Municipales 2020 à Toulouse : Comment les candidats comptent-ils s’y prendre pour chasser la voiture du centre ?

POLITIQUE (4/7) « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Toulouse. Aujourd'hui, la mobilité et plus particulièrement les mesures proposées pour réduire la place de la voiture en ville

Béatrice Colin

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Chaque année, les Toulousains perdent 158 heures dans les bouchons.
Chaque année, les Toulousains perdent 158 heures dans les bouchons. — Alexandre GELEBART / 20 Minutes
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes aborde un thème de la campagne. Aujourd’hui, la mobilité et les projets pour réduire la place de la voiture en ville.
  • La Ville rose est asphyxiée au quotidien par les bouchons alors que, parallèlement, les modes doux ne cessent de se développer.
  • Les candidats aux élections municipales livrent leurs propositions pour améliorer la situation, de la multiplication des zones 30 à l’interdiction de la voiture sur certains axes symboliques.

L’an dernier, au lieu d’être coincé dans l’habitacle de leurs voitures à patienter dans les bouchons, les Toulousains auraient pu regarder, calé dans leur canapé, l’équivalent de 140 épisodes de Game of Thrones.

Selon la dernière étude du fabricant de GPS TomTom, les habitants de la Ville rose ont perdu 158 heures dans leur bagnole en 2019. Une congestion qui file le bourdon, même aux candidats aux municipales qui ont tous décidé de ne pas occulter la question de la place de la voiture en ville.

Développer les grosses infrastructures

Pour réduire leur présence, la plupart d’entre eux proposent le développement d’infrastructures de transport en commune. Jean-Luc Moudenc (LR soutenu par LREM) met en avant son projet de troisième ligne de métro, solution « anti-bouchons » qui doit permettre d’avoir « 90.000 véhicules par jour » en moins sur les routes de la ville. Son prédécesseur au Capitole, Pierre Cohen, reste attaché à son projet de ligne de tramway. Il veut ainsi terminer du Palais de justice jusqu’à la gare Matabiau, via les berges du Canal du Midi.

Tandis que le candidat du Rassemblement national imagine de son côté la prolongation des lignes A et B sur des communes de la métropole et de la ligne de Tram T2, de l’aéroport de Toulouse-Blagnac vers la gare Matabiau. Pauline Salingue du Nouveau parti anticapitaliste est favorable à l’étude d’un RER toulousain, comme la plupart des candidats.

Eviter les déplacements

Autant de projets qui ne pourraient être la seule solution. Certains candidats préconisent d’éviter même l’arrivée des voitures en ville. La socialiste Nadia Pellefigue, tête de liste de la liste « Une nouvelle énergie », propose ainsi de créer les sept portes de Toulouse, des hubs où chacun pourrait laisser sa voiture pour prendre des navettes et autres transports en commun. Cette mesure permettrait de libérer ainsi de la place en ville pour réaliser l’Octogone parc, qui consiste à réduire la place de la voiture sur les boulevards du centre-ville au profit des modes doux et de la végétalisation.

Antoine Maurice d’Archipel Citoyen plaide de son côté pour la création de tiers lieux et bureaux satellites qui permettraient à certains de réduire leur trajet domicile-travail ou encore la création d’un « bureau des temps » avec les grandes entreprises de l’agglomération pour réfléchir par exemple à la question du télétravail.

Qu’il soit de gauche ou de droite, tous mettent l’accent sur le développement des modes doux pour y parvenir ou encore le développement des zones 30 partout en ville. Le maire sortant a ainsi annoncé qu’il comptait tripler le nombre de déplacements à vélo et pour cela il y consacrera 10 millions d’euros par an s’il est réélu.

Franck Biasotto, le conseiller municipal dissident soutenu par le MoDem, envisage de redéfinir le réseau vélo et de mieux faire cohabiter les modes doux, pour éviter les conflits d’usage entre piétons, trottinettes et deux roues.

D’un pont à l’autre

Il n’est pas hostile à la possibilité d’étudier la possibilité de piétonniser la rue de Metz. Depuis des années, c’est une demande de l’association toulousaine « Deux pieds deux roues » qui milite pour que cet axe allant de la rue de Metz à la place Saint-Cyprien, via le Pont-Neuf, ne soit plus emprunté quotidiennement par 9.000 voitures. Une proposition reprise par la liste menée par Nadia Pellefigue ou encore Archipel Citoyen. « Nous proposerons le réaménagement complet de l’axe dédié aux modes doux et aux piétons. Qui imaginerait aujourd’hui revenir en arrière sur la piétonnisation de la rue Alsace ? », interroge Romain Cujives, l’un de ses porte-paroles.

Une proposition que la majorité municipale sortante a étudiée et rejeté, arguant que cet axe était primordial dans la gestion des flux. Par contre, Jean-Luc Moudenc est prêt à créer un axe vélos et piétons entre La Grave et la place Saint-Pierre, en fermant à la circulation le pont du même nom, qui relie les deux berges de la Garonne.