Municipales 2020 à Bordeaux : Les idées des candidats pour développer la mobilité sur le fleuve

ELECTIONS Les candidats aux municipales bordelaises se positionnent tous en faveur des mobilités douces et ils ont repéré une importante marge de progression du côté des déplacements sur la Garonne

Elsa Provenzano

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Deux navettes fluviales assurent des liaisons entre les deux rives bordelaises.
Deux navettes fluviales assurent des liaisons entre les deux rives bordelaises. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • ​Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd'hui, les mobilités douces. 
  • Les candidats à la mairie de Bordeaux sont nombreux à estimer que le fleuve est sous-utilisé pour les déplacements quotidiens.
  • Certains proposent d’améliorer les navettes fluviales Batcub, lancées en 2013, d’autres d’en créer de nouvelles.

Après la mise en place depuis 2013 de deux navettes fluviales Batcub, la Garonne reste sous-exploitée pour les déplacements quotidiens des Bordelais. Alors que les axes routiers sont saturés et rendent les déplacements compliqués, une grande partie des candidats à la mairie de Bordeaux s’accordent à dire qu’il faut développer les échanges entre les deux rives. Pour y parvenir, chacun propose des méthodes un peu différentes.

Booster l’activité des Batcub

Le maire sortant veut que la prochaine mandature soit marquée par la transformation du fleuve après celle des quais opérée par Alain Juppé. « Il faut que les Batcub, aujourd’hui plus ou moins réservés à une clientèle touristique, soient mieux intégrés aux transports en commun, estime le maire sortant Nicolas Florian. Je propose un plan de 30 millions d’euros pour mettre en place des navettes optimisées et neuf nouveaux pontons ». Il ajoute qu’une négociation de la délégation de service public sur les transports interviendra en 2023 et sera l’occasion de développer les navettes fluviales à une vitesse supérieure.

Le projet de Pierre Hurmic, candidat écologiste, prévoit de passer de deux à six navettes Batcub minimum, avec des fréquences accrues et des emplacements pour les vélos. « On souhaite aussi mettre aux normes des établissements flottants recevant du public les pontons, ce qui permettrait de proposer aux voyageurs un côté pour descendre et un côté pour monter, explique Delphine Jamet de « Bordeaux Respire ». On obtiendrait un meilleur cadencement des navettes et cela irait beaucoup plus vite ». L’équipe écologiste souhaite aussi créer trois pontons supplémentaires.

D’autres liaisons fluviales envisagées

Le candidat de la République en Marche Thomas Cazenave souhaite, lui, des liaisons « plus agiles » sur le fleuve et le programme de Renouveau Bordeaux propose la mise en service de barges qui relieraient les deux rives quai à quai pour permettre « aux piétons et cyclistes de traverser la Garonne en ligne droite et en cinq minutes ».

Il souhaite aussi remplacer les Batcub par « une flotte de bateaux hybrides et électriques à deux entrées : piétons et vélos. Ils pourront contenir 60 à 80 passagers et fonctionneront en rotation permanente en remontant et descendant la Garonne, avec une fréquence de passage toutes les cinq à dix minutes. »

En liaison avec le port autonome de Bordeaux et le syndicat mixte Nouvelle Aquitaine Mobilités, l’équipe de Pierre Hurmic voudrait créer trois liaisons rapides proposant 35 minutes de traversée : Bordeaux-Blaye, Bordeaux-Cadillac et Bordeaux-Pauillac. Il y aurait un tarif touristique et un tarif pour les trajets quotidiens des habitants.

Réguler les paquebots de croisière

Avec 56 escales en 2019 contre 35 en 2015, l’accueil de paquebots de croisière maritime est en plein essor à Bordeaux. Le camp écologiste veut réguler leur trafic en imposant des conditions écologiques et sociales pour développer un « tourisme vraiment responsable ». Le maire sortant pense qu’il n’est pas réaliste d’envisager comme le fait son adversaire d’En Marche une interdiction des levées du pont Chaban-Delmas aux heures de pointe. Il pense qu’il faut être « contents d’accueillir ces paquebots » tout en régulant et en accélérant le chantier du pont Simone Veil dont la livraison est promise pour 2023.