Municipales 2020 à Lyon : Quelles solutions pour pallier le manque criant de piscines à Lyon ?

PROGRAMME (5/7) « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Lyon. Aujourd’hui, la problématique des piscines

Jérémy Laugier

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Le centre nautique Tony Bertrand (ex-piscine du Rhône), l'arbre qui cache la forêt à Lyon?
Le centre nautique Tony Bertrand (ex-piscine du Rhône), l'arbre qui cache la forêt à Lyon? — Laurent Cipriani/AP/SIPA
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque semaine, 20 Minutes aborde un thème de la campagne. Aujourd’hui, nous nous penchons sur la problématique des piscines.
  • Quasiment tous les candidats sont conscients de l’enjeu que représente le manque évident de piscines à Lyon.
  • Pour parvenir à améliorer cette offre lors du prochain mandat, ils ne proposent pas que des constructions de nouveaux équipements pérennes, mais aussi des bassins temporaires en bord de fleuves ou une ouverture des neuf piscines lyonnaises l’été (contre cinq actuellement).

Une piscine pour environ 85.000 habitants l’hiver et même une pour plus de 100.000 habitants l’été. Voici le quotidien des Lyonnais, qui déplorent depuis longtemps un manque criant de structures nautiques dans la troisième plus grande ville de France. « Le plan piscine n’a jamais été honoré », pointe le Républicain Etienne Blanc, qui brigue la mairie de Lyon. 20 Minutes vous dévoile les solutions évoquées par les différents candidats pour les municipales sur cet enjeu majeur.

Malgré la courte liste de cinq piscines ouvertes au grand public l’été et six l’hiver à Lyon intra-muros, Agnès Marion (RN) ne souhaite clairement pas faire construire de nouveaux équipements. Eric Lafond, qui vient de s’allier au centriste Denis Broliquier, refuse lui aussi d’évoquer un « plan piscine » : « Il faut faire preuve de sobriété dans les investissements et optimiser les infrastructures existantes ». Mais à ses côtés, Denis Broliquier prévoit tout de même la création d’un immeuble sportif de quatre étages à Confluence (Lyon 2e), comprenant notamment une fosse de plongée et un bassin de nage.

« Aujourd’hui, construire et gérer une piscine coûte une fortune »

Il tient aussi à ajouter un premier onsen (bain thermal japonais) dans l’enceinte d’un bassin nautique lyonnais, ainsi qu’à « installer des bassins nature temporaires l’été sur la Saône ». « Aujourd’hui, construire et gérer une piscine coûte une fortune, estime-t-il. Là, le prix sera bien plus mesuré, d’autant que la solution ne sera que temporaire. »

Etienne Blanc partage cette idée de « piscines provisoires posées sur le Rhône ou la Saône l’été ». « Un système d’infiltration permet de nettoyer les eaux du fleuve pour que les baigneurs y nagent sans risque », indique le candidat LR, estimant un coût annuel de 300.000 euros par an grâce à ce procédé.

L’option des complexes multisports

Les autres candidats sont favorables à des investissements plus pérennes. C’est le cas de Nathalie Perrin-Gilbert (Lyon en commun), qui souhaite « augmenter de manière significative le nombre d’équipements sportifs » sur Lyon, le tout en s’appuyant sur les besoins des mairies d’arrondissements. Plus précise, Sandrine Runel (PS) part sur deux nouveaux « complexes sportifs » à venir durant le prochain mandat, un à l’est et l’autre à l’ouest de la ville.

« Ce seront des complexes multisports qui cumulent plusieurs fonctions : gymnases, terrains et piscines. » Elle souhaite « une tarification sociale, afin que ces lieux soient accessibles à tous ». Donc pas de ticket d’entrée à 8 euros comme c’est le cas l’été au centre nautique Tony Bertrand (ex-piscine du Rhône). Grégory Doucet (EELV) promet pour sa part la construction de deux piscines, qu’il prévoit dans le 8e arrondissement et à Confluence.

Vers une ouverture de toutes les piscines l’été ?

« Il faudra trouver, comme cela s’est fait à Paris, un système vertueux permettant de réutiliser les fluides », précise-t-il. Candidat dissident et ancien maire de Lyon, Georges Képénékian tient avant tout à « moderniser et renforcer des structures qui sont vieillissantes ». Avec en tête la possibilité « d’étendre les horaires d’ouverture des équipements en soirée et d’ouvrir toutes les piscines l’été ».

Comprendre Saint-Exupéry (4e), Garibaldi (3e), Charial (3e) et Benjamin Delessert (7e), jusque-là fermées de juin à août. Outre cette perspective de s’appuyer sur neuf établissements nautiques l’été, Georges Képénékian compte construire « deux nouvelles piscines et un espace aqualudique sur le fleuve en coordination avec la métropole ».

La rénovation de la piscine de Gerland peut-elle changer la donne ?

Adjoint au maire de Lyon délégué aux sports, grands événements et tourisme lors du dernier mandat de Gérard Collomb, Yann Cucherat reconnaît sans mal « un manque de piscines à Lyon ». Pour défendre son bilan sur ce thème, le candidat LREM explique qu'« il a fallu rénover de nombreuses piscines », louant surtout « le petit bijou en cœur de ville » qu’est devenu le centre nautique Tony Bertrand.

Satisfait que la piscine de Gerland, ouverte jusque-là seulement l’été, soit rénovée d’ici  à l’été 2021 par le LOU Rugby dans une version « 12 mois/12 avec des créneaux pour le grand public », Yann Cucherat s’engage à lancer lui aussi deux autres équipements dédiés. « Il y a un projet de piscine accolée à l’école Kennedy (Lyon 8e), qui serait davantage réservée aux scolaires et aux associations. Mais aussi un espace nautique de loisirs pour le grand public ailleurs. » Autant de propositions pour (enfin) se jeter à l’eau ?