Municipales 2020 à Toulouse : Ce (cher) métro s’impose en costaud

PROGRAMME (6/7) « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Toulouse. Aujourd’hui, les grandes infrastructures de transport

Hélène Ménal

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Vue d'artiste des rames de la 3e ligne de métro de Toulouse sur un viaduc.
Vue d'artiste des rames de la 3e ligne de métro de Toulouse sur un viaduc. — Tisséo Collectivités
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes aborde un thème de la campagne. Aujourd’hui, les grandes infrastructures de transport.
  • A Toulouse, c’est métro, métro, métro. Peu de candidats contestent le projet du maire sortant de construire une nouvelle ligne entre Labège et Colomiers.
  • Des challengers contestent toutefois la date annoncée de 2025 et aimeraient infléchir sa trajectoire pour qu’elle desserve l’aéroport.
  • Seule l’idée d’un RER ferroviaire rivalise avec la « métromania ».

Si vous voulez le métro, votez bien. C’est en substance ce que Jean-Luc Moudenc (LR, soutenu par LREM), le maire de Toulouse, s’échine à expliquer de vive voix, ou en postant des vidéos. Cette propension à transformer l’élection municipale en référendum sur la construction d’une troisième ligne de métro est exagérée. Parce que tout le monde est désormais converti à ce projet, populaire.  Evoqué pour la première fois par l'édile sortant lors de sa campagne 2014, il doit permettre martèle ce dernier «d'enlever 90.000 véhicules par jour de la rocade».

Et dans une ville où les habitants perdent en moyenne six jours par an dans les bouchons, rares sont les challengers qui osent remettre en question cette infrastructure, longue de 22 km et reliant Colomiers à Labège via la gare Matabiau.

« Nous sommes pour ce projet parce que nous sommes pour améliorer l’alternative aux transports individuels », indique l’écologiste Antoine Maurice (Archipel citoyen), dont les troupes étaient les plus sceptiques au départ. Comme « il n’y a pas eu de grand projet d’infrastructure durant ce mandat », le candidat ne veut pas stopper le métro même s’il nourrit des doutes sur la date de mise en service, 2025, avancée par l’équipe en place. Et il n’est pas le seul. Franck Biasotto (dissident, soutenu par le MoDem) parle carrément de « mensonge » et table sur 2029.

Le hic de la desserte de l’aéroport

L’autre critique générale sur la ligne Toulouse Aerospace Express (TAE), estimée à 2,7 milliards, est qu’elle tangente sans le desservir l’Aéroport Toulouse-Blagnac. « C’est une ineptie », assure Pierre Cohen (Génération. s). L’ex-maire de Toulouse est le seul, avec le NPA, à ne pas valider la TAE. « Le temps presse, dit-il. L’alternative à la voiture, notamment pour les habitants qui viennent de la périphérie et se retrouvent dans les embouteillages de la rocade est une urgence à laquelle ce projet ne répond pas ».

Il préfère s’enthousiasmer pour le « RER toulousain ». L’idée est d’utiliser l’étoile des voies SNCF qui rayonnent depuis Matabiau pour desservir avec régularité des petites gares dans les faubourgs. Même si la Région, autorité organisatrice en la matière, ne semble pas très chaude, les candidats valident ce grand projet. Ils ont tous signé le manifeste du collectif « Rallumons l’Etoile », à l'exception de Jean-Luc Moudenc.

D’autres prolongements dans les tuyaux

Métro ou RER, sauf à être irréaliste, il n’y aura pas beaucoup de place pour autre chose. C’est pourquoi les candidats défendent des projets bonus plus modestes. Le prolongement du tramway du Palais de Justice à Matabiau via le Canal du Midi, stoppé par le maire actuel, ressurgit chez son inventeur, Pierre Cohen, mais aussi chez Archipel et Quentin Lamotte (RN). Nadia Pellefigue (PS, PRG, PCF) défend, elle, l’idée originale de bâtir aux entrées de la ville des « Portes de Toulouse, pour que les personnes qui souhaitent entrer [en ville] puissent laisser leur voiture dans des parkings végétalisés (…) et prendre les transports en commun », avec une navette circulaire sur la rocade pour relier ces hubs.

Enfin, la métromania est si forte à Toulouse qu’elle n’en finit jamais. Si elle est élue, Nadia Pellefigue veut lancer « une étude pour le prolongement de la ligne A vers l’Union et vers Portet-sur-Garonne via Saint-Simon ». Quentin Lamotte envisage de prolonger la ligne A vers l’Union et Tournefeuille, et la ligne B vers Aucamville. « Sans étude de coût et de fréquentation, ce n’est pas sérieux », tacle Jean-Luc-Moudenc qui surnomme au passage Quentin Lamotte « l’Homme qui valait 11 milliards ».