Municipales 2020 à Lille : La nature en ville est un enjeu majeur pour tous les candidats

POLITIQUE « 20 Minutes » aborde, chaque semaine, un thème de la campagne des municipales à Lille. Aujourd’hui, l’environnement

Mikaël Libert

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La nature en ville, enjeu majeur des prochaines municipales à Lille.
La nature en ville, enjeu majeur des prochaines municipales à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne.
  • Aujourd’hui, nous évoquons le thème de l’environnement sous l’angle de la nature en ville.
  • Tous les candidats ont fait de ce point la priorité de leurs programmes.

​A Lille, les candidats aux municipales se mettent au vert. La maire sortante, Martine Aubry, se fait montrer du doigt par ses opposants qui l’accusent de conversion tardive à la problématique des espaces verts. Les écologistes, eux, se font tacler pour avoir appartenu à une majorité municipale qualifiée de « bétonneuse ». Pour autant, faire de Lille une ville plus verte est un thème sur lequel tout le monde s’accorde aujourd’hui. La preuve étant que chacun accuse l’autre de lui avoir piqué ses idées.

Qui que sera le futur maire, donc, les Lillois devraient voir la nature s’installer dans leur ville. Ce qui n’était pas gagné. Dans le rapport sur le développement durable à Lille datant de 2017, la surface des espaces verts était estimée à 19 m2 par habitant. Trop peu pour Violette Spillebout (LREM), ou Julien Poix (LFI) qui ambitionnent d’atteindre une moyenne de 48 m2 par habitant.

Que fait-on de la friche Saint-Sauveur ?

Le premier levier pour y arriver est aussi celui de la discorde : Saint-Sauveur. Pour Julien Poix, on ne touche à rien : « zéro construction sur la friche et le belvédère. Ce sera un parc géré sous forme de coopérative citoyenne ». EELV y verrait bien « un grand poumon vert » et LREM un « Central park lillois » de 12 ha. Eric Cattelin-Denu (RN) souhaite « garder cette friche en ne préservant que ce qui y a déjà été construit », à l’instar de Marc-Philippe Daubresse qui refuse « la bétonisation de Saint-Sauveur ». Pour Martine Aubry, c’est moins évident, cette dernière étant partie prenante du projet retoqué par le tribunal administratif. Mais son programme néanmoins mentionne un parc « de plus de 4ha » à cet endroit, une surface qui laisse beaucoup de place pour de futures constructions.

Des forêts urbaines à profusion

L’autre idée, très en vogue, c’est le développement de « forêts urbaines ». Violette Spillebout a ciblé deux endroits, l’îlot Boschetti à Bois-Blancs, et le parc du Grand but à Lomme, pour y planter 6.000 arbres. Son « bois urbain », Stéphane Baly (EELV) le verrait bien pousser le long du périphérique, « entre le lycée Baggio et la nouvelle cité administrative », comme rempart à la pollution automobile. Au même endroit, LFI imagine aussi une sorte de forêt, mais prolongée jusqu’au Jardin des plantes en couvrant une partie de la voie rapide. Le candidat RN, lui, veut s’inspirer du botaniste japonais Akira Miyawaki pour « créer des forêts urbaines à la périphérie de Lille. »

Des îlots de verdure et de l’eau

Parce qu’on ne peut pas installer de forêt partout, les candidats s’entendent pour dispenser par ci, par là, des touches de vert. « Il faut que les Lillois puissent profiter d’un jardin ou d’un square à moins de 100 m de chez eux », souligne Eric Cattelin-Denu, « à moins de trois minutes », insiste EELV, qui y voit un bon moyen pour lutter « contre les îlots de chaleur ».

Violette Spillebout appelle ça des « cœurs de verdure ». Elle à l’ambition de réaménager une cinquantaine d’espaces « municipaux et privés délaissés ». La maire sortante reconnaît un « manque d’espaces verts dans certaines rues ou quartiers » et compte s’y attaquer en végétalisant des places (Rihour, Maréchal Leclerc…) et en revisitant les « portes pour verdir nos entrées de ville. » La plupart des candidats imaginent par ailleurs transformer les grands axes en « coulées vertes » ou « trames végétalisées ».

On voit aussi revenir le serpent de mer de la remise en eau de l’avenue du Peuple-Belge. Martine Aubry l’avait inscrit dans un précédent programme avant d’y renoncer en raison du coût du projet. L’idée revient chez la socialiste sous la forme d’un appel à projet qui sera soumis au vote des habitants. Marc-Philippe Daubresse y souscrit, pour « une partie de l’avenue » du moins.

La nature en ville est bel et bien une priorité pour tous, du moins sur le papier. Il y a donc fort à parier que la différence, dans les urnes, ne se fera pas sur ce point. Peut-être sur la sécurité. A ce sujet, dans son programme dévoilé, samedi, Martine Aubry a surpris, évoquant notamment un « recours accru à la vidéoprotection » et le renforcement de la police municipale.