Municipales 2020 à Pau : Soutenu par LREM et LR, François Bayrou s’offre un boulevard face à une gauche éparpillée

ELECTIONS Le président du Modem peut s’appuyer sur un contexte politique local très favorable pour obtenir sa réélection

Clément Carpentier

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François Bayrou brigue un second mandat à Pau.
François Bayrou brigue un second mandat à Pau. — ERIC FEFERBERG / AFP
  • François Bayrou part à la quête d’un second mandat à la mairie de Pau.
  • Soutenu par Les Républicains et La République en marche, il peut même espérer une réélection dès le premier tour face à une gauche divisée.
  • Faute d’accord, le PS et les écologistes partent au combat chacun de leur côté.

La messe est-elle déjà dite à Pau ? C’est en tout cas un boulevard qui semble s’ouvrir devant François Bayrou dans la course aux élections municipales dans la capitale du Béarn. Elu maire pour la première fois en 2014, le président du Modem officiellement candidat à sa succession depuis quelques jours est le grand favori du scrutin.

A un mois du premier tour, le contexte local lui est plus que favorable. D’un côté, il a réussi à réunir le centre et la droite autour de sa candidature et de l’autre, ses adversaires avancent en ordre dispersé notamment à gauche où l’on ne dénombre pas moins de quatre listes.

LR repart pour un tour avec Bayrou

Plutôt discret dernièrement, François Bayrou mène parfaitement sa barque sur le Gave de Pau. Pour obtenir un second mandat, il a fait le vide autour de lui avant de lancer sa campagne. Fidèle soutien d’Emmanuel Macron, il a rapidement pu compter sur le ralliement de La République en marche qui ne présentera pas de candidat face à lui. Le président de la République lui-même a fait un déplacement remarqué en terre paloise début janvier pour lui réaffirmer son soutien. Rien de surprenant.

François Bayrou a reçu le soutien appuyé d'Emmanuel Macron début janvier.
François Bayrou a reçu le soutien appuyé d'Emmanuel Macron début janvier. - GEORGES GOBET / AFP

En revanche, c’est une demi-surprise de voir la droite classique s’allier de nouveau avec le maire centriste. Si en 2014 l’objectif était clairement de faire tomber les socialistes à la tête de la ville depuis des années, l’absence de liste Les Républicains en 2020 interroge un peu plus : « C’est lamentable d’un point de vue démocratique », s’emporte Denis Bouzon, le candidat du Rassemblement National.

Alors pourquoi une nouvelle alliance avec François Bayrou ? « Le bilan nous semble positif. Les réalisations promises ont été faites. Il y a un regain de dynamisme à Pau aujourd’hui. Il faut dépasser les considérations nationales. Pendant six ans, il n’y a pas eu de schisme entre nous. C’est un choix responsable et naturel », explique Nicolas Patriarche, chef de file LR dans les Pyrénées-Atlantiques.

L’échec du rassemblement à gauche

En 2014, le président du Modem avait obtenu 42 % des voix dès le premier tour puis 63 % au second tour face au candidat PS. Aujourd’hui, certains se demandent si François Bayrou ne sera pas élu dès le 15 mars, date du premier tour, car en face de lui c’est un peu chacun pour soi. La gauche paloise est complètement éclatée. Olivier Dartigolles, conseiller municipal communiste d’opposition, a bien essayé de réunir tout le monde autour de la table mais ce fut « un échec » comme il l’avoue lui-même.

« J’ai appelé au bon sens face aux alliances adverses mais seul Jérôme Marbot (PS) a répondu présent. Il y avait pourtant des complémentarités avec Jean-François Blanco (EELV) mais il a claqué la porte au rassemblement. Malgré tout, je pense qu’il peut y avoir encore une surprise », affirme celui qui a décidé de soutenir le candidat socialiste avec le Parti Communiste.

Mais la surprise pourrait bien venir de la liste Europe Ecologie les Verts qui a obtenu 16 % des voix lors des dernières élections européennes en 2019. Jean-François Blanco, avocat de profession, n’a pas voulu « d’alliance artificielle et d’arrangement politique » car il y a « un désaccord de fond sur la question du climat » avec le PS. « La poussée écologique existe aujourd’hui et il faut s’appuyer sur cette force politique » ajoute celui qui est « persuadé d’être au second tour contre François Bayrou ». Il est le seul pour le moment à avoir présenté un programme détaillé : classer le territoire de Pau comme Parc naturel protégé, instaurer la gratuité des bus, mettre en place un revenu minimum municipal, interdire les cirques avec des animaux…

Jean-François Blanco, la tête de liste d'EELV à Pau.
Jean-François Blanco, la tête de liste d'EELV à Pau. - Jean-François Blanco / EELV

Il y aura deux autres listes à gauche : celle de la France Insoumise alliée à des « gilets jaunes », emmenée par Patrice Bartolomeo, qui propose un RIC (Référendum d’initiative citoyenne) sur le Grand Prix automobile de Pau, et celle de Lutte Ouvrière portée par Cyrille Marconi.

Un rôle à jouer pour le RN ?

Dans ce contexte politique, le Rassemblement National compte bien jouer les trublions. La liste RN sera conduite par Denis Bouzon, candidat pour la première fois lors d’une élection à 46 ans. Il souhaite « rendre la ville aux Palois » et dénonce « l’absence d’un maire que l’on ne voit jamais. On a des bons musiciens mais aucun chef d’orchestre, ça ne peut plus durer. » Lors des Européennes il y a un an, le RN avait obtenu 15 % des voix.

Enfin, la septième et dernière liste déclarée à ce jour est celle de Debout la France représentée par Joseph Damour.