Municipales 2020 à Nice : Pas assez de militants, la liste Nice écologique embauche des CDD pour ses tractages

PROPAGANDE ELECTORALE Une vingtaine de personnes ont été recrutées jusqu'au 20 mars

Jonathan Hauvel
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Les tracteurs salariés de Nice écologique ont des contrats à temps partiel de 15 heures par semaine, soit trois heures de distribution par jour
Les tracteurs salariés de Nice écologique ont des contrats à temps partiel de 15 heures par semaine, soit trois heures de distribution par jour — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Une photo d'un salarié de Nice écologique posant avec Marine Le Pen, lors de son passage à Nice la semaine dernière, avait déclenché une brève polémique. Il s'agissait en réalité d'une blague.
  • Au total, plus de 20 salariés distribuent des tracts, à temps partiel, sur les places publiques de la capitale azuréenne.
  • Jean-Marc Governatori, tête de liste de Nice écologique, souhaite ainsi se retrouver face au maire sortant Christian Estrosi au second tour des élections municipales.

L’image de ce distributeur de tracts de Nice écologique en train de prendre un selfie avec Marine Le Pen lors de son passage dans la capitale azuréenne, la semaine dernière, avait interpellé.

Dans un extrait de la conversation WhatsApp, on peut s’apercevoir qu’il s’agissait en réalité d’une blague à destination de ses homologues de « l’équipe terrain ». « Jais (sic) réussi à convaincre une blonde de voter pour nous lol », écrivait maladroitement celui qui a conservé son poste.

Une mini-entreprise de campagne

Au-delà du débat qu’il a suscité, cet acte a permis de faire la lumière sur le travail de « tracteur » rémunéré. Au sein de la liste qui recevra le soutien du député européen EELV Yannick Jadot ce mercredi, devant le palais de justice de Nice, une vingtaine de CDD ont été proposés à des personnes à la recherche d’un emploi, dont certains au RSA. « On a reçu une soixantaine de CV, précise Julien Lopez, coordinateur de l’équipe terrain. J’ai surtout cherché à donner du travail à des gens sensibles à la cause et qui avaient besoin d’un salaire. »

Salariés depuis début janvier jusqu’au 20 mars, les distributeurs sont payés au Smic et ont pour mission d’aller à la rencontre des Niçois sur les places publiques. « Ça me plaît de faire travailler des gens. Créer de l’emploi, c’est dans mon ADN », lance Jean-Marc Governatori, tête de liste de Nice écologique.

En ce qui concerne le coût de l'opération, l'ex-directeur des magasins Fly, Basika et Planet Wood déclare avoir budgété 70.000 €, « financés par apport personnel ».

Pallier la diminution du nombre de militants

Cette initiative répond surtout à une baisse de la mobilisation des militants. « En 2014, il pouvait y en avoir 200. Aujourd’hui, nous en avons une quarantaine qui font ça dès qu’ils le peuvent, c’est-à-dire le week-end quand ils ne travaillent pas », déclare-t-on en interne.

« Dans une ville de près de 350.000 habitants, vous ne pouvez pas faire qu’avec des bénévoles, ajoute Jean-Marc Governatori. Étant donné l’enjeu colossal que cette élection représente, on s’est donné les moyens de réussir. »

« Atteindre 20 % au premier tour »

Grâce à ce choix, la liste née de l’union de l’Alliance écologiste indépendante (AEI) et d’Europe Écologie – Les Verts (EELV) espère « atteindre 20 % des voix au premier tour » grâce à un savant calcul.

Faisant référence à un récent sondage, la tête de liste explique : « Si on compte avec les intentions de vote de la liste de Christian Razeau [du Parti animaliste et MAHN qui a rejoint Nice écologique ce week-end], ça nous met à 16,5 % et il y a encore 100.000 abstentionnistes à gagner ».