Municipales 2020 à Aix-en-Provence : Joissains peut-être inéligible, trois listes proches d’En Marche, bric-à-brac à un mois du scrutin

POLITIQUE Les élections municipales s’annoncent musclées à Aix-en-Provence où la maire sortante, Maryse Joissains, est sous la menace d’une peine d’inéligibilité tandis que trois candidats proches de La République en marche se présentent

Adrien Max

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Maryse Joissains lors de son procès en première instance en 2018
Maryse Joissains lors de son procès en première instance en 2018 — Pascal Guyot / AFP
  • La maire sortante Maryse Joissains, se présente pour un 4e mandat alors que la cour de Cassation doit se prononcer le 19 février sur une éventuelle peine d’inéligibilité pour détournements de fonds publics et prise illégale d’intérêts.
  • Face à elle, trois candidats sont proches de La République en marche, la députée Anne-Laurence Petel qui a obtenu l’investiture, son suppléant Dominique Sassoon, devenu tête de liste d'EELV et Mohamed Laqhila, député Modem au sein de la majorité présidentielle.
  • Tous les candidats misent beaucoup sur l’écologie.

Une maire sortante, Maryse Joissains, sous le coup d’une peine d’inéligibilité qui a néanmoins obtenu l’investiture des Républicains, trois candidats proches de La République en marche, Anne-Laurence Petel, Dominique Sassoon, son ancien suppléant, et Mohamed Laqhila du Modem. Sans oublier une course à l’échalote pour savoir qui sera le plus écolo. 20 Minutes fait le point sur la situation des municipales à  Aix-en-Provence, un mois avant le premier tour.

Maryse Joissains, une candidate inéligible ?

Maryse Joissains, qui n’a pas donné suite aux nombreuses sollicitations de 20 Minutes, se présente pour un quatrième mandat à 78 ans, face à des adversaires qu’elle considère comme « des rigolos ». Mais la Cour de cassation doit se prononcer le 19 février prochain sur une peine d’inéligibilité pour détournements de fonds publics et prise illégale d’intérêts à l’encontre de celle qui a néanmoins obtenu l’investiture des Républicains. Beaucoup de ses adversaires la considèrent à « bout de souffle », et regrettent que « l’on ne parle d’Aix qu’à travers ses affaires ». Celui qui aurait pu être son plan B, Alexandre Gallese, s’est retiré de la campagne après avoir été mis en examen pour trafic d’influence et prise illégale d’intérêt. En cas de peine d’inéligibilité, sa fille, Sophie Joissains (UDI), pourrait prendre le relais.

Trois listes proches de La République en marche

C’est la députée LREM Anne-Laurence Petel qui a finalement obtenu l’investiture de La République en marche alors que Dominique Sassoon, son suppléant, l’avait également sollicitée. « Je suis heureux et libéré, assure ce dernier après coup. Je ne suis pas du tout d’accord avec le gouvernement qui ne met pas l’écologie en avant et le fonctionnement de ce mouvement politique ne correspond pas du tout à mes attentes ». Il a préféré quitter le mouvement avant d’en être exclu puisqu’il a maintenu sa candidature. Il a depuis reçu l’investiture d’Europe Ecologie les Verts. « Il était fort déçu de ne pas avoir l’investiture, il s’est donc rapproché des Verts qui cherchaient une tête de liste. Il fait ce qu’il veut, je m’en fiche un peu », tacle Anne-Laurence Petel. Elle regrette néanmoins une absence de « rassemblement pour gagner face à une maire sortante en bout de souffle ». « Mais c’est aussi cette opportunité de gagner qui fait multiplier les listes », constate-t-elle.

Un rassemblement qui aurait aussi pu se faire avec Mohamed Laqhila, député Modem des Bouches-du-Rhône au sein de la majorité présidentielle, au même titre qu’Anne-Laurence Petel. Il affirme n’avoir « pas sollicité l’investiture En marche », mais il aurait néanmoins souhaité voir sa famille politique et LREM se mettre d’accord pour le soutenir. Et il considère avoir une longueur d’avance : « Je suis le premier candidat déclaré, dès septembre 2018 ». Selon lui, Dominique Sassoon « fait valoir le logo d’EELV alors que ce n’est que par opportunisme ». De son propre aveu, il n’a « jamais vu un député suppléant affronter la titulaire ». Une titulaire, qui, en cas d’élection, devrait céder sa place de députée à son suppléant…

La course à l’écologie

Dominique Sassoon qui a donc finalement obtenu l’investiture d’EELV propose une « écologie joyeuse et dynamique ». « Je souhaite m’occuper du quotidien des Aixois, que la ville devienne la capitale agricole du territoire, m’occuper des transports et de la santé », égraine-t-il. Anne-Laurence Petel mise elle aussi beaucoup sur l’écologie pour son programme. « Développer les pistes cyclables et les transports en commun pour moins de pollution. Arrêter avec la bétonisation de la ville, et s’occuper de la gestion des déchets », détaille-t-elle. L’écologie est à la mode, et Mohamed Laqhila l’a tout autant compris que ses adversaires. Ses priorités ? « Couvrir l’autoroute qui arrive en plein centre-ville et y construire des logements sociaux par-dessus. Transformer le cours Sextius en rambla, mettre en place une police de l’environnement ainsi qu’une politique environnementale. »

Dans cette course à l’écologie, il ne faut pas oublier Stéphane Sabord rejoint par la liste de Charlotte de Busschère. Celui qui a quitté la majorité municipale en 2006 est soutenu par Génération Ecologie. « Nous avons voulu réduire le nombre de listes, les Aixois le réclamaient, il y en avait trop », analyse-t-il. Il explique être engagé dans l’écologie depuis 11 ans, « en tant que porte-parole de Génération écologie », et que son choix est « logique ». « Sassoon était En marche jusqu’en novembre, les électeurs sont lucides. Tandis qu’Anne-Laurence Petel annonçait vouloir n’exercer qu’un mandat. Elle est donc payée pour son travail de député qu’elle n’exerce pas, ce n’est pas loyal, on revient dans les gros travers de la démocratie », avance-t-il. Le premier tour devrait servir de baromètre avant de très probables alliances avant le second tour.