Municipales 2020 à Rennes : « J’ai la fierté d’avoir vu la ville se transformer », lance Nathalie Appéré

POLITIQUE Elue en 2014, la maire sortante boucle son premier mandat à la tête de la capitale bretonne. Vendredi, Nathalie Appéré a présenté son programme complet

Propos recueillis par Camille Allain

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La maire de Rennes Nathalie Appéré, ici avec Yannick Nadesan, en février 2020.
La maire de Rennes Nathalie Appéré, ici avec Yannick Nadesan, en février 2020. — C. Allain / 20 Minutes
  • Elue en 2014, la maire sortante de Rennes Nathalie Appéré est candidate à sa réélection aux municipales 2020.
  • Arrivée tardivement dans la campagne, la socialiste a dévoilé vendredi l'ensemble de son programme avec 210 propositions.
  • A l'heure du bilan, la maire sortante se dit «fière» mais admet «qu'il reste beaucoup à faire».

« Un projet pour un horizon commun ». C’est derrière ce slogan que la maire sortante de Rennes Nathalie Appéré a souhaité faire campagne. Elue en 2014, la socialiste boucle son premier mandat​ dans le fauteuil de maire. Six années « de disponibilité et d’engagement » que Nathalie Appéré souhaite prolonger. Candidate à sa succession, l’ancienne députée s’avance sereine dans cette campagne des municipales qui a mis du temps à décoller. Vendredi, elle a présenté ses 210 propositions pour sa réélection (lire encadré en bas). Elle avait reçu 20 Minutes auparavant pour faire le bilan, et parler de l’avenir.

Comment avez-vous vécu votre premier mandat de maire ?

La fonction est exigeante, elle fait ressentir chaque événement de la ville comme s’il vous arrivait personnellement. Cela nécessite beaucoup de disponibilité, d’engagement et cela créé un rapport intime à chacune et à chacun. C’est une fonction passionnante, dans les rencontres qu’elle permet. Un jour, il faut trouver un logement à une famille pour ne pas qu’elle soit à la rue et l’heure d’après il faut se projeter sur un grand aménagement qui va transformer la ville pour trente ou quarante ans. C’est passionnant, riche, même s’il faut parfois s’oublier un peu à titre personnel.

Vous en aviez conscience ?

Je ne pense pas totalement. J’avais une expérience de l’action municipale mais ce qu’exige la fonction de maire a été une découverte immédiate.

Quels seront les projets qui porteront votre signature ?

L’action municipale s’inscrit dans le temps long. Je n’ai pas de problème à assumer la fidélité aux programmes d’Edmond Hervé ou Daniel Delaveau. Je ne dis pas que le couvent des Jacobins, nous l’avons imaginé en 2014. Mais nous avons mené le chantier à bien, comme celui de la gare ou de la deuxième ligne de métro.

Mais j’ai le sentiment que sur la dimension de la transition écologique ou sur la démocratie participative, nous avons imposé notre patte, une couleur particulière. Je pense à l’aménagement des espaces verts comme les prairies Saint-Martin, les réseaux de chaleur, la démultiplication du photovoltaïque ou la fin du chauffage des terrasses. Nous avons aussi lancé de grands chantiers qui sortent de terre. Je pense au nouveau centre hospitalier universitaire. Nous avons travaillé d’arrache-pied avec les équipes du CHU pour rendre ce projet possible.

Et qu’auriez-vous aimé faire mieux ?

La question de l’hospitalité et du dossier des migrants est difficile au niveau national et cela a été complexe au quotidien. D’abord sur le plan humain, car c’est avant tout la relation à la détresse humaine, à celles et ceux qui ont tout quitté, tout perdu et qu’il nous faut accompagner.

Je pense aussi à la Fabrique citoyenne, qui a été une réussite mais qui montre que nous sommes dans une société fragmentée. Etait-ce suffisant pour retisser les liens ? Il y a encore beaucoup à faire. Je vois de nouveaux défis qui n’étaient pas là il y a six ans. On a beaucoup fait sur les questions de sécurité et de tranquillité publique mais on est dans une société de tension. Une ville ne peut pas créer une police nationale bis. On doit s’adapter au fait que les villes doivent prendre en charge encore plus. Il y a de nouvelles fractures dans la société, un niveau de cohésion sociale et de tranquillité à garantir. On n’a pas encore tout fait.

Vos propositions de campagne sont très « vertes ». Est-ce un moyen de répondre aux critiques de l’aspect « minéral » de Rennes ?

Dans les frontières de Rennes, il y a 50 % d’espaces verts ou naturels et 50 % de surfaces artificialisées. De fait, la ville est très verte dans sa composition, avec de grands espaces qu’on a sanctuarisés ou consolidés. Le parc de Beauregard, qui va voir sa surface doubler, les prairies Saint-Martin. On voulait aussi offrir un espace vert à tous les Rennais à moins de cinq minutes à pied de chez eux. On a démultiplié ces réalisations. Mais l’hypercentre de Rennes est minéral. C’est objectif, ça s’explique par l’histoire, par les aménagements successifs.

Je considère qu’il y a encore à faire. On a changé la manière d’aménager la ville mais il faut encore aller plus loin. J’ai proposé le réaménagement des places libérées par l’arrivée du métro (Champ-Jacquet, Parcheminerie, Toussaint…). Il ne s’agit pas de « green-washer » ou de mettre des arbres en pot mais de donner une qualité végétale à ces espaces. On n’a pas été au bout. Je propose par exemple de transformer le parking Vilaine en espace vert et des rues-jardin dans le centre-ville afin d’offrir des jonctions plus fortes entre tous les petits parcs. On a fait des choses, mais il reste beaucoup à faire.

Avec quelle équipe ?

On a toujours beaucoup renouvelé les équipes. Je proposerai une liste où il y aura quelques élus sortants (Marc Hervé, Sébastien Sémeril, Yannick Nadesan…) mais aussi une très grande part de renouvellement et une grande diversité. On aura beaucoup moins d’un tiers d’élus sortants.

Nathalie Appéré, 210 propositions pour une réélection

Elle ne dévoilera sa liste complète que dans une dizaine de jours. Mais on sent la maire sortante déjà confiante. Armée de son bilan dans une main et de son programme de candidate dans l’autre, Nathalie Appéré a dévoilé ses 210 propositions pour tenter de convaincre les habitants de lui laisser les rênes de la capitale bretonne six années de plus. 

Comme la plupart de ses adversaires, Nathalie Appéré propose un programme très vert axé sur l’extension de parcs urbains, notamment à la place du parking Vilaine, ou la plantation de 30.000 arbres. Mais elle se démarque en insistant sur des thèmes moins présents. « Nous voulons assumer un objectif de plein emploi. Ce n’est pas parce que notre ville affiche l’un des taux de chômage les plus faibles des métropoles françaises que c’est acquis ».

La candidate propose notamment la création d’une grande pépinière de la création sur l’ancien technicentre de la SNCF près de la gare. Elle entend aussi s’adresser aux plus jeunes avec des propositions de vacances aux enfants les moins favorisés, des goûters gratuits, mais aussi aux seniors avec la création de « maisons de retraite à domicile ». « Le sujet n’a pas beaucoup été abordé dans cette campagne. Une ville qui se veut exemplaire sur le plan écologique, elle doit aussi l’être sur le volet social ».