Municipales 2020 à Lyon : Plan vélo, zone 30 ou piétonne... Découvrez les pistes des candidats pour limiter la voiture en centre-ville

PROGRAMME (4/7) « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Lyon. Aujourd’hui, la mobilité

Elisa Frisullo

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Cyclistes et véhicules doivent parfois cohabiter à Lyon sur des espaces étroits. ici, rue Edouard-Herriot, dans le centre-ville.
Cyclistes et véhicules doivent parfois cohabiter à Lyon sur des espaces étroits. ici, rue Edouard-Herriot, dans le centre-ville. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque semaine, 20 Minutes aborde un thème de la campagne. Aujourd’hui, la mobilité.
  • Tous les candidats proposent, à des degrés différents, de limiter la place de la voiture en ville pour lutter contre la pollution atmosphérique.
  • Pour y parvenir et développer l’usage des modes doux, ils souhaitent développer les axes réservés aux vélos, la marche à pied et les zones 30.

Les épisodes successifs de pollution atmosphérique observés à Lyon n’ont échappé à personne. Surtout pas aux candidats aux municipales, conscients que pour améliorer la qualité de l’air, l’un des défis majeurs des prochaines années sera de limiter la présence des voitures en centre-ville. Un enjeu atteignable, un quart seulement des déplacements à Lyon étant effectués en voiture selon la dernière enquête Ménages déplacements du Sytral réalisée en 2015. A l’époque, 46 % des déplacements étaient faits à pied, un quart en transports en commun et 3 % seulement à vélo. 20 Minutes vous dévoile les pistes essentielles proposées par les candidats.

Le vélo, star des programmes

Les trajets à vélo ont beau progresser de 10 % par an, la part modale des deux-roues dans les déplacements quotidiens reste faible et plus de la moitié des trajets de 3 km sont effectués en voiture. Pour favoriser le changement de mobilités, EELV ambitionne de faire de Lyon une ville « 100 % cyclable ». « Nous voulons créer un Réseau Express Vélo en aménageant de grandes voies cyclables sécurisées pour améliorer les liaisons entre l’est et l’ouest et le nord et le sud de la ville », souligne le candidat Grégory Doucet. Ce REV, imaginé à l’échelle de la métropole, compterait huit liaisons de 450 km de pistes sécurisées au total. Parmi elles, le cours Gambetta, la rue Garibaldi ou encore les quais du Rhône, de Confluence à Herbouville.

La candidate de la gauche unie Sandrine Runel souhaite aussi développer des doubles sens cyclables protégés en site propre. « Il faut améliorer les connexions, assurer la continuité des itinéraires cyclables, entre le 3e, le 6e et Villeurbanne par exemple. Afin que les gens puissent se rendre d’un point A à un point B sans risquer leur vie ». Un souhait partagé par la maire sortante du 1er Nathalie Perrin-Gilbert (Lyon en commun) qui veut aussi lancer « un réseau express vélo pour mailler la ville » et « développer les parkings sécurisés dédiés aux bicyclettes ».

Le candidat dissident Georges Képénékian, qui rejoint ses adversaires pour la création « d’axes express pour la circulation des vélos », propose de « renforcer le nombre de parcs à vélos de proximité dans les 15 plus grosses stations de métro » afin de favoriser les déplacements couplés deux-roues-TCL.

Le Républicain Etienne Blanc, qui vise une baisse de 30 % des voitures en centre-ville, promet lui de créer des « autoroutes à vélos » à sens unique, « ce qui permettrait aux cyclistes de se déplacer plus rapidement. » Pour le maire sortant du 2e Denis Broliquier (centriste), l’une des solutions pour favoriser l’usage des deux-roues est la mise en place de remonte-pentes pour permettre de rejoindre facilement les sommets des trois collines. Sur ce point, le candidat LREM Yann Cucherat mise sur les Vélo-V électriques qui débarquent prochainement à Lyon pour faciliter l’ascension des collines à vélo. A Lyon comme à la métropole, LREM souhaite doubler le nombre de pistes cyclables.

La marche à pied inspire les candidats

Pour convaincre les Lyonnais de laisser leur voiture au garage pour les petits trajets en ville, l’ancien maire de Lyon Georges Képénékian veut mettre en place « un cheminement piéton » dans la ville, avec une signalétique indiquant les temps de parcours. « La moyenne des déplacements en voiture en centre-ville est de 3,8 km Il doit y avoir une prise de conscience collective. Si l’on voit que le trajet à pied pour aller d’un endroit à l’autre est de moins de 7 minutes, cela incitera davantage les usagers à ne pas prendre leur voiture », estime-t-il. Sandrine Runel, Grégory Doucet et Nathalie Perrin-Gilbert misent eux sur la piétonisation, mais pas uniquement en Presqu’Ile. « Il faut rendre plusieurs centres de quartiers aux piétons. Il y a une vraie concertation à avoir pour créer des zones piétonnes à Montplaisir ou dans le 7e. J’attendrais des propositions des maires d’arrondissements pour piétonniser ou apaiser des quartiers, via des zones 20 km/h », souligne ainsi la maire sortante du 1er. Pour Yann Cucherat, il y a une nécessité de développer des zones piétonnes pérennes et d’autres ponctuelles « pour permettre à chacun de se réapproprier l’espace public. »

La zone 30 plébiscitée

Autre solution pour limiter la place de la voiture, la multiplication des zones 30. Grégory Doucet ambitionne de faire Lyon « une ville 30, hormis sur les grands axes de circulation ». « Cela permettra notamment d’aménager et de sécuriser davantage les doubles sens cyclables. » Pour Denis Broliquier, qui défend « la cohabitation entre les modes doux et les voitures », il s’agira de développer des « zones de rencontres, en centre-ville comme c’est déjà le cas à Nantes ». « En bas des pentes de la Croix-Rousse et place Carnot », détaille-t-il, précisant que dans ces zones à double sens cyclables, la vitesse sera limitée à 20 km/h et les piétons seront prioritaires.