Municipales 2020 à Rennes : Que proposent les candidats pour améliorer la sécurité ?

POLITIQUE 2/7  « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Rennes. Aujourd'hui, la sécurité

Jérôme Gicquel

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Illustration de policiers en patrouille sur la dalle Kennedy dans le quartier de Villejean à Rennes.
Illustration de policiers en patrouille sur la dalle Kennedy dans le quartier de Villejean à Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, la sécurité.
  • Si la criminalité reste contenue à Rennes, le sentiment d’insécurité s’est renforcé ces dernières années.
  • Pour améliorer la sécurité, les candidats et candidates au fauteuil de maire promettent presque tous des policiers municipaux supplémentaires.
  • Les avis sont plus divisés en revanche sur les questions de l’armement des policiers municipaux et de la vidéosurveillance.

De l’aveu même du directeur départemental de la sécurité publique, Rennes n’est « pas très criminogène » avec un taux de crimes et délits pour 1.000 habitants inférieur de « 15 points par rapport à des villes comparables ». Mais comme à chaque élection municipale, le sujet de la sécurité s’invite dans la campagne. Car plus qu’une explosion de la délinquance, c’est le sentiment d’insécurité qui s’est accru ces dernières années dans la capitale bretonne, notamment dans le centre-ville où les agressions et vols avec violence sont devenus fréquents.

Les adversaires de Nathalie Appéré, la maire socialiste sortante, ne manquent d’ailleurs pas de pointer sa responsabilité, l’accusant d’être dans le déni et d’avoir laissé empirer les choses. A un peu moins de deux mois du scrutin, 20 Minutes fait le point sur les propositions des candidats et des candidats sur le thème de la sécurité et de la tranquillité publique.

Vers une présence renforcée de la police municipale.

Ils se sont souvent fait entendre au cours du mandat pour réclamer des effectifs et des moyens supplémentaires. Les 75 policiers municipaux devraient enregistrer du renfort ces prochaines années si l’on en croit les programmes des différents candidats au fauteuil de maire. Presque tous annoncent le recrutement d’agents supplémentaires. Arguant avoir déjà augmenté les effectifs de 25 % au cours de son mandat, Nathalie Appéré table sur le recrutement de 40 nouveaux agents afin de créer une police municipale nocturne qui interviendra principalement dans les quartiers et le centre-ville. Cette idée est également reprise par Franck Darcel (Breizh Europa) pour « lutter contre le tapage nocturne.

Carole Gandon (LREM) évoque, elle, le chiffre de 30 policiers supplémentaires tandis que le candidat de la droite et du centre Charles Compagnon annonce 65 nouveaux agents. Emeric Salmon du Rassemblement national place encore le curseur plus haut en évoquant « le doublement des effectifs sous deux ans et le triplement d’ici à la fin du mandat ». Seuls les Verts et les Insoumis se montrent moins affirmatifs sur la question des effectifs, Matthieu Theurier (EELV) misant davantage sur l’ouverture de permanences de la police municipale dans les quartiers.

La question de l’armement des policiers municipaux divise.

Si le renforcement des effectifs de la police municipale fait plutôt consensus, la question de leur armement divise en revanche les candidats. Malgré les demandes répétées des agents, Nathalie Appéré y est toujours opposée. Idem pour Matthieu Theurier et Enora Le Pape (La France insoumise) qui préfèrent insister sur le rôle de proximité joué par la police municipale. La candidate En marche Carole Gandon souhaite, elle, compléter leur équipement avec des pistolets à impulsion électrique « pour leur propre sécurité ».

Charles Compagnon laisse pour sa part le soin au directeur de la police municipale de choisir entre des pistolets à impulsion électrique et des armes à feu. Pour Emeric Salmon enfin, les agents seront dotés de tasers dans un premier temps avant d’être équipés « d’armes létales identiques à la police nationale après formation ».

Les caméras de vidéosurveillance, stop ou encore ?

Rennes compte actuellement une cinquantaine de caméras de vidéosurveillance, réparties principalement dans le centre-ville et les quartiers prioritaires. Un chiffre beaucoup trop faible pour Carole Gandon qui prévoit de tripler le nombre de caméras. « Pour se situer dans la moyenne des communes comparables », Charles Compagnon propose, lui, d’en déployer environ 135 supplémentaires tandis qu’Emeric Salmon mise sur l’installation de « caméras nomades en fonction des événements ».

Sans surprise, les Verts, actuellement dans l’équipe municipale en place, se montrent beaucoup plus mesurés sur la vidéoprotection. « On ne va pas enlever celles qui sont installées mais on n’en mettra pas plus non plus », assure Matthieu Theurier.

La guerre aux incivilités est déclarée.

Tags, ordures, crachats, nuisances sonores ou impolitesses. Ce sont autant d’incivilités du quotidien qui ont le don d’exaspérer les habitants et de renforcer le sentiment d’insécurité. Pour y faire face, les candidats ont chacun leur solution. Pour la maire Nathalie Appéré, cela passe par la création d’une brigade anti-incivilités qui verbalisera les infractions du quotidien. Carole Gandon lui préfère sa brigade verte avec quinze agents municipaux qui circuleront à vélo ou en cheval et auront pour mission de prévenir mais aussi de sanctionner.

Pour les Verts comme pour le Rassemblement national, ces missions doivent incomber à la police municipale. Franck Darcel propose quant à lui le développement de conciergeries dans les immeubles avec « des concierges à demeure qui pourront être assermentés pour dresser un constat, qui aura une valeur en justice ».