Municipales 2020 à Nantes : Que proposent les candidats pour renforcer la sécurité ?

POLITIQUE Les Nantais expriment une forte attente en matière de sécurité. Les candidats à la mairie ne manquent pas d'idées

Frédéric Brenon

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Des policiers municipaux à proximité de la mairie de Nantes.
Des policiers municipaux à proximité de la mairie de Nantes. — F.Brenon/20Minutes
  • Les fusillades, actes de délinquance et incivilités ont augmenté au cours du dernier mandat.
  • Pour rectifier le tir, les candidats veulent faire évoluer la police municipale.
  • La vidéoprotection, déployée pour la première fois en 2018, est aussi au cœur des propositions.

La sécurité sera au cœur des enjeux du scrutin des 15 et 22 mars à Nantes. C’est même devenu ces dernières semaines le principal sujet de la campagne. Tous les candidats, y compris la maire sortante, sont d’accord pour dire que la situation s’est dégradée depuis six ans, que ce soit en centre-ville ou dans les quartiers. Tous sont d’accord pour dire qu’il faut prendre le problème à bras-le-corps. Mais tous ne comptent pas s’y prendre de la même manière, loin de là. Le point sur leurs propositions.

Quel effectif pour la police municipale ?

« La sécurité, on va s’en occuper », clame Laurence Garnier, dont le thème est le cheval de bataille depuis la dernière élection municipale. La candidate LR promet de doubler l’effectif de policiers municipaux, passant ainsi de 115 agents à 230 « en trois ans ». Eleonore Revel (RN) est sur la même longueur d’onde. Valérie Oppelt (LREM) suggère d’en recruter un peu moins (85), tout comme Hugo Sonnier, le candidat UPR. Margot Mekdour (Nantes en commun) et Julie Laernoes (EELV) ne se positionnent pas sur un chiffre et rappellent que la sécurité est « d’abord une compétence de l’Etat » via la police nationale. Quant à Johanna Rolland (PS), elle promet la création de 70 postes de policiers municipaux tout en insistant sur la nécessité d’un « engagement supplémentaire de l’Etat ». Presque tous les candidats sont favorables à une permanence nocturne, qui n’existe pas jusqu’à présent.

Des armes pour les policiers municipaux ?

Valérie Oppelt est favorable à une « brigade de nuit armée » ainsi « qu’à la création d’une « brigade canine » et d’une « brigade motorisée ». Laurence Garnier propose, elle aussi, d’armer la police municipale « comme dans plus de 50 % des villes, pour protéger ceux qui nous protègent ». La tête de liste RN veut également des armes, considérant que les agents « n’ont rien pour se défendre ». Johanna Rolland ne veut pas aller plus loin que les pistolets à impulsion électrique qu’elle a autorisés en fin de mandat. Julie Laernoes et Margot Medkour sont contre toute forme d’armement au motif qu’il « accroît les tensions ».

Centre-ville et quartiers à égalité ?

Hugo Sonnier propose de créer des locaux de police à Bouffay, à Commerce et au Hangar à Bananes, « là où se concentrent les actes de délinquance ». La liste Nantes en Commun suggère d’ouvrir une « maison de la nuit à Commerce » où on « pourra trouver refuge ». Laurence Garnier s’engage à mailler la ville en créant onze annexes de la police municipale pour la « remettre là où on ne la voit plus ». Valérie Oppelt veut « déployer des agents dans tous les quartiers ». Eleonore Revel insiste sur les quartiers populaires : « nos agents doivent pouvoir se réapproprier l’espace public partout ». Johanna Rolland promet un « élu référent sécurité dans chaque quartier » et un renfort de présence du Hangar à bananes jusqu’à Bouffay les jeudis, vendredis et samedis soirs.

La vidéosurveillance, stop ou encore ?

« Les autorités ne tiennent aucune comptabilité rigoureuse sur le nombre de caméras présentes sur la voie publique et les bilans sont rarissimes », déplore Julie Laernoes qui, n’augmentera pas le nombre de caméras et n’exclut pas de les retirer après audit. Margot Medkour est exactement du même avis. Hugo Sonnier ne veut pas non plus développer la vidéoprotection. A l’inverse, Johanna Rolland prévoit un « déploiement sur de nouveaux sites », y compris dans certains halls d’immeuble. Laurence Garnier veut 100 caméras supplémentaires « dans les transports et les quartiers ». Quant à la candidate LREM, elle parie sur l’innovation et l’achat de  drones pour surveiller les manifestations ou les grands événements festifs.

Et la prévention alors ?

« Prévention et éducation plutôt que répression ». C’est le leitmotiv de Margot Medkour et de Julie Laernoes. La première veut former les policiers municipaux à la lutte contre le racisme et le sexisme. La seconde veut quadrupler le nombre de médiateurs de quartier (de 30 à 120), recruter des éducateurs et réinstaller des concierges dans les logements sociaux. « Il faut davantage de présence humaine et de référents adultes », explique EELV. Valérie Oppelt aimerait créer un « groupement inter-bailleurs de surveillance des halls d’immeuble ». Johanna Rolland est prête à créer deux équipes de médiation supplémentaires et à développer la sensibilisation contre les addictions, dont l’alcool.