Municipales 2020 à Rennes : Quel candidat verdira le plus la ville ?

POLITIQUE 3/7 « 20 Minutes » aborde, chaque semaine, un thème de la campagne des municipales à Rennes. Aujourd’hui, l’environnement

Jérôme Gicquel

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A Rennes, le sujet de la nature en ville s'est imposé comme l'un des thèmes majeurs de l'élection.
A Rennes, le sujet de la nature en ville s'est imposé comme l'un des thèmes majeurs de l'élection. — C. Allain / 20 Minutes
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, l’environnement.
  • A Rennes, le sujet de la nature en ville s’est imposé comme l’un des thèmes majeurs de l’élection.
  • Tous les candidats proposent de végétaliser les places de la ville, jugées trop minérales par les habitants.
  • Il est également question dans les programmes des uns et des autres de planter des arbres par milliers.

Du vert, beaucoup de vert. Face à l’urgence écologique, le règne de la pierre et du béton vacille dans les villes. Cela se ressent dans la campagne des municipales à Rennes où, comme ailleurs, la nature en ville s’est imposée comme l’un des thèmes majeurs de l’élection. Dans leurs programmes, les candidats et candidates au fauteuil de maire rivalisent d’ailleurs d’idées pour végétaliser la ville, voulant laver plus vert que leurs adversaires. Pour y voir plus clair, 20 Minutes a épluché les différents programmes et vous dresse un tour d’horizon (non exhaustif) des différentes propositions.

Des places jugées trop minérales à végétaliser

Sondés l’an dernier par la majorité sortante dans le cadre de la concertation Rennes 2030, les Rennais et les Rennaises ont été clairs. Ils n’apprécient guère le visage qu’offrent les places de la ville, les jugeant trop minérales et pas assez mises en valeur. Le message semble avoir été entendu par les candidats qui proposent tous, ou presque, de les végétaliser. Candidat de la droite et du centre, Charles Compagnon propose ainsi de transformer l’esplanade de Gaulle en un grand parc urbain, citant l’exemple de celui de La Villette à Paris. Sur cette même esplanade, Matthieu Theurier (EELV) imagine, lui, « un lieu d’expérimentation de structures végétales innovante » à l’image des projets de « canopée urbaine » qui se développent.

A quelques dizaines de mètres de là, la dalle du Colombier pourrait aussi devenir un parc si l’on en croit le programme d’Enora Le Pape (La France insoumise). Des choix d’implantation qui interrogent Emeric Salmon du Rassemblement national. « Ces endroits ont déjà une fonctionnalité donc il serait plus judicieux de végétaliser des grandes dalles de quartier comme à Kennedy ou au Gros-Chêne », estime-t-il.

La maire socialiste sortante Nathalie Appéré propose quant à elle de réaménager les petites places du centre-ville libérées par l’arrivée de la ligne B du métro, comme Champ-Jacquet, Parcheminerie ou Toussaint, en les végétalisant. « Il ne s’agit pas de greenwasher et de mettre des arbres en pot mais de donner une qualité végétale à ces espaces », assure-t-elle.

Des arbres à planter par milliers

« Ce n’est pas à qui plantera le plus d’arbres ! ». Lors du premier débat entre les candidats organisé mi-janvier par TVR et Public Sénat, Matthieu Theurier a ironisé sur les propositions de ses adversaires qui promettent tous et toutes de planter des arbres par milliers. A ce petit jeu, chaque candidat a fait ses comptes. Ce sera 30.000 arbres sur le mandat pour Nathalie Appéré si elle est réélue afin « d’apporter de la fraîcheur et de la respiration » à la ville. Enora Le Pape brandit pour sa part son « plan canopée » avec l’objectif « d’un arbre par habitant à la fin du mandat ».

Pour Carole Gandon de La République en marche, ce sera un arbre planté pour chaque nouvel habitant et chaque bébé né à Rennes, avec la possibilité pour les familles de les planter elles-mêmes dans le cadre d’une cérémonie d’accueil annuelle. Matthieu Theurier annonce pour sa part un chiffre de 5.000 arbres par an pendant cinq ans puis de 8.000 arbres par an. Charles Compagnon évoque, lui, l’idée d’implanter des petites forêts de 200 à 500 m² à proximité des portes d’entrées de la ville.

La question de l’avenir parking Vilaine à trancher

Véritable serpent de mer, l’avenir du parking Vilaine, situé en plein centre-ville, refait surface à l’occasion de la campagne des municipales. Plusieurs candidats militent pour sa suppression comme Enora Le Pape, Matthieu Theurier ou Nathalie Appéré qui propose de le transformer en « un grand espace vert, dans le prolongement du mail Mitterrand ».

Les autres candidats comme Franck Darcel (Breizh Europa), Charles Compagnon ou Emeric Salmon refusent en revanche d’y toucher, estimant qu’il a une réelle utilité pour les clients du centre-ville. Carole Gandon est aussi de cet avis. « Je souhaite l’embellir, le rendre plus agréable mais pas le supprimer, la zone de dépose-minute étant très utile ».