Municipales 2020 : « Je privilégie la campagne aux études en ce moment », témoigne le plus jeune maire de France

INTERVIEW A 25 ans, il est le plus jeune maire de France. Rémy Dick a été élu il y a trois ans à Florange. « 20 Minutes » l’a interrogé sur son rapport aux jeunes et à la jeunesse

Nils Wilcke

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A 25 ans, Rémy Dick, maire de Florange est aussi le plus jeune maire de France.
A 25 ans, Rémy Dick, maire de Florange est aussi le plus jeune maire de France. — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
  • A près de deux semaines du premier tour des élections municipales, « 20 Minutes » a lancé une enquête pour demander à sa communauté  #MoiJeune, quelles étaient leurs attentes et les questions prioritaires que les candidats devront traiter.
  • Rémy Dick pourrait en faire partie. Mais lui est déjà maire depuis trois ans. Elu à seulement 22 ans à la tête de la ville de Florange, en Moselle, il en a aujourd’hui 25 et est le plus jeune maire de France.
  • « Je pense que quand on est plus jeune, on a une écoute et une attention différente. Mais on sait aussi très bien que "le jeune", c’est plus un terme générique et un concept vague qui recouvre des réalités très différentes », déclare-t-il.
  • « Il m’a bien fallu deux ans pour rentrer dans le costume de maire aux yeux de mes concitoyens », reconnaît l’édile sans étiquette qui fait campagne pour un nouveau mandat.

C’est le maire le plus jeune de France. Rémy Dick a été élu à seulement 22 ans à la tête de la ville de Florange, en Moselle. A 25 ans aujourd’hui, il pourrait faire partie de la communauté #MoiJeune de 20 Minutes. Ceux-ci, en partenariat avec l’institut de sondage Opinion Way, ont été sollicités pour une enquête* afin de connaître les thématiques que les candidats à l’élection devront, selon les 18-30 ans, traiter en priorité. Ce dispositif a permis de recueillir  plus de 300 questions.

En campagne pour un nouveau mandat aux municipales sans étiquette, 20 Minutes a interrogé rémy Dick sur son rapport aux jeunes et à la jeunesse, ses études et ses rapports avec ses administrés.

Etre un maire jeune permet-il d’être plus en prise avec les attentes de la jeunesse ?

Je pense que quand on est plus jeune, on a une écoute et une attention différente. Mais on sait aussi très bien que « le jeune », c’est plus un terme générique et un concept vague qui recouvre des réalités très différentes. Il y a des jeunes diplômés, d’autres non-diplômés, certains adorent l’opéra, d’autres pas… Les jeunes ne sont pas une réalité monolithique.

Sentez-vous un intérêt des jeunes de Florange pour les thématiques environnementales, que notre communauté #MoiJeune plébiscite pour les municipales ?

Florange est un territoire industriel avec 4.000 emplois dans ce secteur, dont 2.200 rien que pour la cokerie ArcelorMittal. Les questions de pollutions de l’air, de l’eau, etc. sont très importantes dans le débat public de la commune. Mais les habitants veulent surtout faire évoluer leur cadre de vie. Lors des Européennes, nous avons été touché par le vote écolo [la liste Europe Ecologie a fait 10,68 %], ce qui montre que les jeunes se sont mobilisés et portent un intérêt particulier pour ces questions, car ils sont en général plus attentifs à cette thématique.

Vous êtes également étudiant, comment gérez-vous votre cursus avec vos fonctions de maire ?

Je me suis relancé dans des études en Histoire à la Sorbonne à Paris pour compléter mon cursus initial à Sciences-Po. Je projette de faire l’ENA, donc il me faut une solide culture générale. Je le dis : être maire et faire des études, c’est possible. Tout est question d’organisation. Cela dit, je dois reconnaître qu’avec les élections municipales, j’atteins mes limites. Je privilégie donc la campagne aux études pour le moment.

Comment êtes-vous perçu par vos interlocuteurs, est ce qu’il est arrivé qu’on ne vous prenne pas au sérieux en raison de votre jeune âge ?

De façon générale, j’entretiens de bons rapports avec les élus. Du côté de la population, c’est une autre histoire. Il m’a bien fallu deux ans pour rentrer dans le costume de maire aux yeux de mes concitoyens. Comme je dis toujours : le costume est taillé large. Les six premiers mois, je n’ai pas forcément été pris au sérieux non plus par les employés municipaux et les associations. J’ai dû faire mes preuves pour faire accepter mon leadership. Mais j’ai depuis prouvé que j’ai du bagage. J’ose le dire : le mandat de maire est le mandat politique le plus intéressant.

*Etude #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay, réalisée en ligne du 4 au 6 février 2020 auprès d’un échantillon représentatif de 558 jeunes âgés de 18 à 30 ans (méthode des quotas).