Municipales 2020 à Nice : Nouvelles technologies, police municipale… Que proposent les candidats sur la sécurité ?

POLITIQUE 2/7 « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Nice. Aujourd’hui, la sécurité vue par les candidats à l’élection

Fabien Binacchi

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Une expérimentation liée à la reconnaissance faciale au dernier Carnaval
Une expérimentation liée à la reconnaissance faciale au dernier Carnaval — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, la sécurité.
  • Si, en plus de renforcer la police municipale, Christian Estrosi veut aller plus loin dans les nouvelles technologies et la reconnaissance faciale notamment, ses concurrents choisissent d’autres options.
  • Nice est la ville la plus vidéosurveillée de France.

Deux mille caméras de plus en six ans, des « boutons d’alerte » et des expérimentations liées à la reconnaissance faciale… Déjà à la tête de la ville la plus vidéosurveillée de France, Christian Estrosi veut aller encore plus loin sur le front de la sécurité et notamment faire évoluer la législation sur l’utilisation « intelligente » des images.

S’il est réélu pour un troisième mandat, la maire sortant (LR) de Nice compte sur son projet d’« hôtel de police mutualisé, entre la police nationale et la police municipale à l’hôpital Saint-Roch » pour « développer le premier centre d’hypervision de France, sur 3.500 m², à la pointe de la technologie ». Sa volonté ? « Continuer à expérimenter de nouvelles technologies d’assistance aux opérateurs » en tablant sur le fait que « Nice aura d’ici là sûrement obtenu du gouvernement que la reconnaissance faciale soit mise en place ».

Certains dénoncent une « surenchère permanente »

Un but que ne partagent pas ses concurrents. La liste Viva ! y voit même une « dérive sécuritaire » et dénonce la « surenchère permanente » de Christian Estrosi sur la sécurité. Et ce, alors que « nous connaissons à Nice des taux de pauvreté et de chômage plus importants et des difficultés pour faire face au quotidien », avance le collectif porté par Mireille Damiano. Selon le groupe divers gauche, « l’urgence est de faire un véritable audit sur l’utilisation des caméras, l’efficacité et le coût des dispositifs existants et rétablir une véritable police de proximité ».

Même avis du côté de Philippe Vardon. « Mon approche est totalement différente de celle de Christian Estrosi : pour moi c’est l’humain qui est le premier maillon de la chaîne de sécurité, pas la technologie », appuie le candidat du Rassemblement national. « Je rappelle que les caméras servent essentiellement à vidéoverbaliser les automobilistes, et je revendique que ce ne sera pas ma priorité ! Non la priorité, l’urgence, c’est de ramener l’ordre dans nos rues et nos quartiers en ouvrant à nouveau les postes de police municipale que Christian Estrosi a fermé, en renforçant la brigade VTT et la brigade canine et en quadrillant la ville ».

S’appuyer sur « les citoyens à l’image de voisins vigilants »

« Il n’existe pas d’alternative efficace ni souhaitable au traitement humain de la sécurité, tranche aussi Jean-Marc Chipot, pour Debout la France, avant d’évoquer l’attaque sur la promenade des Anglais. « L’incapacité à repérer et à neutraliser rapidement l’auteur de l’attentat du 14 juillet 2016 malgré la vidéosurveillance a démontré l’insuffisance de la seule technologie, sauf à envisager l’utilisation d’armes autonomes dans une ville contrôlée par des machines », lâche le candidat qui table plutôt sur « la présence humaine permanente ».

« En 2016, nous avions le meilleur système de vidéosurveillance et cela n’a pas empêché l’attentat du 14 juillet », appuie également Benoit Kandel, l'ancien adjoint de Christian Estrosi.​ Le candidat DVD pense que « les nouvelles technologies, c’est nécessaire, mais pas suffisant ». « Je veux rouvrir tous les postes de police de quartier fermés ces dernières années par Estrosi. Il faut d’abord de l’humain au cœur de la sécurité, dit-il. Il faut aussi lutter contre le communautarisme et la salafisation des esprits. Moi, je m’opposerai avec force au retour des djihadistes partis en Irak et en Syrie. »

Cédric Roussel (qui brigue l’investiture LREM) veut de son côté « l’abandon » pur et simple des dispositifs liés à la reconnaissance faciale. Pour améliorer la sécurité, le député propose plutôt l’ouverture d’un « bureau de police municipale pour les incivilités » et de « s’appuyer d’avantage sur les acteurs de la sécurité privée » et sur « les citoyens à l’image de voisins vigilants ».

« Plusieurs quartiers de Nice, pourris par le trafic de drogue »

Valéry Sohm, nouvellement désignée tête de liste pour l’UPR, le parti de François Asselineau, à la place de Benjamin Michaud, ne veut pas trancher sur cette question. « Mon programme prévoit l’instauration du RIC local qui laissera les Niçois arrêter ou limiter la politique de surveillance massive du maire sortant avec l’utilisation généralisée de caméras de surveillance classiques auxquelles il veut ajouter des systèmes de reconnaissance faciale ».

Une politique menée par Christian Estrosi qui a de toutes façons « échoué » selon le socialiste Patrick Allemand. « Malgré ses 3 000 caméras, ses 500 policiers municipaux, ses tasers et autres innovations technologiques, la situation est hors de contrôle dans plusieurs quartiers de Nice, pourris par le trafic de drogue », tance le candidat. Selon lui, « ce n’est pas plus de policiers qu’il faut, c’est plus d’éducateurs, plus de moyens pour les associations, de proximité, plus de moyens pour l’Education nationale.

Même philosophie du côté de Nice écologique.​ Pour améliorer la sécurité, Juliette Chesnel-Le Roux et Jean Marc Governatori veulent d’abord « créer les conditions d’une société fraternelle » en « désenclavant les quartiers précaires par le développement de mobilités publiques » et en « favorisant l’emploi ». Ils proposent la création d’une police municipale « verte » et le recrutement d’îlotiers.