Municipales 2020 à Strasbourg : Le soutien du maire PS Roland Ries au candidat LREM Alain Fontanel provoque la colère des socialistes

POLITIQUE Les socialistes strasbourgeois ne cachent pas leur colère après la déclaration de soutien de Roland Ries au candidat LREM Alain Fontanel aux municipales

Nils Wilcke

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Le local de campagne de la nouvelle candidate PS Catherine Trautmann, dimanche 16 février 2019.
Le local de campagne de la nouvelle candidate PS Catherine Trautmann, dimanche 16 février 2019. — G.Varela/20 Minutes
  • « Mépris », « manque de loyauté »... A Strasbourg, les socialistes ne cachent pas leur colère après l'annonce du soutien du maire sortant Roland Ries au candidat LREM Alain Fontanel, son premier adjoint. 
  • Un soutien pourtant connu et affiché de longue date, Roland Ries s'étant rapproché des macronistes depuis le premier meeting d'Emmanuel Macron en 2016. 
  • L'annonce de Roland Ries est la bienvenue pour Alain Fontanel, malmené dans les sondages et desservi par le mouvement de contestation de la réforme des retraites. 

Nouveau coup dur pour les socialistes dans la course aux municipales à Strasbourg. Après l'abandon de leur candidat Mathieu Cahn mercredi pour une affaire de photos érotiques, le maire sortant Roland Ries apporte un soutien appuyé au candidat LREM, son premier adjoint jusque-là.

« J’ai fait le choix de faire confiance à Alain Fontanel, a-t-il annoncé sur son compte Facebook, samedi soir. Nous avons très bien travaillé ensemble et je sais qu’il saura poursuivre le travail engagé mais aussi impulser une nouvelle dynamique pour notre ville ».

Une bouffée d’air frais pour le candidat LREM

« Ce soutien n’est pas une surprise, explique à 20 Minutes un cacique du PS. Roland Ries avait déjà pris le parti d' Emmanuel Macron en s’affichant à son premier meeting à la mutualité de Paris en 2016 ». Alain Fontanel est souvent présenté comme le dauphin de Roland Ries. Alors, un soutien pour rien ? Au contraire, les mots du maire sortant constituent une bouffée d’air frais pour un candidat LREM malmené dans les sondages et desservi par le mouvement de contestation national de la réforme des retraites.

Le candidat ne s’est pas privé de se féliciter de cette marque de confiance : « Le soutien de Roland Ries est une étape importante de la campagne, a reconnu Alain Fontanel dans un communiqué publié dans la foulée. Il m’a fait confiance en me donnant d’importantes responsabilités qui m’ont beaucoup appris », a-t-il ajouté. Côté socialiste, c’est la colère et l’amertume qui dominent. « J’aurais préféré qu’il ne se déclare pas du tout ou alors au deuxième tour », lâche à 20 Minutes le socialiste Serge Oehler, dépité. L’adjoint aux sports et aux finances déplore un « manque de loyauté » et le fait savoir : « Ce n’est pas tant qu’il soutient Fontanel, c’est plutôt qu’il ne nous a même pas contactés pour nous prévenir, soupire l’élu. Après douze ans de route, ça fait mal. Il oublie qu’il a aussi été porté au pouvoir grâce aux voix du PS ».

« Quel mépris ! »

D’autres tentent de relativiser par le biais de l’ironie. « La fin d’un suspense insoutenable », glisse Philippe Bies sur Twitter. Alors qu’il lui a laissé une bonne partie des clefs de la ville dès 2017, bien loin de l’équidistance revendiquée, le maire de Strasbourg officialise enfin son soutien au candidat LREM et ses alliés de droite », fait observer le candidat malheureux à la tête de liste du PS.

Pour faire passer la pilule, le parti tente de diminuer l’importance de ce soutien. « Je relève que le maire de Strasbourg est dans la posture et qu’il n’a finalement dans sa déclaration pas un mot pour les Strasbourgeois et les Strasbourgeoises, déclare Pernelle Richardot, secrétaire fédérale du PS 67. Il démontre une fois encore qu’il a plus de goût pour la fonction que pour l’action », poursuit l’élu, qui lâche « quel mépris ! ». Dans l’immédiat, l’équipe de campagne de la nouvelle candidate Catherine Trautmann n’avait pas répondu à nos sollicitations pour commenter la nouvelle.