Municipales à Nantes : Six listes citoyennes veulent dynamiter la politique de la métropole

POLITIQUE Les listes de gauche « Les Communes en Commun » se montrent très critiques envers le fonctionnement actuel de la métropole

Frédéric Brenon

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Les membres des listes citoyennes « Les Communes en Commun ».
Les membres des listes citoyennes « Les Communes en Commun ». — F.Brenon/20Minutes
  • Six listes citoyennes partagent le même projet métropolitain à Nantes, Rezé, Saint-Sébastien, Bouguenais, Vertou et La Montagne.
  • Elles dénoncent la « croissance à tout prix » de la métropole.

Elles sont basées à Nantes, Rezé, Saint-Sébastien, Bouguenais, Vertou, La Montagne et sont regroupées sous le collectif « Les Communes en Commun ». Six listes citoyennes, marquées à gauche de la gauche, veulent « rompre avec le modèle actuel de Nantes métropole et sa manière d’agir ». « Les principales compétences des communes ont été transférées à la métropole. Pour quel résultat ? Les prix du logement se sont envolés, les routes sont encombrées, les inégalités sociales se sont creusées, les terres agricoles sont bétonnées… », déplore  Margot Medkour, cheffe de file de la liste « Nantes en Commun ».

Les autres têtes de liste confirment vouloir en finir avec la « recherche d’attractivité », la « croissance à tout prix » qui conduisent à la « gentrification » de certains quartiers. « On construit trop, sans que les communes aient leur mot à dire. Il faudrait d’abord s’assurer que les habitants aient un bon cadre de vie, qu’on puisse les accueillir correctement, avant d’attirer de nouvelles populations », complète Agnès Bellorgey, candidate de Bouguenais avenir solidaire et écologique (BASE).

Moins de logements, moins de voitures

Si elles sont élues, les six listes remettront donc à plat les documents clés de l’aménagement métropolitain que sont le Plan de déplacements urbains (PDU), le Plan local de l’habitat (PLH) et le Plan local d’urbanisme métropolitain (PLUM). A la place, elles promettent de construire moins mais davantage de logements sociaux, de plafonner les prix des loyers par le dispositif Elan, de transformer des bâtiments vacants en lieux d’hébergement. Elles prévoient aussi de « mettre le paquet sur les déplacements à vélo », de développer les transports en commun dans les petites communes, de permettre la gratuité aux revenus inférieurs à 1.600 euros/mois.

Les « Communes en Commun », qui insistent sur la « restauration de la biodiversité », proposent aussi la création d’une « régie qui achèterait des terres pour faciliter les installations de jeunes agriculteurs », la multiplication des composteurs collectifs, et rêvent de parvenir à une « autosuffisance énergétique ».

« Redonner la parole au peuple »

Très remontées par ce qu’elles considèrent être une « privatisation des pouvoirs par les élus métropolitains », elles suggèrent également de développer les assemblées consultatives de quartiers, de créer un « un espace d’interpellation des élus » et d’adopter le référendum d’initiative citoyenne (RIC) cher aux « gilets jaunes ». « Il faut redonner la parole au peuple. Les gens en ont ras le bol qu’on décide à leur place », résume Patrick Dubreil, tête de liste de Vertou en Commun.

Concernant les soutiens et éventuelles alliances de second tour, les stratégies « dépendront des situations locales », précisent les différentes têtes de liste. A Saint-Herblain, le collectif Saint-Herblain en commun fait liste commune avec Europe Ecologie Les Verts. A noter qu'à Bouguenais la liste Bouguenais en communS est constituée de la majorité sortante PS-PC et n’a rien à voir, malgré son nom ambigu, avec « Les Communes en Commun ».