Municipales 2020 à Toulouse : Comment les candidats réinventent la police de proximité

POLITIQUE 2/7 « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Toulouse. Aujourd’hui, la sécurité

Hélène Ménal

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Des agents de la 
police municipale sur la place du Capitole. Archives.
Des agents de la police municipale sur la place du Capitole. Archives. — FrŽdŽric Scheiber/20MINUTES
  • Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, la sécurité.
  • Entre les caméras et le doublement des effectifs de la police municipale, le sortant a tenu ses promesses.
  • Mais beaucoup de challengers contestent les effets protecteurs de la vidéosurveillance.
  • Qui que soit le candidat qui remportera le Capitole, les habitants devraient assister à un retour en force de la police de proximité.

Avec près de 400 caméras installées et une police municipale (PM) aux effectifs doublés pour atteindre 330 agents, la sécurité est un domaine où Jean-Luc Moudenc (LR, soutenu par LREM), le maire sortant de Toulouse, a pleinement tenu ses promesses du point de vue comptable.

L’année dernière, le parquet a fait 1.700 demandes de réquisition des images du dispositif de surveillance municipal. « Je pense qu’on peut dire que plus une agression ne reste impunie », estimait récemment Olivier Arsac, l’adjoint en charge de la Sécurité qui planche sur l’installation de 50 à 100 caméras supplémentaires. « Les caméras sont une très bonne chose, elles permettent d’intervenir et d’enquêter », relève aussi Didier Martinez, responsable régional du syndicat FO-Unité police.

Les caméras voient mais n’empêchent pas

Pour autant, en l’absence de statistiques fraîches et localisées de la préfecture, ce même policier estime que « les atteintes aux personnes sont en hausse ». Des agressions ou vols qui, même s’ils finissent par être élucidés, marquent les esprits et alimentent un sentiment d’insécurité. Et c’est sur ce terrain-là que la plupart des challengers du maire attaquent. « Les caméras ne protègent pas », clament Nadia Pellefigue (PS, PCF, PRG) ou Antoine Maurice d’Archipel citoyen. « Le maire n’a pas un objectif de moyens mais de résultats (…) et il a échoué », affirme Quentin Lamotte le candidat RN.

Et si personne ne propose pour autant d’enlever les caméras, les candidats de gauche prévoient des audits précis sur leur efficacité, comme l’ex-maire Pierre Cohen (Génération. s) qui soupçonne certains appareils d’être plus clientélistes qu’utiles.

L’autre refrain, l’autre reproche, c’est que les patrouilles de la police municipale sont surtout visibles en centre-ville. « Les habitants des faubourgs et des quartiers sont orphelins d’une police de proximité. Alors qu’elle peut désamorcer un tas de chose », constate Franck Biasotto (Ex-LREM, soutenu par le MoDem), il y a peu encore maire de quartier du Grand Mirail.

La version municipale de la police de proximité

Parfois moqué pour sa naïveté, surtout à Toulouse où Nicolas Sarkozy l’a enterré, « l’îlotage » fait donc un retour en force dans cette campagne. Nadia Pellefigue propose la création d’unités territoriales de quartier au sein de la PM. Même Jean-Luc Moudenc vient sur ce terrain. Son équipe annonce une « montée en puissance dans les quartiers » avec des « patrouilles pédestres doublées, en particulier aux abords écoles et des commerces » et des permanences de la PM dans les mairies de quartier. Quentin Lamotte, qui compte embaucher 120 policiers supplémentaires, veut créer une brigade dédiée aux HLM.

Pierre Cohen, dont l’Office de la Tranquillité a été rebaptisé en Allô Toulouse, reste fidèle à sa ligne globale en proposant un « grand service municipal de la médiation ». « Créer du lien nous semble une bonne façon d’apaiser la ville, dit-il. Par exemple un jeune interpellé un soir en état d’ébriété n’est plus la même personne quand on revient le voir le lendemain ». Dans le même esprit, l’écologiste Antoine Maurice se dit que sa proposition de « service municipal de conciergerie » pourrait, en plus de rendre service aux habitants, « permettre de faire remonter certaines informations ».

Comptes et règlements de comptes

Oui, Toulouse est gangrenée par le trafic de drogue et les règlements de comptes «à la marseillaise» qui en découlent. Et non, ce n’est pas de la compétence du maire. Toutefois, les syndicats de police jugent qu’il manque au bas mot 150 fonctionnaires de police à Toulouse. Et les adversaires de Jean-Luc Moudenc pointent tous que ses bonnes relations avec l’exécutif et son alliance avec LREM auraient pu servir à un rééquilibrage dans le domaine. L’intéressé précise qu’il a obtenu «120 postes» de policiers nationaux depuis 2014, contre 13 au cours du mandat de Pierre Cohen. Mais il concède que le compte n’y est pas.