Municipales 2020 à Lille : Policiers et caméras supplémentaires...Martine Aubry muscle son programme sécuritaire

MUNICIPALES La maire sortante, candidate à sa réelection, a présenté son programme sur la sécurité

Francois Launay

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Martine Aubry, la maire de Lille
Martine Aubry, la maire de Lille — AFP
  • Martine Aubry a présenté ses propositions de campagne sur la sécurité ce jeudi.
  • Augmentation des effectifs de la police municipale, plus de vidéosurveillance, le programme de la maire sortante se veut plus sécuritaire.
  • Même si la maire de Lille assure ne pas avoir changé de philosophie dans ce domaine

« Le trafic de drogue a explosé ». Maire de Lille depuis 2001, Martine Aubry reconnaît que dans ce domaine, la situation est pire qu’à son arrivée aux commandes du beffroi. Avec la baisse de contrôles aux frontières et dans les ports du Nord de l’Europe, Lille est plus que jamais devenue la porte d’entrée de la drogue du Nord de la France.

Un fléau contre lequel la maire sortante entend lutter encore plus efficacement en cas de réélection pour un quatrième mandat. Si « Lille n’est pas Chicago » en termes de délinquance, comme le reconnaît Jean-Claude Menault, ex-directeur départemental de la sécurité publique du Nord (DDSP) et désormais présent sur la liste d'Aubry, le programme sécuritaire de la maire sortante a été clairement musclé.

50 policiers municipaux supplémentaires

Ce jeudi, la candidate a présenté ses propositions. Parmi les mesures phares figure l’augmentation des effectifs de la police municipale. Cinquante agents supplémentaires vont ainsi être embauchés pour faire passer le nombre de policiers municipaux de 120 à 170. Et pour accueillir tout ce monde, un hôtel de police municipal sera créé dans les murs de l’ancienne école Recamier.

Une police du cadre de vie sera aussi mise en place et aura notamment à traiter la question sensible de la vie nocturne. Par contre, il n’est toujours pas question d’armer les policiers municipaux de pistolets.

« Je refuse de doter d’armes létales la police municipale », martèle Martine Aubry comme un mantra. Sur cette question, la maire de Lille n’a pas changé d’un iota depuis 2001. C’est un peu différent sur la vidéoprotection. Si 6.547 caméras de surveillance sont disséminées dans toute la ville, l’immense majorité n’appartient pas à la ville de Lille (commerces, bailleurs sociaux, métros, particuliers…).

De nouvelles caméras de surveillance dans plusieurs quartiers

Jusqu’en 2014, Martine Aubry refusait même d’en implanter. Depuis, huit caméras ont été installées, toutes dans la rue Jules Guesde située dans le quartier Wazemmes où le trafic de drogue pullulait. Cette première ne restera pas sans suite en cas de réélection.

Dans son éventuel quatrième mandat, Martine Aubry ajoutera des caméras de surveillance dans des quartiers comme la gare, le secteur Massena-Solferino ou encore la rue de Béthune. Une question de pragmatisme pour la maire sortante qui réfute tout changement de philosophie.

« Je n’ai jamais changé de philosophie », assure Martine Aubry

« Je n’évolue pas. Le premier rôle de la caméra c’est de pouvoir démontrer là où il y a des endroits en difficulté. Il faut mettre de la vidéoprotection là où c’est utile, là où on doit dissuader comme dans les rues commerçantes ou près de la gare. Je suis contre la vidéo surveillance tous les 30 mètres, c’est inutile. Mais les caméras servent dès lors que les lieux sont bien choisis », justifie la maire de Lille.

Aujourd’hui, le nombre de caméras supplémentaires n’est pas encore fixé. Une chose est sûre : un centre de vidéosurveillance urbaine sera installé dans le futur hôtel de police municipal et fonctionnera 24/24. La politique sécuritaire lilloise a bien évolué depuis 2001.