L'avenir du zoo du parc de la tête d'or divise les candidats à la métropole de Lyon.
L'avenir du zoo du parc de la tête d'or divise les candidats à la métropole de Lyon. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

POLITIQUE

Elections métropolitaines 2020 à Lyon : Ces dossiers qui divisent profondément les candidats

Caroline Girardon

Plusieurs sujets de désaccord se sont invités pendant la campagne des élections métropolitaines à Lyon

  • Neuf candidats se présentent à la métropole de Lyon et partagent des visions parfois bien différentes de l’environnement ou de la sécurité.
  • Parmi les sujets de désaccord : l’Anneau des sciences ou l’avenir du zoo du parc de la tête d'or.

Qui s’assiéra dans le fauteuil du président de la métropole de Lyon ? A trois jours du premier tour des élections, les jeux n’ont jamais été aussi ouverts. Neuf candidats se présentent et partagent parfois des visions bien différentes de l’écologie ou de la sécurité. Voici les sujets sur lesquels ils sont en profond désaccord.

L’anneau des sciences

Le dossier s’est invité dans la campagne avant même que celle-ci ne commence officiellement. David Kimelfeld, président sortant de la métropole, a pris tout le monde de court lorsqu’il a annoncé qu’il ne ferait pas l'Anneau des sciences, contournement ouest de l’agglomération. Un projet, porté par son prédécesseur Gérard Collomb, qu’il a lui-même longuement défendu dans le passé. Mais ce revirement assumé a permis au candidat de se démarquer de son rival, avec lequel il a travaillé de nombreuses années.

Tout au long de la campagne, les voix discordantes n’ont cessé de s’élever pour dénoncer cette réalisation. « Une catastrophe écologique », selon Bruno Bernard (EELV). « Un aspirateur à voitures », estime la plupart. Les écologistes, La France Insoumise et la Gauche Unie ont ardemment critiqué son impact environnemental et le coût faramineux, estimé à trois milliards d’euros au minimum.

Face aux critiques, Gérard Collomb (LREM) est l’un des seuls à défendre bec et ongles ce projet vieux de 30 ans, refusant par ailleurs d’être catalogué comme « un partisan du tout bagnole ». Andrea Kotarac (RN) y est aussi favorable. Considérant dans un premier temps qu’il s’agissait là d'« une nécessité absolue », François-Noël Buffet (LR) a depuis révisé son jugement, précisant qu’il n’était plus « une priorité » et que le tracé choisi devait être révisé.

Une police métropolitaine

Si chacun des candidats reconnaît que les problèmes d’insécurité ont augmenté ces dernières années, tous ne prônent pas les mêmes solutions pour les régler. François-Noël Buffet (LR) et David Kimelfeld (sans étiquette) proposent tous deux de créer une police métropolitaine qui viendrait renforcer les patrouilles des polices nationales et municipales.

En revanche, Andrea Kotarac (RN) se dit « formellement opposé » à cette solution qui selon lui, « n’est pas une réponse adaptée en termes de délai d’intervention ». A la place, il promet de mettre 50 millions d’euros par an sur la table pour les communes qui souhaiteraient recruter des agents supplémentaires. Gérard Collomb (LREM) est tout aussi farouchement opposé à cette idée. « Les maires tiennent à leur pouvoir de police de manière extrêmement forte », justifie-t-il précisant toutefois qu’ils pourront compter sur l’aide financière de la métropole et sur une « mutualisation des moyens ».

Le zoo du parc de la Tête d'Or

Les animalistes se sont invités dans la campagne pour relancer la question du bien-être des animaux. Lors d’un débat public, les Verts se sont emparés de la question en estimant que « les animaux sauvages n’avaient pas leur place dans des enclos ». Et annonçant à demi-mot qu’ils souhaitaient fermer le zoo du parc de la Tête d'Or. Levée de boucliers. La Gauche Unie a été la première à répliquer en soulignant « le respect du bien-être des animaux » et en rappelant la gratuité des équipements. Le lendemain, l’équipe de LREM s’est elle aussi saisie du sujet pour défendre le zoo. Depuis, les écologistes ont reprécisé leur projet : un parc d'« un nouveau genre » avec des « enclos adaptés » pour accueillir des espèces domestiques (poules, vaches, moutons, porcs…) et des espaces pour soigner les bêtes maltraitées.