Municipales 2020 à Toulouse : Les comités de quartier réclament plus de démocratie (et pas que symbolique)

POLITIQUE Création d’arrondissements, concertation en amont sur les grands projets ou encore de vrais budgets participatifs, les comités de quartier toulousains soumettent aux candidats aux municipales leurs propositions

Béatrice Colin

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L'hôtel de ville de Toulouse, sur la place du Capitole. Illustration.
L'hôtel de ville de Toulouse, sur la place du Capitole. Illustration. — F. Lancelot - Sipa
  • Alors que les quartiers et la démocratie participative sont des thèmes forts de la campagne des municipales à Toulouse, les comités de quartier ont décidé d’envoyer leurs propositions aux candidats.
  • Création d’arrondissements, budgets participatifs ou encore concertation sur les grands projets font partie des pistes à creuser selon eux.

Démocratie et proximité sont parmi les priorités affichées par les candidats aux élections municipales à Toulouse. « Bien vivre dans les quartiers, notre priorité » affiche le maire sortant Jean-Luc Moudenc (LR, soutenu par LREM), alors qu’Antoine Maurice d’Achipel plaide pour « une ville plus démocratique » et la candidate socialiste Nadia Pellefigue veut faire cogiter les habitants sur les questions d’urbanisme.

De quoi satisfaire les comités de quartier toulousains. Ils ont décidé de ne pas présenter un inventaire à la Prévert des demandes que chacun aurait pu faire. Mais ils n’ont pas voulu non plus passer à côté de la campagne, toujours un moment important pour obtenir des candidats quelques engagements.

Les membres de l'Union des comités de quartier (UCQ), qui compte près de 40 associations adhérentes, ont donc publié ce mardi matin une liste de plusieurs propositions transversales concernant les équipements publics, la démocratie locale ou encore les grosses opérations d’aménagements.

« Sur les grands projets d’urbanisme, il faudrait mettre en place des ateliers de concertation en amont, cela éviterait sûrement un certain nombre de recours sur les permis de construire. Les opérations se font souvent au coup par coup, sans vision ou anticipation, avec parfois l’arrivée de plusieurs dizaines de logements sans anticiper sur les besoins alors que l’école de secteur est déjà saturée », avance Guillaume Drijard, le président de l’UCQ. Cela pourrait passer aussi par une consultation des associations sur un permis de construire ou sur la vente du foncier municipal à des promoteurs privés.

Quels budgets participatifs ?

Et pour qu’ils soient mieux entendus au quotidien, les comités de quartier proposent que l’idée de créer des arrondissements fasse son chemin à Toulouse. « Aujourd’hui, les maires de quartier n’ont pas de pouvoirs propres. La création d’arrondissements permettrait d’avoir un peu plus de dynamisme dans les débats et le fonctionnement, tout comme le fait d’avoir un budget », poursuit celui qui est aussi président du comité de quartier Saint-Michel.

En attendant une loi qui pourrait mettre en place les arrondissements, tous aimeraient voir les budgets participatifs boostés. Aujourd’hui, une enveloppe globale de 1 million y est affectée. « Dans notre quartier des Sept-Deniers, ils ont prélevé sur ce budget pour insonoriser les classes d’une école alors que l’Education a son propre budget et que nous n’avons rien vu passer concernant nos demandes », critique Marcel Martin du comité de quartier des Sept-Deniers.