Municipales 2020 à Paris : « Buzyn dit la buse », la « blague » au meeting d’Hidalgo qui passe moyen

NOM D'OISEAU « Buzyn dit la buse », un surnom lancé lors du meeting d’Anne Hidalgo, mercredi, qui n’est pas du tout passé dans les rangs LREM

R.L.

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L'humoriste Christophe Alévêque au meeting d'Anne Hidalgo ce mercredi soir.
L'humoriste Christophe Alévêque au meeting d'Anne Hidalgo ce mercredi soir. — SIPA PRESS
  • « Se servir d’un "humoriste" pour critiquer bassement ses adversaires est indigne du débat démocratique », a déploré le directeur de campagne d’Agnès Buzyn.
  • « Immédiatement après l’intervention de Christophe Alévêque, j’ai réagi, sur scène, et rappelé que nous n’attaquons pas les personnes, ni ne faisons huer nos concurrents et j’ai appelé au respect de l’ensemble des candidat.e.s », a réagi Audrey Pulvar, soutien de la maire sortante.

Après Marie s'Infiltre (qui n'était pas invitée) au meeting de Cédric Villani, c’est au tour de Christophe Alévêque (qui était invité) au meeting d’ Anne Hidalgo de se faire remarquer. L’humoriste était chargé de « chauffer la salle », note RMC, avant la prise de parole de la candidate et maire sortante, ce mercredi soir à l’Elysée Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris, devant près d’un millier de soutiens, d’élus et de têtes de liste.

« Je ne sais pas vous, mais moi, Griveaux me manque. Il mettait l’ambiance, il avait une idée à la con par jour. Heureusement, rassurez-vous, Villani a pris le relais », s’est exclamé Christophe Alévêque sur scène après avoir moqué notamment Rachida Dati et les militants de « boboland » d’Anne Hidalgo : « Il y a des socialistes dans la salle ? Il en reste 4, ils arrivent à se diviser en 3 ». Il n’a pas hésité aussi à tacler les écologistes. « Le problème avec les écolos c’est que dès qu’ils font un bon score ils se sentent plus pisser et après ils se pissent dessus », a lancé l’humoriste.

« Mais revenons à Agnès Buzyn dit la buse, c’est gentil j’aurais pu faire pire, qui a voté pour Anne Hidalgo en 2014 […]. Peut-on fait lui faire confiance ? », a-t-il balancé sur scène. Un surnom qui n’est pas du tout passé dans les rangs LREM.

« Humour bas de gamme et misogyne »

« Dans la société du ricanement, des responsables politiques agrémentent leurs meetings d’interventions d’humoristes. C’est pratique, on peut faire insulter les opposants tout en gardant les mains propres et en cas de protestation, on peut dégainer le point Coluche du débat », a réagi sur Twitter, Marlène Schiappa, candidate dans le 14e arrondissement. « Humour bas de gamme et misogyne. Inattendu et décevant de la part de l’équipe de Paris en Commun et Anne Hidalgo », a de son côté affirmé Gaspard Gantzer, tête de liste dans le 6e arrondissement.

« Vous ne verrez jamais Agnès Buzyn faire intervenir un « humoriste » pour se moquer ni de ses adversaires, ni de ses militants Car oui c’est une femme bienveillante et sérieuse », a aussi indiqué sur le réseau social Ramona Radu, sur la liste du 16e arrondissement. Enfin, Paul Midy, le directeur de campagne d’Agnès Buzyn a déploré cette intervention. « Anne Hidalgo, se servir d’un "humoriste" pour critiquer bassement ses adversaires est indigne du débat démocratique. Je vous encourage vivement à plus de dignité dans la suite de la campagne. Les Parisiens méritent mieux, parlons projets ! ».

Audrey Pulvar a immédiatement tenté d’éteindre le feu. « Vous avez trouvé un os à ronger, faites vous plaisir ! Immédiatement après l’intervention de Christophe Alévêque j’ai réagi, sur scène, et rappelé que nous n’attaquons pas les personnes, ni ne faisons huer nos concurrents et j’ai appelé au respect de l’ensemble des candidat.e.s ».

Notre dossier Municipales 2020

Faire « un Paris écologique et solidaire », poursuivre la politique de logement, diminuer la place de la voiture, végétaliser la ville… La maire PS sortante a ensuite lors de son premier meeting de campagne égrené les principales mesures de son programme. A l’occasion de cette soirée, ses lieutenants ont également pris le temps de tacler les annonces ou les postures des principales adversaires d’Anne Hidalgo, moquant « le conservatisme » de Rachida Dati ou « l’absence de programme d’Agnès Buzyn ».