Municipales 2020 à Toulouse : Le maire de la Ville rose doit-il forcément être à la tête de la métropole ?

POLITIQUE Depuis toujours, à Toulouse, le maire est aussi le président de la métropole. Un cumul qui ne fait pas l’unanimité chez les candidats aux municipales

Béatrice Colin

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Sur la place du Capitole, la mairie de Toulouse. (Illustration)
Sur la place du Capitole, la mairie de Toulouse. (Illustration) — F. Lancelot / 20 Minutes
  • Le maire de la ville centre a toujours été le président de la métropole toulousaine.
  • Pour le sortant, Jean-Luc Moudenc (LR soutenu par LREM), c’est une question de représentativité de la ville centre mais aussi de facilité en matière de gestion.
  • Certains candidats sont partisans d’un non-cumul de ces deux postes exécutifs.

A Strasbourg, Aix-Marseille ou encore Bordeaux, celui qui tient les rênes de la ville n’est pas le même qui est aux commandes de la métropole. Une gouvernance bicéphale qui n’a jamais eu cours dans la Ville rose.

Déjà à l’époque du district, l’ancêtre de la métropole, Dominique Baudis, le maire de Toulouse, présidait aux destinées de cette association de communes. Depuis, il est institué que celui qui a les clés du Capitole est aussi celui qui détient celles de la métropole. Et aucun maire n’y a dérogé, pas même le socialiste Pierre Cohen entre 2008 et 2014, qui a transformé la communauté d’agglomération en communauté urbaine. Mais cette vision est loin d’être partagée par tous les candidats.

Majorité absolue

Pour le maire sortant, Jean-Luc Moudenc (LR soutenu par LREM), si rien n’est inscrit dans le marbre, cette double casquette est due à « une raison objective ». « Toulouse fait partie des six métropoles ou la ville centre représente la majorité absolue, ici c’est 63 % des habitants qui sont Toulousains », relève celui qui préside aussi aux destinées de Toulouse Métropole.

Mais au-delà de cette donnée mathématique, il voit dans ce cumul le moyen de s’éviter des problèmes. « En ma qualité de président de France urbaine, je constate que quand le maire de la ville centre n’est pas aussi le président de la métropole, il y a des problèmes et des rivalités, y compris lorsqu’ils sont du même bord. Et puis la mutualisation permet d’avoir un seul cabinet et un seul directeur général des services au lieu de deux », relève le candidat.

« Ce n’est pas obligatoire, mais c’est la ville centre qui pourvoit le plus de sièges, il y a une logique. Après il faut un pacte territorial qui respecte les 36 autres communes de la métropole », assure la candidate socialiste Nadia Pellefigue qui espère être à la fois la première maire de Toulouse et la première présidente de la métropole.

Question de cumul

S’il accède au fauteuil de maire, Franck Biasotto, dissident de la majorité sortante soutenu par le MoDem, l’assure, il ne « cumulera pas ». « Il n’est pas concevable de se partager entre Toulouse et les 36 autres communes. Il est nécessaire d’être maire de la quatrième ville de France à plein temps », plaide-t-il.

Un esprit de « non-cumul » partagé par la tête de liste d’Archipel Citoyen, Antoine Maurice. « Pour l’instant la question n’est pas actée si ce sera un élu toulousain ou d’une autre commune. Mais nous sommes attachés à une vision de la ville de Toulouse qui n’impose pas aux autres. Nous avons en tout cas un regret, que l’élection à la métropole ne se fasse pas au suffrage universel direct », affirme le conseiller municipal EELV sortant.