Municipales 2020 à Rennes : Quel candidat aura le meilleur programme en faveur du vélo ?

POLITIQUE 4/7 « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Rennes. Aujourd'hui, les mobilités avec un focus particulier sur le vélo

Jérôme Gicquel

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Le nombre de cyclistes a fortement augmenté ces dernières années à Rennes.
Le nombre de cyclistes a fortement augmenté ces dernières années à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, la question des mobilités avec un focus particulier sur le vélo.
  • A Rennes, tous les candidats ont fait de la sécurité des cyclistes l’une de leurs priorités.
  • Certains proposent également de renforcer le déploiement des pistes cyclables et de les mailler en réseau à l’échelle de la métropole.

« La Bretagne, avec tous ses champions cyclistes, y connaît quelque chose au vélo ». La phrase est signée Franck Darcel, chef de file de la liste Rennes Bretagne Europe pour les élections municipales à Rennes. Comme dans toutes les grandes villes, la place du vélo s’est en effet imposée comme l’un des thèmes forts de la campagne dans la capitale bretonne. Cette dernière n’a pas à rougir en la matière. Troisième du palmarès des villes cyclables établi par la fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), Rennes a fait la part belle aux cyclistes ces dernières années en aménageant des voies sécurisées et en améliorant les services, comme le stationnement ou la location longue durée de vélos électriques.

« Mais il faut encore faire plus », reconnaît la maire Nathalie Appéré, qui briguera un second mandat en mars. A un mois du premier tour, 20 Minutes fait le point sur les propositions des candidats et candidates au fauteuil de maire de Rennes pour encourager et sécuriser la pratique du vélo.

La sécurité des cyclistes érigée en priorité

L’actualité dramatique de cet automne, avec deux accidents mortels en moins de 15 jours, l’a malheureusement confirmé. Il y a urgence à sécuriser les trajets à vélo. A la lecture des programmes, il semblerait que les candidats aient pris conscience du problème. Tous font de la protection des cyclistes l’une de leurs priorités. Cela passe notamment par « une sécurisation des parcours », selon Enora Le Pape. « Il y a des mesures d’urgence à prendre sur la continuité des itinéraires, sur l’aménagement des carrefours », indique la candidate de la France insoumise.

Avec son équipe, elle a mené une action vélo il y a quelques jours pour marquer au sol « une dizaine de points dangereux » identifiés dans la ville. Hantise des cyclistes, ces points noirs seront « intégralement résorbés sous trois ans », si l’on en croit Nathalie Appéré. Beaucoup de ces endroits dangereux sont situés à des carrefours. Le candidat écologiste Matthieu Theurier propose ainsi d’engager « un plan de sécurisation » de ces zones accidentogènes et « d’éliminer les discontinuités du réseau cyclable », comme le suggère également la marcheuse Carole Gandon.

Un réseau de pistes cyclables pour circuler dans la métropole

Outre ces aménagements, la sécurité passe aussi pour Franck Darcel par la création « de véritables pistes cyclables » maillées en réseau « pour rejoindre toutes les villes du Grand Rennes par ce mode de transport ». Ce réseau express vélo existe déjà à Rennes sur près de 16 kilomètres. Mais Nathalie Appéré veut porter ce chiffre à 100 kilomètres pour atteindre « les communes de la deuxième ceinture ».

Matthieu Theurier partage cette même ambition et se donne l’horizon 2024 pour la mettre en œuvre. Candidat de la droite et du centre, Charles Compagnon voit même encore plus grand en évoquant « 150 kilomètres de voies nouvelles » pour relier les communes de la métropole entre elles, sans que ces voies ne convergent systématiquement dans le centre-ville de Rennes.

Dans les faits, la continuité des itinéraires cyclables dans la métropole se heurte bien souvent à la difficulté d’acquisition des parcelles nécessaires à la réalisation des pistes sécurisées. Des négociations souvent longues avec de multiples propriétaires.

Le stationnement vélo à renforcer

Dans le cœur de la capitale bretonne justement, Carole Gandon propose d’expérimenter « une ou plusieurs vélorues » comme cela existe déjà à Bordeaux, Lille ou Strasbourg, les voitures ayant interdiction sur ces axes de doubler les cyclistes qui sont encouragés à rouler au milieu de la chaussée.

Certains candidats évoquent enfin dans leur programme la question du stationnement des bicyclettes dans une ville qui compte 950 places sécurisées et gratuites dans des parcs et un peu plus de 10.000 arceaux sur la voie publique. La candidate Nathalie Appéré propose ainsi d’en « augmenter l’offre », sans être plus précise. Matthieu Theurier évoque, lui, le déploiement de huit places minimum dans chaque rue de la ville avec « un objectif d’un stationnement vélo pour 15 habitants ».