Municipales 2020 en Languedoc : L’union des droites de Robert Ménard fera-t-elle céder les digues ?

ELECTIONS Le maire de Béziers appelle à l’union des droites, ce que le secrétaire départemental des Républicains considère comme « une volonté d’exterminer la droite républicaine »

Jérôme Diesnis

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Robert Ménard, lors du meeting de soutien à Sébastien Pacull, ex-responsable des Républicains dans l'Hérault, candidat à Sète.
Robert Ménard, lors du meeting de soutien à Sébastien Pacull, ex-responsable des Républicains dans l'Hérault, candidat à Sète. — Alain Robert / Sipa

Henri Gas à Béziers, Christophe Rolland à Nîmes, Patricia Fourquet à Perpignan, sept d’un coup à Lunel, Vauvert, Bagnols… Pas une semaine ne passe en Languedoc et en Roussillon sans l’annonce d’un départ d’un membre des majorités municipales sortantes de droite ou d’un cadre local des Républicains, vers les listes portées par le rassemblement national (RN).

Si les digues semblent céder, c’est l’œuvre de Robert Ménard. Elu il y a six ans à Béziers avec le soutien du RN (FN à l’époque), le fondateur de Reporters sans Frontières est persuadé que la victoire de ses idées ne peut passer que par « l’union des droites ». Des listes communes des Républicains avec le RN. « Depuis des années, je plaide pour que cette droite comprenne que sans unité, rien n’est possible », répète-t-il à l’envi. Comme il l’a fait mercredi soir encore, lors du meeting de soutien à Sébastien Pacull, sa plus belle « prise » : le candidat à Sète, ex-premier adjoint de François Commeinhes (ex-LR, aujourd’hui sans étiquette, mais soutenu par LR et LREM) était le patron des Républicains dans l’Hérault.

« Nous n’avons ni la même histoire, ni les mêmes idées »

Un rapprochement des droites ? « Une fusion absorption, plutôt, pour Arnaud Julien, le secrétaire départemental des Républicains dans l’Hérault. Ce qui intéresse Robert Ménard et Marine Le Pen, c’est d’exterminer la droite républicaine. » Mais pour lui, le problème est plus vaste : « La droite de Marine Le Pen, ce n’est pas notre droite. Notre droite est sociale, pas ultralibérale. C’est celle de Chirac et Malraux, pas celle qui oscille quand ça l’arrange entre extrême droite et extrême gauche. Nous n’avons ni la même histoire, ni les mêmes idées. »

A l’image de Sébastien Pacull, quatre procédures d’expulsion sont en cours. Les autres ne seraient pas forcément membres LR : « On vérifie que ces personnes sont bien à jour de cotisation, par exemple. Mais même s‘ils étaient une trentaine à suivre Ménard, sur nos 2.000 adhérents dans l’Hérault, on pourrait difficilement parler d’hémorragie. » A Béziers, Henri Gas explique avoir sondé les adhérents des Républicains dans sa sixième circonscription, dont il était le délégué, avant de prendre position. Verdict : « 90 % des adhérents se sont prononcés pour l’union des droites ». De son côté Christian Jacob, responsable national du parti, n’y voit « qu’un épiphénomène ».

Localement, la droite joue gros à ces municipales

Pourtant, son parti, localement, joue gros à ces élections. Nîmes, Lunel, Perpignan, Alès, Sète… sont dirigées par des maires issus de la droite traditionnelle. Comme l’était Béziers avant 2014.

Montpellier, conduite par Philippe Saurel (DVG, écologie), étant une exception parmi les grandes communes du Languedoc et du Roussillon. Dans la septième ville de France, Alex Larue, candidat des Républicains, est formel : « Il n’y aura aucun accord entre ma liste et celle du RN d’ici au premier tour, ni dans l’entre-deux tours si nos deux listes sont en mesure de se maintenir. »