-Beauvoir.

Un casting inédit. Alors que dans de nombreuses villes, on ne trouve pas ou peu de femmes parmi les candidats à l'élection municipale, elles ne sont pas moins de six à Nantes à briguer le fauteuil de maire. Une aubaine pour l’espace Simone-de-Beauvoir, qui a invité cinq d’entre elles, jeudi soir devant une salle comble de la Manufacture des tabacs, à détailler leur vision de l'égalité femmes-hommes. Entre anecdotes sexistes et « visions diamétralement opposées », voilà ce qu’il faut retenir.

Le féminisme, une histoire de famille(s)

Avant des échanges plus houleux, les cinq candidates présentes (Eléonore Revel, du Rassemblement national, n’avait pas été conviée) se sont rejointes sur un point : oui, elles se considèrent toutes comme féministes. Pour beaucoup, ce combat est une histoire de famille. « Plus jeune, mon père m’avait dit : sois indépendante, financièrement mais aussi dans l’esprit, raconte Johanna Rolland (PS). J’ai grandi avec ce féminisme au cœur. » « J’éduque mes trois garçons à l’être », assure Valérie Oppelt (LREM), engagée dans des réseaux d’entreprenariat au féminin avant de se lancer en politique.

Julie Laenoes (EELV), dont l’arrière grand-mère fut la première femme à jouer dans un orchestre, s’est rendue compte des discriminations à « l’arrivée dans le marché du travail et dans le monde politique ». « Je me rappelle, après l'affaire Baupin, un vice-président s’était approché de moi puis s’était vite reculé en me disant : tu es une femme chez les Verts, tu vas me dénoncer ! »

Quelle place pour les femmes à Nantes ?

Si toutes s’accordent à dire que les choses bougent, elles estiment qu’il reste encore du chemin à parcourir pour que les femmes trouvent leur place dans la société. Pour Laurence Garnier (Les Républicains), qui a élaboré une charte pour l'égalité hommes-femmes quand elle travaillait dans l’industrie automobile, « la priorité des priorités est la question des violences faites aux femmes ». D’autres candidates s’interrogent sur leur place dans l’espace public. « Etre une femme à Nantes, c’est vivre dans une ville faite par et pour les hommes », estime Margot Medkour, de Nantes en commun. Elle cite comme exemples « l’installation de city stades », le « manque de toilettes publiques », ou encore les trottoirs « trop étroits pour le passage d’une poussette ».

Comment changer les choses ?

Si la maire sortante défend son bilan, et notamment l’ouverture du centre Citad'elles, ses adversaires estiment qu’il faut aller plus loin, et sur tous les aspects. Le volet sécurité a évidemment été évoqué, avec la proposition partagée d’une formation des policiers municipaux à la question des outrages sexistes, voire de la création d’une brigade de policières. Pour Margot Medkour, il faudrait aussi créer un centre d’accueil pour les auteurs de violences, pour éviter les récidives.

Si Julie Laernoes promet un accès facilité à la garde d’enfants pour les femmes en situation de précarité, Valérie Oppelt prévoit de son côté « 700 nouvelles places en crèche » avec des horaires élargis. Johanna Rolland souhaite que « Nantes devienne la première ville non sexiste d’ici à dix ans ». Toutes s’engagent à se mobiliser sur la question de l’emploi, et d’abord parmi les agents de la ville.

Un clash autour de la PMA

Après quelques prises de bec, notamment entre Valérie Oppelt et Johanna Rolland (alias « la candidate du gouvernement » et « la candidate de François Hollande » comme elles se surnomment), c’est sur le thème de la PMA, soulevé par une question dans le public, que les esprits se sont échauffés. Proche de la Manif pour tous, Laurence Garnier a dû justifier sa position sous les huées, estimant que « c’est très dur pour ces enfants de ne pas connaître leurs origines ». « Nos convictions sont diamétralement opposées, a répondu Johanna Rolland. Madame Garnier, vous me trouverez toujours en face de vous pour combattre ces conservatismes. »