Municipales 2020 à Marseille : Comment verdir la ville ? On a posé la question aux candidats

PROGRAMME (3/8)  « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Marseille. Aujourd'hui, l'environnement

Mathilde Ceilles avec A.M. et J.S.-M.

— 

Un manifestant proteste contre l'abattage d'un arbre place Jean-Jaurès à Marseille
Un manifestant proteste contre l'abattage d'un arbre place Jean-Jaurès à Marseille — BORIS HORVAT / AFP
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, l’environnement.
  • La ville de Marseille manque d’espaces verts.
  • Certains candidats à la mairie proposent un plantage massif d’arbres, tandis que d’autres plaident plutôt pour l’amélioration de l’offre existante.

A Marseille, le nombre de parcs se comptent sur les doigts d’une main. Dans une ville où, diront les mauvaises langues, les arbres sont aussi rares que les jours de pluie, que prévoient les candidats à la mairie pour verdir la deuxième ville de France ? Est-ce pour eux une priorité ? 20 Minutes est allé les interroger.

Des arbres, oui… Mais où ?

Plusieurs candidats partagent le même constat : la deuxième ville de France manque de verdure. « Marseille est bétonnée, c’est le moins que l’on puisse dire, lance ainsi Yvon Berland pour LREM. Marseille la bleue doit aussi devenir Marseille la verte… » « Quand je suis en haut de mon bureau au conseil départemental, j’ai la vue sur tout Marseille, confie la candidate LR Martine Vassal. Il y a des poches vertes, mais elles ne sont pas suffisantes. »

Reste toutefois, dans une ville très minéralisée, à trouver la place pour créer de nouveaux espaces verts. En la matière, la question divise les candidats. « On plante des arbres partout où on peut », lance ainsi l’ancienne socialiste Samia Ghali. « Je fixe un minimum de 25.000 arbres à planter », abonde de son côté Bruno Gilles, candidat dissident de la droite, qui « rêve d’une forêt urbaine cours Pierre-Puget ».

« Il ne faut pas un Marseillais qui soit à moins de cinq minutes d’un espace vert », estime de son côté Christophe Madrolle, actuel président contesté de l’Union des démocrates et des écologistes (UDE). « Tous les citoyens, parce qu’ils connaissent le quartier où ils vivent et où ils travaillent, peuvent vous dire où on peut planter des arbres, quelle est la rue adaptée, quelle est la placette où on pourrait mettre des arbres, suggère Michel Pinard. Commençons par inviter les citoyens à signaler aux futurs maires de secteur les endroits où il y a des efforts à faire pour reboiser ». Le candidat milite, en parallèle, pour la création d’une « trouée verte nord sud » entre l’hôtel Tokyo Inn et la porte d’Aix.

L’ancienne écologiste Michèle Rubirola, tête de liste du Printemps Marseillais qui rassemble plusieurs partis de gauche, souhaite de son côté « transformer les rues normalement pas utilisées pour la circulation, comme la rue Saint-Ferréol, en jardins ». Mais attention, « avec de la végétalisation méditerranéenne, bien de chez nous… »

Sans surprise, Sébastien Barles, candidat EELV, est celui qui va le plus loin sur la question. Parmi ses propositions, la plantation de nombreux arbres sur la Canebière, devenue une longue avenue piétonne bordée de conifères. « Dans le 1-7, on a par exemple listé l’ensemble des places que l’on peut transformer en microforêts, comme la place de la Providence, derrière l’Alcazar », propose-t-il.

Améliorer les parcs actuels

Pour d’autres candidats, avant d’imaginer de nouveaux espaces verts, le futur maire de Marseille doit s’efforcer d’améliorer l’offre existante. « L’environnement, c’est très à la mode ça, tance le sénateur Rassemblement national Stéphane Ravier. II faut déjà arrêter de saccager ce qui existe. De Château-Gombert jusqu’à Sainte-Marthe, une coulée verte a été saccagée pendant ces années où Madame Vassal et Monsieur Gilles ont été décideurs. On va commencer par arrêter le carnage. »

« Il faut donner la possibilité d’accéder à certains espaces verts, estime de son côté Yvon Berland. Certaines zones peuvent devenir des espaces verts dédiés. Par exemple, le jardin de la préfecture pourrait devenir en partie un jardin public… »

Martine Vassal plaide de son côté pour une extension du parc Borély « jusqu’à la mer », mesure phare de son programme. Sur le site de l’actuel hippodrome, ce nouveau parc s’étendrait sur une surface de 40 hectares, contre 18 aujourd’hui. Et d’ajouter : « Il y a des tas de coulées vertes que l’on peut faire dans la ville. Le canal de Marseille peut être verdi et aménagé, tout comme les bords de l’Huveaune. »

Recouvrir la ville de vert… sans planter d’arbres

Qui a dit qu’il fallait planter des arbres pour verdir une ville ? Pour certains candidats, la priorité n’est pas tant dans la création de jardins publics que dans la végétalisation, à une échelle plus ou moins grande, des rues de Marseille.

« Dans les cents premiers jours, nous voulons accompagner les habitants dans leur démarche de végétalisation de la ville, en proposant des équipements comme des jardinières, propose ainsi Yvon Berland. Certains habitants ont pris des initiatives. On veut leur apporter un accompagnement technique et financier. »

« Je suis favorable à la végétalisation des toits, précise de son côté Michèle Rubirola. Par exemple, on a un super espace sur le Corbusier. » Des idées qui germent dans tous les programmes, mais qui, comme les arbres, devront attendre plusieurs mois avant de véritablement sortir de terre…