Municipales 2020 à Brest : Malgré sa mise en examen, François Cuillandre peut-il rempiler ?

ELECTIONS A la tête de Brest depuis 2001, l’élu socialiste brigue un quatrième mandat malgré ses ennuis judiciaires

Jérôme Gicquel

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A la tête de Brest depuis 2001, le socialiste François Cuillandre brigue un quatrième mandat.
A la tête de Brest depuis 2001, le socialiste François Cuillandre brigue un quatrième mandat. — DAMIEN MEYER / AFP
  • Mis en examen pour recel d’abus de confiance cet automne, le socialiste François Cuillandre briguera bien un quatrième mandat à Brest.
  • La gauche partira très divisée dans la cité du Ponant avec EELV qui fera cavalier seul tandis que l’ancien patron du PS finistérien conduira la liste d’En marche.
  • Candidate de la droite et du centre, Bernadette Malgorn voudra, elle, sa revanche de 2014.

Il est surnommé « le lion ». Et à 65 ans, François Cuillandre veut encore rugir. A la tête de la mairie de Brest depuis 2001, l’élu socialiste est bien candidat à un quatrième mandat. Et ce n’est pas sa mise en examen le 17 octobre pour recel d’abus de confiance qui l’en a dissuadé. Car sa « motivation est intacte » et sa mise en examen « ne signifie pas une condamnation », a-t-il indiqué le 4 novembre en annonçant le maintien de sa candidature, validée 15 jours plus tard par le bureau national du Parti socialiste.

Malgré ses ennuis judiciaires, François Cuillandre repart donc au combat pour « conserver la ville à gauche ». Une mission qui ne sera pas simple de l’aveu même de Pierre Jouvet, porte-parole du PS, qui prévoit un scrutin « compliqué ». Mais pour le politologue Romain Pasquier, François Cuillandre fait tout de même figure de grand favori pour l’élection. « Il y a d’abord la prime au sortant avec un bon bilan sur lequel il peut s’appuyer, estime le directeur de recherche au CNRS. Pendant ses mandats, la ville a changé de visage avec le tramway, le téléphérique ou la transformation des Capucins ». François Cuillandre peut également s’appuyer sur sa notoriété dans sa ville natale et sur les solides réseaux tissés tout au long de sa carrière.

EELV veut surfer sur ses bons résultats aux Européennes

Mais contrairement à 2014, la gauche partira très divisée en mars. Élu en 2014 sur la liste de l’actuel maire et vice-président de la métropole, l’écologiste Ronan Pichon fera ainsi cavalier seul cette année. Il pourra compter sur le soutien de Thierry Fayret, premier adjoint de François Cuillandre, qui a décidé de rallier le candidat EELV après sa défaite à la primaire. Comme à Rennes, les Verts pourraient donc être l’épine dans le pied de la majorité socialiste, le parti de Yannick Jadot voulant faire fructifier ses très bons résultats locaux aux dernières européennes (18,4 %).

La liste de la République en marche sera-elle conduite par une figure bien connue des socialistes brestois en la personne de Marc Coatanéa. Ancien patron du PS finistérien pendant neuf ans, il avait rejoint le parti d’Emmanuel Macron fin 2017. Malgré le soutien du MoDem, il n’aura pas la tâche facile selon Romain Pasquier. « Sa notoriété est moindre par rapport à François Cuillandre, souligne le politologue. Et comme partout, l’étiquette En marche va être un boulet à traîner ».

L’ancienne préfète Bernadette Malgorn veut sa revanche

A la droite de l’échiquier, on retrouve également Bernadette Malgorn, l’ancienne préfète de Bretagne, qui voudra sa revanche après sa défaite en 2014 face à François Cuillandre (47,3 % des suffrages au second tour). « Il faudrait qu’il y ait une triangulaire ou une quadrangulaire pour qu’elle ait une chance, indique Romain Pasquier. Et il lui faudrait alors trouver des alliés car la droite brestoise est traditionnellement très divisée ».

Derrière ces quatre candidats, d’autres listes tenteront de se faire entendre lors du scrutin municipal à Brest avec la présence de Pierre-Yves Cadalen pour la France insoumise, de Renée Thomaïdis pour le Rassemblement national, de Rémy Collard pour Lutte Ouvrière ou de Pascal Olivard (sans étiquette).