Municipales 2020 à Lille : La sécurité sera-t-elle la « priorité des priorités » des candidats ?

POLITIQUE (2/7) « 20 Minutes » aborde, chaque semaine, un thème de la campagne des municipales à Lille. Aujourd’hui, la sécurité

Gilles Durand

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Illustration de la police municipale de Lille.
Illustration de la police municipale de Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, la sécurité.
  • Le clivage gauche-droite existe toujours sur le thème de la sécurité avec une gauche, plutôt axée sur la prévention, et une droite vers la répression.

La sécurité au cœur de la campagne des municipales à Lille. En septembre 2013, une étude expérimentale sur l’analyse des eaux usées révélait une consommation très importante de cannabis et de cocaïne dans la métropole de Lille. A l’époque, tout en reconnaissant « la réalité des réseaux et trafics de drogue », la maire (PS) de Lille, Martine Aubry*, avait contesté cette conclusion.

Un mandat plus tard, plus aucun candidat n’ose nier l’augmentation régulière de la consommation de drogue, constituant un des piliers de l’insécurité. Or, si les candidats à la mairie de Lille partagent ce constat, les solutions proposées divergent. Et quand on parle de sécurité, le clivage entre gauche et droite réapparaît très vite.

La solution de la vidéosurveillance

« La sécurité, c’est la priorité des priorités », estime Marc-Philippe Daubresse, candidat (LR), en écho avec Violette Spillebout (LREM), Thierry Pauchet (DVD) et Eric Cattelin-Denu (RN). Et tous misent beaucoup sur les caméras de vidéosurveillance. « Elles ont permis de faire baisser la délinquance à Lambersart où j’étais maire, souligne le sénateur Daubresse. L’idéal serait d’en installer 1.000, mais pour des raisons budgétaires, il y en aura 500 ».

Ce dernier imagine, comme Violette Spillebout, un centre de supervision dont se doterait la métropole pour mutualiser la surveillance urbaine sur toutes les communes. « Pas question de vidéosurveillance, rétorque Stéphane Baly (EELV). On a vu qu’à Nice, la multiplication des caméras n'avait pas empêché l'attentat d'avoir lieu. Le Royaume-Uni revient d’ailleurs en arrière sur l’efficacité présumée de ces caméras. » Même rejet de la part de Julien Poix (LFI)

Une police municipale plus musclée

De son côté, Thierry Pauchet (DVD) souhaite doubler le nombre de policiers municipaux et élargir leurs missions. « Tolérance zéro, on a trop laissé faire, estime-t-il. Et ça ne coûtera pas un sou de plus car il s’agit de redéployer le nombre d’heures réglementaires. » L’idée, partagée par tous les candidats, c’est d’augmenter le nombre de patrouilles. Violette Spillebout évoque même la création d’une « brigade de la tranquillité du quotidien » qui sillonnerait les rues de 16 h à 2h, avec l’idée d’un « bouton d’alerte » pour les commerçants.

Pour Eric Cattelin-Denu, cette police municipale doit avoir un local par quartier. Idée partagée par Julien Poix. « Pour que les citoyens se sentent en sécurité », glisse le candidat RN. « Pour récréer les liens entre policiers et jeunes », note la tête de liste LFI. Les deux adversaires se retrouvent aussi sur l’idée d’installer des concierges au pied des immeubles en partenariat avec les bailleurs sociaux.

La sécurité, affaire de l’Etat

Globalement, tous les candidats sont d’accord pour augmenter les effectifs de la police municipale, mais sur son armement, les avis divergent largement. Pour Stéphane Baly et Julien Poix, la sécurité reste l’affaire de l’Etat et les policiers municipaux ne doivent pas être armés et se substituer à la police nationale. « On ne doit pas transformer les policiers municipaux en shérif, assure le candidat écologiste. Et demain ? Il faudra aussi une justice lilloise, une armée lilloise ? »

Les deux candidats de gauche s’appuient plutôt sur la prévention. Stéphane Baly propose de « piétonniser » la nuit, les secteurs où la vie nocturne est la plus intense, avec une nouvelle charte de la vie nocturne et un durcissement des conditions d’ouverture tardive.

Enfin, concernant les problèmes de drogue, tous deux refusent un arsenal répressif municipal accru. Ils évoquent plutôt l’ouverture d’un centre de consommation à moindre risque, également appelée salle de shoot, et de soin pour lutter contre les addictions. « C’est une question de santé publique, note Julien Poix. Je ne crois pas aux opérations coup de poing qui ne change rien au problème. »

*Contactée, l’équipe de campagne de Martine Aubry n’a pas souhaité répondre. La candidate (PS) présentera son programme complet lors d’une conférence de presse, le 1er février.