Municipales 2020 au Mans : Une meute de candidats aux trousses de Stéphane Le Foll

POLITIQUE Pas moins de onze listes visent la mairie du Mans à laquelle Stéphane Le Foll est candidat

Frédéric Brenon

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Stéphane Le Foll, ancien ministre et maire du Mans.
Stéphane Le Foll, ancien ministre et maire du Mans. — J-F.Monier/AFP
  • Stéphane Le Foll avait succédé en juin 2018 au maire du Mans Jean-Claude Boulard, décédé.
  • Le socialiste est concurrencé à gauche par une liste dissidente et par l’ambition des écologistes et Insoumis.
  • Au centre, deux listes centristes sont engagées. A droite, la division est également de mise.

Il n’a jamais remporté l’élection municipale en son nom mais est pourtant candidat à sa propre succession. Stéphane Le Foll, 60 ans, est devenu maire du Mans en juin 2018 après le décès en cours de mandat de Jean-Claude Boulard, socialiste resté en poste 17 ans. Manceau d’origine, l’ancien député PS était alors surtout connu pour avoir été ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement sous François Hollande. Après avoir assuré prudemment la transition, Stéphane Le Foll a, cette fois, à cœur de mettre sa patte sur cette ville un peu isolée entre Nantes et Paris et, notamment, de lui donner le « dynamisme » et « l’attractivité » qui lui font défaut actuellement (la population décroît). Mais il n’est pas seul à vouloir s’attaquer à ce chantier. Pas moins de dix candidats se sont en effet déclarés face à lui ! Un record local.

Première curiosité : deux membres de la majorité municipale visent également le fauteuil de maire. Tout d’abord Marietta Karamanli, une députée PS qui, après avoir déjà postulé à la succession de Jean-Claude Boulard en 2018, retente sa chance malgré la désapprobation de son parti. Il y a aussi la première adjointe écologiste Isabelle Sévère. Encouragée par le joli score d’EELV aux élections européennes (15,9 % des voix), elle a refusé l’union habituelle avec le PS au premier tour, convaincue que « le temps de l'écologie est venu au Mans ». Un peu plus à gauche, une liste citoyenne, portée par Marie James, réunissant La France Insoumise, le PC et quelques « gilets jaunes », pense logiquement pouvoir jouer les trouble-fêtes.

Deux listes centristes, sans Marlène Schiappa

Au centre, l’absence remarquée est celle de Marlène Schiappa. Conseillère municipale au Mans, la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité hommes-femmes a choisi de s’investir à Paris. C’est donc Gilles Gerchet, 58 ans, qui bénéficie de l’investiture officielle de La République en marche. Le parti présidentiel a remporté tous les derniers scrutins au Mans (23,2 % aux européennes) et avait même pu compter sur le soutien tardif de l’ex-maire Jean-Claude Boulard. « Il faut renouveler les visages et les usages », estime le candidat. Mais une autre centriste, Audrey Dolo-Canal, a décidé de lui compliquer la tâche en postulant également à la mairie, poussée par l’ex-députée LREM Pascale Fontenel-Personne.

La droite et le RN misent sur l’insécurité

A droite, on compte sur la montée en puissance du thème de l’insécurité pour marquer des points. Mais la division est aussi de mise puisque la liste LR élargie menée par Emmanuel Bilquez, qui veut « réveiller Le Mans », est challengée par la candidature dissidente de Julien Geffard, ancien adhérent des Républicains, qui, lui, mène bataille « contre le déclassement du Mans ».

Il faudra aussi regarder du côté du Rassemblement National et son jeune chef de file décomplexé, Louis Cacqueray-Valmenier. Entré tôt en campagne, il cherche à capitaliser sur le bon score de son parti aux européennes pour faire plus que les 15 % obtenus en 2014 à la mairie. Comme LR, il milite pour l’armement des policiers municipaux face à la croissance des trafics venus d’Ile-de-France, là où la gauche et le centre défendent davantage l’idée d’une hausse des moyens humains, voire une augmentation des caméras.

Transports, santé et commerces

Outre l’attractivité du territoire et l’insécurité, la thématique des transports en commun agite les débats depuis quelques semaines. Stéphane Le Foll souhaite allonger les rames de tramway et lancer des navettes électriques en centre-ville. La France Insoumise prône la gratuité du réseau pour les jeunes, LREM pour les étudiants et les seniors.

Il est aussi question de santé puisque l’ensemble de la Sarthe, y compris sa préfecture, souffre d’une désertification médicale. La plupart des candidats s’accordent sur l’ouverture de « maisons de soins ». Enfin, l’abondance commerciale en périphérie inquiète les commerçants du centre-ville autant qu’elle divise les candidats. Le Foll soutient le projet d’Ikea-Leclerc à Béner, tandis qu’Isabelle Sévère pense toujours « pouvoir en sortir ».