Municipales 2020 à Toulouse : Le déménagement des sites Seveso de Fondeyre s’invite dans la campagne

MUNICIPALES Le comité de quartier des Minimes-Barrière-de-Paris organise une réunion ce mercredi où les candidats seront amenés à se positionner sur le déménagement des deux établissements Seveso. 

Béatrice Colin

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Site pétrolier de Fondeyre à quelques kilomètres seulement du centreville. 20/09/2011 Toulouse
Site pétrolier de Fondeyre à quelques kilomètres seulement du centreville. 20/09/2011 Toulouse — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES
  • Le déménagement de deux établissements classés Seveso seuil haut, installés dans le quartier Fondeyre, est régulièrement demandé par les riverains et les collectivités.
  • Le comité de quartier Minimes-Barrière de Paris demande aux candidats aux municipales de se positionner sur cette question lors d’une réunion ce mercredi.
  • Le Plan de prévention des risques technologiques des deux sites, pris par arrêté préfectoral, fait l’objet de recours devant la justice administrative.

En septembre dernier, un feu de batteries se déclarait dans un hangar de stockage de la société STCM, dans le quartier toulousain de Fondeyre. Près de trois mois plus tard, à quelques centaines de mètres de là, trois wagons d’un train transportant du carburant déraillaient alors qu’il se rendait sur le  dépôt pétrolier Esso. Le point commun entre ces deux sites ? Ils font partie des 744 établissements classés Sevevo seuil haut en France et une majorité de riverains aimeraient les voir déménager ailleurs.

Pour connaître l’avis des candidats aux municipales de Toulouse sur cette question, le  comité de quartier Minimes-Barrière de Paris organise une réunion ce mercredi soir. « Il y a eu trois départs de feu ces derniers mois à la STCM malgré toutes les procédures de sécurité mises en place. C’est une boîte d’allumettes, le risque est là et à quelques mètres de là se trouvent les wagons d’hydrocarbure d’Esso. Quant au déraillement, cela aurait pu être plus grave », relève Serge Baggi, son président.

Cinq mois après l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen et plus de dix-huit ans après l’explosion de l’usine AZF, le déménagement semble faire consensus, aucun candidat ne joue la carte du maintien de cette zone Seveso à 5 kilomètres à vol d’oiseau du Capitole.

En janvier, Ségolène Royal, encore ambassadrice des pôles, s’est même rendue sur place aux côtés de la candidate socialiste Nadia Pellefigue pour dire qu’elle appuierait cette demande.

Demande récurrente des collectivités

Et ce n’est pas le maire sortant, Jean-Luc Moudenc (LR, soutenu par LREM) qui la contredira. La métropole toulousaine qu’il préside a déposé une requête en annulation du plan de prévention des risques technologiques (PPRT) adopté en juin 2017 par arrêté préfectoral et qui fixe les règles d’urbanisme dans un certain périmètre en fonction des risques. Un recours devant la juridiction administrative aussi porté par le conseil départemental.

En 2008, un premier plan de prévention des risques technologiques du dépôt pétrolier avait été élaboré. Mais attaqué, il a été invalidé. Mettant en avant l’intérêt stratégique du dépôt qui, avec une capacité de stockage de plus de 35.000 m3, permet d’alimenter toute l’agglomération en carburant, les services de l’Etat en ont donc décidé d'en rédiger un nouveau.

L’un des autres arguments au maintien sur place est le coût estimé du déménagement du dépôt pétrolier. Dans une étude datant de 2008, l’industriel et les services des domaines l’avaient chiffré à 25 millions d’euros. Un financement pour lequel aucune piste n’est avancée et sur lequel il faudra se pencher relève le maire sortant.

Dans l’attente d’une étude de faisabilité

Par contre, le PPRT de 2017 prévoyait que l’Etat lance une étude sur la faisabilité du déménagement. Ce qui n’a toujours pas été fait confirment les services de la préfecture.

« En attendant, on continue à gagner des habitants chaque année et on rate des opportunités de trouver un site pour repositionner le dépôt. Sans compter qu’il y a des projets d’urbanisation autour du site, notamment l’arrivée d’une station de métro. Ils jouent la montre, nous, on joue la sécurité et on ne lâchera pas », tranche Serge Baggi qui attend patiemment les résultats de l’enquête sur le déraillement des wagons.